HISTOIRE DE DAMPNIAT EN ARCHIVES
Si ce n'est peut-être par l'enseignement de l'Histoire à l'école, il ne relève d’aucun objectif particulier de construire coûte que coûte une mémoire collective. Les instants de mémoire proposés ci-après sont le fruit de la multiplicité d’occasions simples du « vivre ensemble », que ce soit au niveau familial, professionnel ou associatif.
Le temps filant à toute allure, il apparaît important d’effectuer régulièrement des « arrêts sur image » auprès des autres, jeunes et aînés, de fixer ces instants sur différents supports : photos, films, écrits et pouvoir ainsi transmettre cette mémoire autrement que par la seule mais importante oralité.
Et puis, ce qui est intéressant dans le domaine de l'histoire,
- c'est justement qu'elle n'est faite que de problèmes et d'interrogations, très rarement de certitudes,
- c'est qu'elle constitue un livre ouvert que chacun(e) d'entre nous a la liberté ou le devoir d'écrire. PB
Un grand merci à Marguerite Guély, présidente de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze, pour sa très précieuse contribution à l'histoire de notre commune mais aussi à la professeure qu'elle a été et qui a su transmettre à ses élèves l'envie de connaître le passé./PB
UNE PETITE MAIS EXCEPTIONNELLE BIBLIOTHEQUE EN LIGNE
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LE DICTIONNAIRE DE L'ANCIENNE LANGUE FRANCAISE, FREDERIC GODEFROY, 1889
Un outil très rare pour qui s'intéresse à l'étymologie et à l'ancienne Langue Française, du IX au XVème siècle (10 tomes/BNF/Gallica)


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►Le vieux François tome 9◄ ►Le vieux François tome 10
LE POUILLE DU DIOCESE DE LIMOGES, ABBE Joseph NADAUD, 1859


Pour parcourir le Pouillé de Nadaud, cliquez ci-contre: ►Pouillé de J Nadaud◄
LE NOBILIAIRE DE LA GENERALITE DE LIMOGES DE L'ABBE JOSEPH NADAUD, 1862-1972


►Nobiliaire tome 1 (795 pages)◄ ►Nobiliaire tome 2 (656 pages)◄
Table: pages 767 à 772, de "Abbadie" à "Cussy" Table: pages 638 à 652, de " Dabzac" à "Juyé"
►Nobiliaire tome 3 (720 pages)◄ ►Nobiliaire tome 4 (712 pages)
Table: pages 705 à 712, de "Labadie" à "Puytouraud" Table: pages 699 à 707, de "Mabaret" à "Yzan"
Nb: Manque la page "Malefayde", hélas déchirée.
Dampniac: Une suzeraineté partagée et des vassalités diverses. / Marguerite Guély.PB

