SITUATION HYDROLOGIQUE DANS LE PNR DES LANDES DE GASCOGNE – 12 OCTOBRE 2026

Publié le dimanche 11 octobre 2026 - Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Le mois de septembre 2026, avec des températures encore très élevées, fait partie des mois de septembre dont les cumuls de précipitations sont les plus faibles enregistrés depuis 1977 selon MétéoFrance. La situation hydrologique sur le territoire du SAGE Leyre, cours d’eau côtiers et milieux associés s’est donc encore dégradée, après un été particulièrement sec.

Niveau de restrictions en cours sur le territoire du SAGE « Leyre, cours d’eau côtiers et milieux associés »

La Préfecture de la Gironde a choisi par arrêté, au regard de ce contexte, de renforcer les mesures de restrictions des usages de l’eau déjà en cours. Sur le territoire, le bassin versant des Côtiers Est Bassin d’Arcachon est placé en niveau « Crise » depuis le 30 septembre 2026.  Celui-ci était déjà placé en « Alerte » depuis le 2 juillet 2026, puis en « Alerte renforcée » le 17 juillet 2026. Le ruisseau du Milieu à Audenge, ruisseau de référence pour ce bassin versant, ne s’écoule plus pour la première fois depuis la mise en place du réseau de suivi par l’OFB en 2023. 


Source du graphique suivant : https://www.eaufrance.fr/observatoire-national-des-etiages

En niveau « Crise », les restrictions en cours portent donc sur :

  • les usages domestiques et secondaires :
    • arrosage des potagers y compris serres non agricoles : interdit de 8h à 20h ;
    • arrosage des pelouses, jardins, espaces verts, terrains de sport : interdit ;
    • remplissage des piscines publiques et privées : interdit ;
    • lavage des véhicules, nettoyage extérieur : interdit.
  • les usages agricoles : interdiction des prélèvements.
    Pour compléter ce constat, selon les données du Portail national d’Accès aux Données sur les Eaux souterraines (ADES), le niveau des nappes sur ce secteur, entre Lanton et Biganos, est qualifié de « très bas ». On observe même pour ce mois de septembre 2026 à Lanton, sur le piézomètre installé à Blagon, la côte minimale en profondeur la plus basse (-2,8m) observée depuis 1968. 

Source : https://ades.eaufrance.fr/Fiche/PtEau?code=08262X0023/F#mesures_stats_2

L’ensemble du territoire du SAGE Leyre – et du Parc naturel régional, est concerné par ailleurs par un niveau « Vigilance » concernant l’eau potable, ce qui n’implique aucune restriction mais incite les particuliers et comme les professionnels à économiser l’eau. Concernant les nappes (puits et forages), les Landes ont également instauré un niveau de « Vigilance » mais celle-ci n’est pas mise en œuvre sur le département voisin. 

Zoom sur la Leyre et les cours d’eau du bassin versant

Niveau d’eau et débit au 30 septembre 2026

Les stations de Salles (33) et de Pissos (40) nous permettent de prendre le pouls de la Leyre au fil des saisons. Au 30 septembre, les débits des cours d’eau restent particulièrement faibles sur le territoire.
À Salles, sur la Grande Leyre, le débit mesuré est de 4,87 m³/s, légèrement inférieur au QMNA5 (5,15 m³/s), qui correspond au niveau de débit considéré comme caractéristique d’un étiage marqué, susceptible de se produire en moyenne une année sur cinq. Le débit le plus faible jamais enregistré à cette station date de septembre 2003, avec 3,73 m³/s.
À Pissos, le débit atteint 1,86 m³/s. Il reste supérieur au QMNA5, établi à 1,57 m³/s, mais demeure à un niveau bas. Le minimum enregistré à cette station remonte à septembre 2019, avec 1,26 m3/s.
Enfin, sur la Petite Leyre, à Belhade, le débit est de 0,92 m³/s, là encore légèrement inférieur au QMNA5 (0,95 m³/s). Le plus faible débit enregistré à cette station date de septembre 2012, avec 0,714 m3/s.
Ces données témoignent donc de niveaux d’eau très faibles en cette fin septembre, avec des débits qui se rapprochent, voire passent sous, les niveaux caractéristiques des étiages quinquennaux.

Si les valeurs de débits moyens mensuels estivaux du fleuve sont globalement proches entre l’amont et l’aval, elles traduisent une baisse évidente des débits des cours d’eau durant l’été. Certains affluents réagissent différemment cependant. On peut observer par exemple une grande disparité entre le ruisseau du Bouron à Belin (surface de 36km2) et celui du Castéra à Moustey (surface de 108km2). Le débit à l’aval du premier ruisseau, dont le bassin versant est 3 fois plus petit que le second, y est plus élevé en cette fin septembre. La situation géographique de chacun d’entre eux, l’occupation du sol et la gestion de l’eau pourraient être des éléments clés de la compréhension de ces disparités. Le premier circule au cœur du plateau forestier, sur le secteur incendié en 2022, où en l’absence de pins, le niveau des nappes a été maintenu plus longtemps et a pu supporter plus facilement la sécheresse. La baisse de son débit mensuel moyen pour un mois de septembre est de seulement 5%, sur 60 années de mesures. Le bassin versant du second est situé sur un territoire sylvicole et agricole moins impacté par les incendies, où les pressions sur l’eau peuvent impacter le ruisseau, notamment en période de canicules successives et de sécheresse. Il subit une baisse de débit moyen mensuel conséquente pour un mois de septembre, de 70% sur 60 ans de mesures.