ARTICLE SUR "VALEURS ACTUELLE"

Publié le lundi 17 août 2026 - Bassoues

Des vélos accrochés aux façades, une caravane publi- citaire acclamée, 400 repas servis: le 8 juillet, Bassoues
Bassoues, resté depuis "le plateau de l'Étendard", que Fris plante sa bannière pour rallier les troupes chrétiennes. La bataille est remportée, mais Fris, blessé par une flèche, est conduit par son cheval jusqu'aux bords de la Guiroue, où il meurt. Ses compagnons Fensevelissent sur place.
àlissue des municipales de mars 2026. François d'Argaignon est un enfant du pays qui a connu les bancs de l'école communale. Issu d'une famille de ter- riens et de soldats, il incarne une forme de retour aux sources. Apres trente- sept ans dans l'armée de terre, essen- tiellement comme pilote dhélicoptères, il aterminé sa carrière au rang de géné- ral et a encadré ensuite pendant trois années des auditeurs à l'Institut des hautes études de défense nationale. Pour la municipalité, les défis sont nombreux: renforcement de ľattractivité du village, adaptation des édifices publics aux contraintes climatiques, pérennisation des services publics, préservation du patrimoine historique, accompagne- ment des nombreuses associations...
vit à l'heure du Tour de France. Lorsque le peloton s'engouffre sous la halle du XVIe siècle, Ihistorien Franck Ferrand salue un s village magni fique >. Fondée en 1295 par Amanieu II d'Armagnac, archevêque ď'Auch, Bas- soues est l'une de ces bastides gersoises conçues selon un urbanisme d'avant- garde pour ľépoque: des rues tracées à angle droit, organisées autour de la halle et de l'église, le tout entouré de fortifications.Au cœur de ce quadril- lage se dresse le donjon, chef-d'œuvre d'architecture militaire édifié en seule- ment trois ans, entre 1368 et 1371, par le cardinal Arnaud Aubert, archevêque d'Auch et neveu du pape Innocent VI. Haut de 43 mètres, flanqué de tours rondes, i1 domine toujours la bastide de sa silhouette quadrangulaire. Le bâti- ment, le premier du Gers classé aux monuments historiques, offre depuis son sommet un panorama sur la géo- graphie si particulière de P'Astarac.
Le miracle de saint Fris
Le souvenir du combat contre l'enva- hisseur reste vivace, mais l'emplacement exact de la tombe se perd. Il faudra attendre près de deux siècles pour qu'un berger, intrigué par une vache qui délaisse le troupeau et passe ses journées à lécher inlassablement une pierre dissimulée dans les broussailles, finisse par creu- ser à cet endroit. Il y découvre un sar- cophage: à l'intérieur, le corps d'un guerrier en armure, parfaitement conservé. Une source jaillit au même instant du sol. Le récit ď'un miracle se répand aussitôt dans toute la contrée. On décide de transférer les reliques dans un lieu plus digne. Dix bœufs sont atta- chés au chariot portant le sarcophage - sans le faire bouger d'un pouce. C'est en attelant la vache qui avait mis au jour la sépulture qu'on parvient enfin à hisser le corps du saint jusquau site où sera édifiée, autour de ľ'an mil, la basilique Saint-Fris. Un acte de 1283 désigne d'ail- leurs officiellement Bassoues sous le nom de paroisse Saint-Fris.
Sous la chaleur écrasante de lété, ce qui frappe, cest la vitalité d'une com- mune de 334 habitants. Trois restau- rants, plusieurs commerçants, dont un couple qui tient la boulangerie, faisant aussi office de supérette et de station- service, un médecin, une agence pos- tale communale: le village veut rester dynamique et accueillant. Petit poucet dans sa catégorie, le club de rugby, qui rassemble Bassoues, Lupiac et Montes- quiou, a été sacré champion d'Occita- nie. Un motif de fierté collective qui dit beaucoup de T'esprit de ce coin de Gas- cogne. Un condensé de ce que la France rurale peut transmettre: un patrimomne intact, une foi enracinée dans la pierre et le récit, et des habitants qui, projet après projet, font vivre leur village.
PHOTO12/ALAMY-SEBASTIËN LAPEYRERE/LA DEPECHE DU MIDIMAXPPP
Autour de lui, la basilique, le château et la collégiale: ces édifices protégés font de Bassoues l'un des villages les mieux préservés du département. Un privilège quil doit aussi, paradoxale- ment, à sa position à l'écart des grands théatres de guerre Le Gers na pas connu les grands conflits qui ont ravagé le patrimoine national. Seules les guerres de Religion, puis la Révolution, ont laissé quelques traces. La basilique a été par- tiellement incendiée par les huguenots et vandalisée à la Révolution, le château féodal des seigneurs locaux aété dépouillé de ses biens. Mais l'essentiel de la pierre a traversé les siècles.
La basilique, remaniée au fil des siècles, présente une particularité rare: deux portails Renaissance, ajoutés au XVIe siècle par le cardinal de Clermont- Lodève, qui fit également élever la halle voisine. Un petit reliquaire renferme encore un fragment du crâne du saint. Plus loin, une fontaine miraculeuse, réputée soulager les affections de peau, continue d'attirer les curieux, au point que la municipalité a đũ, à regret, en restreindre l'accès pour sauvegarder le site. Saint Fris demeure, à travers les siècles, le protecteur de la Gascogne, des agriculteursetdes soldats:lesanciens combattants du Gers se réunissent chaque année à Bassoues en son honneur:
Ce patrimoine bâti n'est rien sans celui qui l'habite: saint Fris, figure fondatrice de ľidentité chrétienne de Bassoues. Fris était le fils de Radbod, roi paien de Frise, converti au christianisme et neveu de Charles Martel. En 732, ľ'armée franque, défaite une première fois par les Sarra- sins sur les hauteurs de Lupiac, se réor- ganise. C'est sur un plateau proche de
C'est dans ce décor chargé d'histoire qu'un nouveau maire a pris ses fonctions
Le village submergé par la ferveur populaire au passage du Tour de France.
5 août 2026 VALEURS ACTUELLE

Publié par Mairie de Bassoues