| Malemort | Comborn | Turenne | Noailles | Chanac | Curemonte | Malefayde | Favars | Cosnac |
Parmi les premiers grands seigneurs suzerains, on peut noter principalement:
- Les Malemort: Ils sont plutôt possessionnés à l'ouest de Dampniat. Ils ont la haute justice jusqu'en 1269, date à laquelle ils cèdent au vicomte de Turenne tout ce qu'ils ont au sud de la Corrèze.
1310: Le jour de la Saint-Mathieu, Aymeric de Malemort rend hommage à l'évêque de Limoges pour ce qu'il tient à Cosnac, Dampniac, Noailles, Donzenac, Sainte-Féréole, Voutezac, Cornil, Lagraulière, Saint-Hilaire.
- les Comborn:
1200-1201: Archambaud IV, vicomte de Comborn cède à Obazine, contre 600 sous, la borie de Puymège, paroisse de Dampniac
1211-1229: Il donne la borderie d'Aurussac et celle de La Forêt
25 nov.1268: Don par Bernard Roudié de la borie du Puymège
Sans oublier par la suite les Turenne et les Noailles.
D'autres seigneurs possèdent des terres ou des mas:
- Bernard de Chanac
1022 environ: Bernard de Chanac donne 3 mas à l'abbaye de Tulle dont Laval et "Drulia", paroisse de Daniac.
- Jean de Curemonte
7fév1264: Jean de Curemonte donne à Tulle tout ce qu'il a au lieu de Danhac.
- Hélie Lapiec
Vers 1250, Pierre de Malemort acquiert d'Hélie Lapiec et Hugues son frère tout ce qu'ils ont dans la borderie de Dampniaco, ce en présence de Pierre de Malefayde.
- les Malefayde: voir ►château du bourg de Dampniat
Dès 1203, les Malefayde sont présents à Dampniac. Ils vont y rester plus de 3 siècles, jusqu'en 1572, date où ils quittent leur château vendu en 1550.
Les Malefayde du 14ème au 16ème siècle/MG
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Il y a des Malefayde dans 4 endroits différents: à Solignac, à Saint-Viance, à Noailles et à Dampniat.
Au domaine de "la légende familiale", il faut mettre:
- Pierre de Noailles, chevalier, croisé en Terre Sainte en 1096, avec Raymond 1er (7ème vicomte de Turenne)
- Helie de Noailles, mort en 1111 au cours de la croisade,
- Helie de Noailles, père d'Hugues, croisé en 1190,
- Hugues de Noailles, chevalier, croisé sous Saint-Louis, époux de Luce de Comborn.
Du côté Malefayde, les actes sont surabondants à Noailles.
- 1225: Guillaume Malefayde et Hugues de Noailles sont témoins d'une cession au prieuré de Brive
- 1248: Guillaume est dit oncle d'Hugues,
- 1250: Géraud Malefayde, chevalier, est dit seigneur de la Roche de Noailles (Grottes de Lamouroux) qu'il reconnaît à Pierre de Malemort (archives de Malemort)
- 1252: Guillaume Malefayde assiste à l'hommage de Brassac, fait par le vicomte de Turenne à l'abbé de Tulle,
- 1270: Géraud ou Guy Malefayde, cousin de Cosnac
- 1278: Gérald Malefayde, chevalier de Noailles, achète des rentes à Cressensac. En 1282, il est exécuteur testamentaire d'Hugues de Cosnac.
- 1340: Noailles est partagé en quatre entre Bernard Malefayde, chevalier; Pierre Malefayde, damoiseau; Hugues de Noailles, chevalier et Guillaume de Noailles, damoiseau.
La branche de Bertrand de Malefayde s'éteint vers 1400 après le mariage sans enfants d'un Bertrand Malefayde, époux de Marguerite de Lestrade Floirac en 1394.
La branche de Pierre Malefayde, qui est aussi installée à Taupussac (Nespouls) et à Dampniat, persiste avec une alternance d'Hugues et de Jean, jusqu'au 16ème siècle, époque à laquelle les derniers Malefayde vendent la totalité de leurs biens et s'éteignent.
- les Puy-Long ou Long-Poih (Noailles?): principalement possessionnés à l'est de Dampniac, entre Sainte-Marie, la Vaurie, la Jubertie et le Fournols
1133-1137: Géraud de Long-Poih donne à Obazine le quart du mas du Fournols pour l'entrée de sa fille à Coyroux
1183-1184: Roland de Long-Poih donne ses droits sur la dîme du mas de Fournols et del Poih (long)
A une date indéterminée, Géraud de Long-Poih et ses frères rendent hommage à Malemort pour la terre de l'abbaye -Sainte-Marie-de la Règle à Limoges, qu'ils ont achetée en bord de Roanne à Sainte-Marie (et qui porte encore ce nom de nos jours)
- la famille de Favars, possessionnée sur les domaines d'Aurussac et de Roanne
1133-1137: Geoffroy de Favars, à la même époque que Géraud ed Long Poih, donne le quart du mas de Fournols pour sa fille qui entre à Coyroux. (CO I)
1185-1186: Ademar de Favars donne à Obazine 2 sous et une poule sur le mas de Gérald d'Aurussac et autant sur le mas de Girbert d'Aurussac, avec l'accord de Guy de Favars. (CO 744)
1191-1192: Le même Adémar donne la moitié du mas de Roanne pour 3 sous et 2 poules sur Aurussac. Son fils Bertrand et sa fille mariée se font donner 50 sous.
- Clémens de Cosnac, archiprêtre et curé de Dampniat, possessionné notamment sur le village de la Geneste (CO 744.796)
Le château du bourg de Dampniat
Le château dit "château des Cosnac" daterait des 14ème et 15ème siècles. Il jouxte l'église côté nord et n'en est séparé que par un étroit entremis.
Les différentes portes murées tant côté château que côté église laissent supposer que des passages existaient alors entre les deux édifices.
Au cours des guerres franco-anglaises et de religion du 14ème au 16ème siècle, il est vraisemblable que le château a subi les mêmes attaques et dommages collatéraux que l'église toute proche.

Dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle. Abbé JB Poulbrière, 1894
La suzeraineté sur la seigneurie de Dampniat. La famille des Malefayde: 3 siècles de dominance
La suzeraineté s'est sans doute partagée dans un premier temps entre les seigneurs de Malemort et Comborn. Puis, dans un second temps, Dampniat est entrée dans la Vicomté de Turenne et la châtellenie de Collonges. A cette situation éminente tenue par les vicomtes, s'ajoutent des vassalités diverses.
Aucun seigneur ne détient par exemple toute la justice de Dampniat. Si on peut distinguer, lors des dons aux abbayes, la présence des familles, de damoiseaux ou de chevaliers, tels les "Lapiec", les "Longpoïh", les "Chanac" et les "Favars", la famille dominante à partir du 13ème siècle est celle des "Malefayde" qui est une branche aînée de celles des Noailles et qui ne disparaît qu'au 16ème siècle. Ont ensuite succédé aux "Malefayde", les "Juyé", les "Meschin" et les "Prouhet".
Ci-contre l'arbre généalogique des Malefayde (auteur: Bertrand Dumas de Mascarel): ►Malefayde◄
Mais les "Juyé" s'étant "éteint" dans les "Cosnac", on peut dire qu'à partir du 17ème siècle, les seigneurs dominant à Dampniat sont les "Cosnac"./MG
Parmi les "Malefayde", on note présents à Dampniat:/PB
- Hugue de Malafayda, chevalier, Dampnhac, 1203, en présence de Gui de Malemort et de Hugue de Noailles ✝️1253
- Gérald de Malefayde est à Dampniat en 1307.
- Bertrand de Malefayde, chevalier, coseigneur de Noailles, seigneur de Dagnac, ✝️1348
Sa branche s'éteint vers 1400, après son mariage sans enfants avec Marguerite de Lestrade de Floirac en 1394.
- Géraud et Pierre de Malefayde, damoiseaux, Dampnhac, ✝️1359
- Jean I de Malefayde est co-décimateur (droit de lever la dîme) de Dampniat pour 1/4 en 1448
- Hugues de Malefayde habite Dampniat en 1462, il épouse Jeanne Foucauld (Faucal?) de Lanteuil avec qui il a 12 enfants.: Michel( prêtre), Bernard et Pierre, Michel II (bénédictin Monsalvi -Cantal), Martin (moine Terrasson), Jean (moine Monsalvi), Marguerite et Jeanne (religieuses à Coyroux-Coyros), Catherine (épouse Aymeric de Beynat), Louyse, Catherine II, Antoinette (Hugues désirant qu'elle se fasse religieuse).
- Hugon de Malefayde, écuyer, seigneur de Dampnhac, ✝️1476
- Bernart de Malefayde, écuyer, fils de Hugues, "segner" de Damnhac, ✝️1498
- Jean II de Malefayde, fils de Hugues, chevalier, seigneur baron de Daignac épouse Jeanne de Guiscarde.
Bernart et Jean de Malefayde, père et fils, habitent Dampniat en 1523
- Jeanne de Malefayde, noble dame de Dainhac, fille de Jean II de Malefayde ✝️1565
- Jacques de Malefayde, fils de Jean, cité en 1569 pour un échange de la terre dite "de Lymoges" au hameau de Taillefer à Dampniat contre ses droits sur la vigne des Maestres.
Jean de Malefayde, à la suite d'un lent déclin et de la perte successive de tous ses fiefs, a dû vendre -non sans réticence*- en 1550 à Sébastien de Juyé, seigneur de la Marque, la seigneurie et le château de Dampniat qui passent alors aux mains des "Cosnac", pour raison de "mariage de familles". Le château et la seigneurie vendus, Jean continue à habiter le château, d'où un procès qui ne se finira que vers 1572 et auquel assisteront ses 6 enfants: Jacques, Catherine (religieuse à Coyroux), Jeanne, Anne, Antoine, et une autre Anne.
L'écu des Juyé de la Marque portait "de sable à une montjoie d'or"*. Une montjoie d'or signifiant "pierres sur pierres", en symbole des bâtisseurs, propice à l'époque, qu'étaient les Juyé. Sébastien de Juyé acheva l'hôtel Loyac à Tulle, l'hôtel Labenche à Brive et fit édifier le château d'Enval près de Brive (qui servait de relais de chasse à la famille des Cosnac)
C'est la raison de l'amas de 10 coupeaux d'or que l'on retrouve aujourd'hui sur le blason de Dampniat aux côtés des couleurs de la vicomté de Turenne.

Nb: Le 16ème siècle est une période très difficile pour pour la petite noblesse, ruinée par le service dû au roi lors des guerres d'Italie et harcelée par une bourgeoisie de marchands d'abord puis d'hommes de loi qui leur prêtent de l'argent, leur achètent leurs rentes et leur justice et finissent par les remplacer. C'est le cas des Malefayde remplacés par les Juyé./MG
Récits de témoins ayant assisté à la vente du château de Dampniat, à Brive le 5 novembre 1550.
*...Il s'est vanté ledit Malefayde en plusieurs lieux qu'il ne sortirait du chasteau de Dampniac, ni ses enfants, quelque arrest qu'il y eust et que ledit Juyé n'en jouyrait jamais..." /Brive, 5nov1550
Plusieurs témoignages ont eu lieu devant notaire dont celui de Jacques Monteil, 35 ans environ: "... dit que depuis le 24 septembre, n'a point vu ledit Malefayde dans le chasteau et mayson noble, mais l'a vu se promener devant le chasteau et sur la place publique dudit Dampnhac et dans le cimetière et ouyr messe dans l'église paroissiale coste le chasteau...
Autre témoignage d'Antoine Bouyssou, notaire, 25 ans: "... A vu passer ledit Malfayde, tant dans l'église et aux environs du chasteau, se promener, allant et venant à ses affayres, allant dans la basse-cour joignant le chasteau. Toutefoys, il ne l'a point vu dans le chasteau. Dit que la femme dudit seigneur et leurs enfants demeurent et font une continuelle résidence dans le chasteau. Toutefoys, il ne les a point vu jouyr des possessions..."
Autre témoignage de Pierre Joubbertie, prêtre, 38 ans. Depuis l'ouest, il a vu le seigneur de Malefayde dans le bourg et l'église, dans le cimetière, sur la place, aux "tracts?" du chasteau et la grange./MG
S'en suivent des témoignages analogues en contenus de Etienne Franchie, 40 ans, du village de la Franchie, de Jacques Buysson, 30 ans, prêtre, de Guillaume Clareden, prêtre, 26 ans de Claredent, de Pierre Barrat, 30 ans environ.
Les Malefayde semblent ensuite avoir complètement disparu tant de Noailles que de Dampniat, ce sans laisser de traces et sans qu'aucune famille ne revendique la succession, à vrai dire réduite à néant.
Cette lignée des Malefayde est "surprenante". On ne comprend pas comment aucun d'entre eux n'apparaît jamais sur les champs de batailles et surtout pourquoi ils "s'entêtent" à peupler les abbayes et les couvents, en restant au stade de moines ou de moniales./MG


