Jeanne de Belleville

Jeanne (née vers 1300), fille des riches seigneurs de Belleville, épouse en 1330, Olivier IV de Clisson seigneur féodal et membre de l’une des plus grandes familles de la noblesse bretonne. A eux deux, ils forment un couple puissant à la tête d’un immense territoire.

Au cours de la guerre de Cent Ans, les couronnes de France et d’Angleterre se disputent la Bretagne. Olivier IV de Clisson prend part au combat pour le royaume de France. Il est fait prisonnier et envoyé en Angleterre.

En 1343, la trêve de Malestroit met fin temporairement aux hostilités . Olivier IV de Clisson est libéré contre une somme qui apparaît peu élevée. Ayant eu vent de « l’existence d’une lettre d’alliance », le roi de France, Philippe VI de Valois, soupçonne Olivier IV de Clisson de vouloir aider les anglais à conquérir la ville de Nantes. Il sera pour cela condamné à la décapitation pour haute trahison. Le roi confisque également à Jeanne tous ses biens et domaines et la bannit du royaume.

Jeanne part se réfugier avec ses enfants à la cour d’Angleterre, près du roi Edouard III. En 1349, elle y épousera l’un des lieutenants du roi, Walter de Bentley qui en bataillant en Bretagne, récupère une partie des terres perdues pour assurer l’héritage familial. Elle meurt en 1359, ayant suivi toute sa vie la devise de la famille Clisson : “Pour ce qu’il me plaist”. Son fils Olivier  V de Clisson, connétable de France, s’emploiera à retrouver le reste de ses anciennes possessions.

 

La légende rapporte qu’animée par un esprit de vengeance suite au décès de son époux, Jeanne de Belleville entame une série d’expéditions punitives en s’attaquant à des châteaux ayant prêté allégeance au roi de France. Suite à son bannissement, Jeanne se sentant humiliée, spoliée et acculée sur terre, arme un bateau et écume les mers. Elle s’attaque aux navires marchands français, qu’elle pille et dont elle massacre les équipages. Elle devient ainsi la 1ère femme pirate de l’histoire de France ce qui lui vaut le surnom de « Tigresse bretonne ».