Blason d'or "à quatre burelles d'azur"
La famille de Cosnac et la seigneurie de Dampniat 2 siècles durant, en un court résumé.
Après 1572, le château de Dampniat devient donc concrètement possession des Juyé, Sébastien de Juyé mourant ambassadeur du roi de France en Espagne (✝️ avant 1582), sans jamais avoir véritablement "profité" de Dampniat.
Avril 1601: Annet de Cosnac (époux depuis 1582 de Jeanne de Juyé, fille de Sébastien Juyé), se dit prêt à rendre hommage à Turenne pour ses fiefs de Linoire (Turenne), Croixe (Creysse), Dampnhac et Mauriolles (Lissac)
Fille unique, Jeanne de Juyé apporte aux Cosnac la seigneurie de Dampniat "acquise de haute lutte" entre 1550 et 1573 par son père Sébastien.
Annet n'est pas "un foudre de guerre" mais plutôt un "gentleman farmer". S'il est un catholique zlé, il n'est pas ligueur et en semble pas avoir pris part aux combats de 1589-1593. Il est vrai que sa position est délicate. Cosnac dépend de l'évêque de Limoges, fief des La Marthonie, grands ligueurs, mais à cause de Linoire, Creysse et depuis peu Dampniat, il est vassal du vicomte de Turenne, lieutenant d'Henri de Navarre et l'un des chefs protestants.
Aussi "reste-t-il sagement à la maison" et voit naître autour de lui 12 enfants, entre 1589 et 1605. Soucieux de sa santé, il teste (rédige son testament) dès 1598 et meurt en 1605.
Sa veuve Jeanne de Juyé , outre le fait d'être une mère admirable, est aussi une administratrice avisée. Son 3ème fils Clément devient prêtre et docteur en théologie. Il est curé de Dampniat et fonde avec l'un de ses frères le Petit Séminaire de Brive. Jeanne de Juyé teste le 27 juin 1640 et meurt en 1642, faisant de nombreux legs à ses enfants.
L'un des frères de Clément, François de Cosnac (1592-✝️1662) devient seigneur de Cosnac. Comme son père, c'est un gentilhomme campagnard, érudit, fervent catholique qui écrit des volumes de controverse religieuse sur l'eucharistie avec des pasteurs protestants, ce sous l'oeil inquiet de son frère Clément, l'archiprêtre. En revanche, ce n'est pas un homme d'affaires, comme ses ancêtres et comme sa mère, une véritable banquière.
François de Cosnac a deux épouses: Léonor de Talleyrand (✝️1630) dont il a six enfants, puis Henriette d'Abzac de Mayat. Il fait rédiger le 28 mars 1637 l'inventaire du château de Cosnac et de ses différents domaines parmi lesquels ne sont cités ni Creysse, ni Dampniat. L'inventaire est effectué par Etienne Taurisson, notaire habitant le village de Taurisson à Dampniat. François de Cosnac meurt en 1662 après une opération de la pierre (ouverture de la vessie pour l'ablation d'un calcul)
Son fils aîné Armand devient à son tour seigneur de Cosnac. C'est un homme d'humeur facile mais très dépensier. Il joue aux cartes et perd. Il est obligé de vendre Creysse pour payer son régiment.
Armand est qualifié de seigneur de Dampniat, notamment lors de son mariage le 18 juillet 1648 avec Marie de Veilhan. Il héritera de Cosnac et Dampniat, mais aussi de 100 000 livres de dettes. Armand et Marie vont avoir 3 enfants: François, Suzanne et Gabriel.
Armand a de tels problèmes d'argent qu'il confie à son frère Daniel de Cosnac les seigneuries de Cosnac en gardant le titre ed marquis de Cosnac attribué par Louis XIV en 1657. En échange, Daniel doit se charger de ses 3 neveux.
Gabriel, devenu évêque de Die (Drôme) s'occupe des affaires des Cosnac dont le château n'est plus habité depuis 1692. Il reçoit les terres et seigneuries d'Enval, de Cosnac, Dampniat repaire noble, Saint-Pantaléon et autres lieux pour en jouir durant sa vie.
Concernant les Cosnac d'Espeyrut (Donzenac), il faut remonter au mariage à Christophe de Cosnac, fils d'Annet et de Jeanne de Juyé, avec Jeanne de Parel d'Espeyrut pour trouver l'ancêtre de Jean de Cosnac. Les Cosnac d'Espeyrut ne roulent pas sur l'or et n'ont de ressources que l'armée à laquelle ils paient un très lourd tribut lors des guerres sous de Louis XIV. Jean de Cosnac (1665-✝️1744) est l'un des rescapés de ces conflits et le seul fils à continuer la lignée. Suite à mariage avec une très riche héritière briviste: Marie-Gabrielle de la Jugie Faulcon dont il aura 11 enfants, le château de Cosnac va considérablement s'agrandir pour accueillir cette famille nombreuse à partir de 1717 et atteindre à la fin du 18ème siècle les proportions qui sont encore les siennes aujourd'hui.
L'héritier de Jean: Gabriel Honoré de Cosnac est le premier qui, à l'instar de la famille royale, commence à pratiquer les mariages consanguins, en épousant sa cousine Marie-Antoinette. Il rend hommage au Duc de Noailles qui vient d'acquérir la part de Brive, Malemort et Turenne pour ses biens à Brive, Malemort et Dampniat. Sa cousine et lui auront 9 enfants. En 1730, à 29 ans, Marie-Antoinette meurt. Gabriel-Honoré de Cosnac se remarie alors avec Marie-Anne Poncerot de Richebourg qui n'a pas d'enfants.
A la mort de Gabriel Honoré en 1757, Daniel-Joseph, marquis de Cosnac, seigneur de Dampniac, Enval et Espeyrut assure la lignée des Cosnac. Il épouse Marie-Anne de Lostanges dont il aura 13 enfants.
Après lui, son unique petit-fils Alexandre (né en 1783) va avoir à gérer le lourd destin des Cosnac. Alexandre de Cosnac va être élevé comme beaucoup d'enfants d'émigrés au temps de l'Empire.
La Révolution touche profondément la famille de Cosnac. Plusieurs sont émigrés et voient leurs biens confisqués, dont ceux de Dampniat pour Alexandre de Cosnac.
Dès 1791, concernant la cure de Dampniat, sont vendus des prés pour 360 livres, puis 5000 livres, 3550 livres et 3000 livres. Le principal acheteur est Jean Grivel.
Le petit séminaire de Brive voit son domaine de la Renaudie être vendu en 1793 pour 5800 plus 1400 livres, 6 lots à la Chapelle-aux-Brocs et Daignac pour 2800 livres, un bois pour 3000 puis pour 3040 livres, à la Chapelle et 1105 livres à Daignac. Auront été vendus au total pour 84 420 livres de biens des Cosnac d'Espeyrut sis à Dampniat.
Après une vie militaire (sous-lieutenant, lieutenant de dragons, capitaine des chasseurs etc.), Alexandre de Cosnac se retire au château de Cosnac. De son mariage avec Marie-Françoise Henriette du Griffolet, il n'a pas d'enfants et meurt à 72 ans en 1855. C'est le dernier de la branche des Cosnac d'Espeyrut./MG


Cosnac, blason 1714
Le château de Dampniat après les Cosnac
Aux 19ème et 20ème siècles, plusieurs propriétaires se sont succédés:
- 1824 → 1855: Pierre Gaillard, agriculteur
- 1855 → 1903: Marie Leyrat, commerçante
- 1903 → 1931: Germain, Léonie Valade & Marie Meynard, commerçants, restaurateurs
- 1931 → 1988: Marie-Thérèse Valade & Joseph Deham, ancien maire
- 1988 → 2022: Yvette Deham & Sylvain Jardel
Photos du château dit "des Cosnac", déc20/PB








Mur est du château avec contrefort Mur nord du château Porte murée sur entremis église Donne-jour de la cave
La fenêtre basse (photo mur nord) correspond à la porte aujourd'hui murée de l'ancien restaurant "Meynard", alors accessible par un escalier en bois./SJ




Cave (salle...?) d'origine du château, XIVème/XVème siècle: L: 9m, l: 7m, h: 5m, épaisseur voûte: 1,50m. Murs de plus de 1,40m d'épaisseur, aménagés de niches et placards muraux./SJ
Le château aurait "par la suite" servi de relais de poste, la partie basse ayant été aménagée en ce sens: abri pour les chevaux, abreuvoir de l'épaisseur du mur côté est, etc./SJ


Le presbytère de Dampniat date des environs du 15ème siècle.

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Porte Renaissance Grand escalier intérieur à vis
Véritable "maison noble", le presbytère a été le lieu de séjour, si ce n'est d'habitation, des religieuses, vicaires, archiprêtres (de Brive) et curés successifs de Dampniat./PB
Ont été successivement curés (et vicaires) de Dampniat:
- 1243: Antoine, archiprêtre de Davinisiaco
- 1564: Pierre Gibbertie
- 1587: Etienne Prestin
- 1594: Bernard Coste
- 1603: Martin Laval
- 1643: Martial Imbier, vicaire
- 1645: Bidanges, vicaire
- 1642: Etienne Daubuysson, vicaire
- 1644: Clément (Clémens) de Cosnac, 3ème fils d'Annet de Cosnac et Jeanne de Juyé, les "récents acquéreurs" du château de Dampniat.


Dampniat, acte de baptême signé de Clémens de Cosnac, 1644
Nombre d'actes de baptêmes, mariages et décès sont signés de sa main, en tant que vicaire, puis archiprêtre de Brive et curé de Dampniat.
- 1646: Bidanges, vicaire
- 1656: Bergerac, vicaire
- 1662: Monteil, vicaire
- 1665: François de Sahuguet
- 1665: Juberthie, vicaire
- 1667: Jean de Lavergne de Gibbier
- 1676: Taurisson, vicaire
- 1679: Antoine de Lavergne de Juillac
- 1690: Laporte de Queyssac, archiprêtre
- 1701: Lacoste, vicaire
- 1711: Lafon, prêtre
- 1712: Mas, vicaire
- 1722: Sicard, vicaire
- 1724: De Nozières, archiprêtre
- 1725: Ramade, vicaire
- 1734: Fontenille, vicaire
- 1737: De Juliac, archiprêtre
- 1737: De Lavergne, vicaire
- 1739: Delaval, vicaire
- 1741: De Juliac, archiprêtre
- 1753: Delaval archiprêtre (après avoir été vicaire)
- 1754: Lemas, vicaire
- 1757: Antoine Jugie (Le Sapinier); bien que natif de Dampniat, n'y a jamais été curé mais l'a été à Aubazine.
- 1758: Vergne, vicaire (Lanteuil)
- 1762: Planchard, vicaire
- Jean Verdier (La Chapelle-auxBrocs); bien que natif de Dampniat, n'y a jamais été curé mais l'a été en 1765 à Cosnac.
- 1770: Roche, vicaire
- 1773: Brugeilles, vicaire
- Seignolles Jean-Léonard (né à Lacoste), curé en 1774, curé de Prugne (La Chapelle-aux-Brocs) de 1776 à 1790. ✝️1832 à Lacoste.
- 1790: Laval, curé
- 1791: Delaval, archiprêtre... et toujours en place à Dampniat, 52 ans après son arrivée.


Acte de mariage à Merchadour signé de Delaval, archiprêtre, curé, a priori sa dernière signature dans la fonction. 1791
- 1803: François Brugeilles, frère de Jean, est décédé à Dampniat en 1816.
- 1817: Jean Brugeilles, ancien prêtre réfractaire (a refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé de 1790). Prend la suite de son frère Jean
- 1828: Jean-Baptiste Noailles
- 1830: Etienne Pesteils
- 1845: Etienne (Jean) Chambon
- Martin Meynard; bien que natif de Dampniat (fils de Pierre Meynard et Marguerite Monteil), n'y a jamais été curé mais l'a été en 1845 à St-Hilaire-Peyroux et Malemort.
- 1856: J. Saint Bonnel
- 1868: Etienne Monmont
- 1873: Joseph Delon
- 1879: Jean Monmont
- 1886-1903: Jean Bourlioux
- 1903-1932: Célestin Mons (1859-✝️1932) & Anna Fayt, Elisa Cavalié, religieuses garde-malades, puis: Alexandrine Fayt, Jeanne Certes, Marie Rigouste, religieuses, et en 1931: Marie Rigouste, Jeanne Certes, Adeline Lesaffre, religieuses
- 1932-1944: François Saugeras (1878-✝️1944) & Léontine Vaujour, Jeanne Certes, Marie-Madeleine Lafon, religieuses. Le curé Saugeras était le grand-oncle de l'abbé Charles Lair (1913-✝️1944)
- 1946-1965: Joseph Reyt: (1912-✝️1973). Il est le dernier curé de Dampniat à avoir habité le presbytère. Il est mort à Brive (Saint-Antoine) des suites d'un accident de voiture, en voulant sauver son chien nommé Topou: "...un chien noir ayant pour maître un curé logiquement en soutane noire, se déplaçant dans une Simca 5 noire, accompagné de Marguerite, sa bonne, également vêtue de noir..." JR/MTV, Astaillac/FP
Le château-fort de la Chapelle a subi au fil des siècles les affres des guerres et du temps avant que les dernières pierres de son donjon ne soient réutilisées à d'autres fins, il y a près de 200 ans.


L'emplacement présumé du château-fort, à l'endroit même de l'église et de la mairie./Géoportail.gouv.fr
La Chapelle-aux-Brocs, outre le terme de Brocs (Brochs) contient le mot "Chapelle"...




Extrait du dictionnaire des paroisses du diocèse de Tulle, Abbé JB Poulbrière, 1894.


Plan cadastral de la Chapelle-aux-Brocs, 1824
Plusieurs noms de parcelles sont évocateurs du château de la Chapelle : "la Chastelle", "la Chastille". La parcelle 200 est quant à elle portée "masure", ce qui, en regard de sa taille équivaudrait à une grande bâtisse en ruine...
Chacun de comprendre que le donjon du château a été détruit il y a près de 180 ans. Plusieurs de ses pierres, très visibles, ont été réemployées pour la construction de la plupart des vieux bâtiments adjacents./PB
Du château (castel) du Grand Caïre, propriété de trésoriers de la vicomté de Turenne, il ne reste que de nombreux textes liés à la gestion financière des Etats et ce descriptif très précis de l'édifice en 1625.
Le château du Grand Caïre, de nos jours commune de la Chapelle-aux-Brocs*, a totalement disparu.
*La Chapelle-aux-Brocs a été attachée administrativement à la paroisse de Dampniat de 1642 à 1792



Le hameau du Grand Caïre, aujourd'hui nommé "A Caïre ou le Cayre". Cadastre 1824.







Bulletin de la Société historique et archéologique de la Corrèze, Brive/1932
Les trésoriers de la Vicomté de Turenne par Mr Jean Faucher.
Le trésorier des Etats était nommé par le vicomte de Turenne. Il encaissait les tailles, payait les gages et les dépenses votées, remettait au trésorier du vicomte les subsides et les dons de toute nature qui étaient alloués au chef, aux membres et aux fonctionnaires de la maison de Turenne. Charles Foucher ou Faucher (du Grand Caïre) remplit cette charge jusqu'en 1637. Il se démit a cette époque en faveur de son fils Jean, que nous voyons assister à toutes !es sessions jusqu'en 1643. Jean Faucher est décédé en 1650. II eut pour successeur Giles Lacheze. La charge est passée en 1676 à Tournier.
Généalogie de Jean Faucher, château du Grand Caïre (Bulletin SSHA Brive, 1898)


La dîme est une redevance due au clergé, en nature ou en argent, portant principalement sur les revenus agricoles.
Au Moyen Âge, elle est destinée à permettre l'exercice du culte par l'entretien du clergé et des lieux de culte, et à fournir assistance aux pauvres.


La dîme Brueghel le Jeune © Photo RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Daniel Arnaudet
La dîme est divisée, comme partout, en quartiers. A Dampniat, elle est divisée en 5 quartiers
1) Dampniat 2) Coignat (Coignac) 3) le quartier bas 4) le quartier de la Chapelle (aux Brocs?) 5) le quartier "au-delà de l'eau"?
Le curé-archiprêtre de Dampniat (alors Clémens de Cosnac) a la dîme de la paroisse moins 1/4 qui est inféodée, c'est à dire possédée par les seigneurs de Dampniat.
Il a la dîme des grains, des agneaux et du lin (sans doute assez cultivé alors) et qui devait être bien peigné.
Contenu du document de 1658/MG-PB
Les affermes des dixmes du blé, lin et agniaux de la paroisse de Dampniat à Monseigneur Clémens de Cosnac, Seigneur de Saint-Germain la présente année 1658, tant comme sieur curé de la présente paroisse que comme seigneur foncier dudit lieu faites par le seigneur aux fermiers sans renonciations aux charges et conditions. Ils seront tenus de lui bailler du blé bon et marchan, bien criblé et vanné et le lin bien peigné.
1) Dampniac a esté affermé à Pierre de l'Héritier, Jehan Deyr rondier du village de la Francye, Antoine Pallier du village de la Geneste pour 96 S (setiers) de blé, queute à la coutume pour le seigneur de se réserver 1/4 au prix de l'enchère.
2) Coigniat affermé à Etienne Coste de la Chièze, Jean Jugie fermier au village de Coignat et Blaise Chauvel du village de La Coste pour 118 S de blé, 1/4 au seigneur
3) Le quartier bas affermé à Jean Laval menuisier et Pierre Taurisson dit Saule: 70 S de blé seigle, 1/4 au seigneur
4) Le quartier de la Chapelle ?
5) Le quartier "au-delà de l'eau", affermé à Jean Taurisson, menuisier, 29 SS (setiers de seigle)
La dixme du lin à Dampnhiac à Antoine Pallier dit Servoye, teyssier (fabricant de tissus de lin) de la Geneste: 29L de lin.
Coigniat affermé à Pierre d'Eyreuc, teyssier à La Renaudie pour 35 aulnes de toile de brin de lin faites à un mestier de 13 cannes...
Le quartier du bourg à Jean Bouyssou, marreguillier (marguillier: membre du conseil de fabrique de la paroisse, chargé de la gestion des biens de l'église): 20L de lin
Au-delà de l'eau, à Jean Taurisson, drappier: 12L de lin
Le quartier de la Chapelle à Mr Lafait louer?
la dixme des agneaux: Mr Lafait louer?
Les affermes faites aux susnommés aux conditions qu'ils seront tenus de la paier au jour de la Saint-Michel . (le 29 septembre)
Dampnhiac, 23.06.1658
Présents: Messire Jean de Verlhiac, prêtre et vicaire de la vicairie de la Chapgeyrie desservie église St Martin de Brive
Jehan Taurisson dit Jean Pigniol de Taurisson
Personne ne signe sauf J de Verlhiac.
Cosnac (Clémens de Cosnac) approuve les 118 S pour Coigniat et 96 pour Dampniac.
Nb: 1 setier équivaut à environ 152 litres, une aune correspond à 120 cm, l'aune étant alors le nom donné à un bâton servant d'outil de mesure.

Dampniat: Carte dite "de Cassini" gravure du 18ème, feuille 034. BNF/Gallica
Aux temps où...
La Chapelle-aux-Brocs était attachée administrativement à la paroisse de Dampniat (de 1642 à 1792); le hameau de Prugne (Prunie) étant alors lui-même une petite paroisse dite "d'Emprugne"....
une période où les "ss" actuels étaient remplacés par le "eszett ß" que les germanophones et autres passionnés de généalogie connaissent bien → Voir pour l'exemple les villages de Taurißou (Taurisson), de la Borie Baße et du Bouißon (le Bouyssou)
Chacun notera la disparition du lieu-dit: "Rouvière", entre Taurißou et le Mas.
Les bourgeois et paysans de Dampniac n'ont pu profiter de la vente des biens des émigrés./Marguerite Guély.PB
Dampniat et La Chapelle-aux-Brocs qui sont séparées depuis la Révolution et forment de fait deux communes distinctes, ont, comme Malemort, un grand nombre de domaines appartenant à des ordres religieux et à des nobles. Les rentes, elles, sont supprimées lors de la nuit du 4 août (abolition des privilèges féodaux).
Les biens écclésiastiques sont vendus sous le nom de biens de 1ère origine. Ils sont payés en bonne monnaie et leurs acquéreurs font de très bonnes affaires.
Les biens de deuxième origine, ceux des émigrés, de parents d'émigrés, de prêtres réfractaires et de suspects, sont dans un premier temps affermés au profit des non émigrés et de la Nation.
Beaucoup d'épouses d'émigrés réclament leur dot, les enfants d'émigrés, leurs frères et sœurs réclament aussi.
Les biens ne se vendent que petit à petit et assez tard.


Assignat de 750 Francs, 18 Nivose de l'An 3
Un grand voile a recouvert les achats faits avec des assignats, papier-monnaie sans valeur, par les bourgeois des alentours de Brive, Malemort ou Tulle.
Les paysans également, mais seuls les plus aisés, ont pu avoir leur part. La loi du 12 prairial an III (31 mars 1795), destinée à accélérer les ventes, stipule que tout citoyen peur se faire délivrer sans enchères tel bien qu'il voudrait, à condition de payer 75 fois le revenu de 1790, en quatre termes de trois mois. Les quelques biens intéressants s'enlèvent rapidement, payés le plus souvent en ces assignats largement dépréciés.
Lors de la Restauration (1814-1830), la menace d'avoir à les restituer est pour une grande part la cause de l'impopularité du retour de la monarchie. Le milliard aux émigrés voté peu avant la Révolution de Juillet (Charles X, 1825) ne sera pas réellement donné aux descendants d'émigrés par Louis-Philippe, possesseur d'une fortune immense mais ami des bourgeois.
A part des descendants d'émigrés particiculièrement spoliés comme les Pradel de la Maze d'Allassac, aucun historien ou érudit local ne s'est sérieusement penché sur ce transfert de propriété. Trop de bourgeois et de paysans, dont les descendants vivent encore, ont profité de cette manne, pour qu'on ose remettre en cause le droit de propriété, sous peine d'être traité de "partageux" comme en 1848, puis de communiste ou même d'anarchiste.
Les biens d'église
La cure de Dampniat: Le curé de Dampniat est aussi archiprêtre de Brive. Dès février 1791, on vend des prés pour 360 livres puis 5000 livres, 3550 livres et 3000 L. le principal acheteur est Jean Grivel.
Le petit séminaire de Brive, doté par les Cosnac, possède d'abord un domaine à la Renaudie vendu en 1793 pour la somme de 5880 livres + 1400 livres, 6 lots à la Chapelle-aux-brocs et Daignac, 2800 livres, un bois 3000 livres puis pour 3040 livres à la Chapelle et 1105 livres à Daignac.
La maison du petit séminaire à Brive, ex hôtel de la Marque qui fut aux Brun puis aux Salve-Juyé puis aux Cosnac jusqu'en 1648 est vendue au sieur Seignolles le 1er prairial An2 pour 5650 livres.
Le collège des Doctrinaires (mairie actuelle de Brive) voit disparaître ses biens de la Terrasse à Brive, Cublac et surtout à Malemort, où la valeur des biens vendus en août 1793 s'élève à 34.655 livres.
Parmi les émigrés, il faut citer...
Le sieur Darche, pour 7750 livres; il possède surtout des biens à Meyssac, à Perpézac, 49.590 livres à Brive, 140.050 livres à Espeyrut et 2500 livres à Ligneyrac... Soit un total de 306.115 livres en Thermidor An3.
Ensuite, seront vendus quelques lots épars et le montant total atteindra alors 326.000 livres.
Le sieur Loubriac de la Chapelle possède des biens vendus à Dampniac pour 2075 L.
Anne Jouffre de Dampniac se fait vendre, en tant que parente de prêtre, un bien de 1470 livres en l'An 8.
Gilibert de Merlhiac, futur maire de Dampniat, se fait vendre en l'An 2 un bois à Dampniat pour 1600 livres.
On peut constater qu'à part les domaines des Cosnac, les bourgeois et paysans de Dampniat n'ont pas eu grand chose "à se mettre sous la dent", soit que les grands domaines aient déjà été aux mains de bourgeois, soit que les terres aient déjà été en grande partie à des paysans.
La disparition des rentes dues aux seigneurs (minimes) et surtout de la dîme allège notablement la charge supportée par les paysans.
Les guerres de la Révolution et de l'Empire avec leur million et demi de morts allège les poids des familles. Enfin, le système du partage égalitaire des héritages pousse les paysans avisés à restreindre le nombre de leurs enfants.
Tout est réuni pour une meilleure aisance dans les campagnes mais, comme la révolution industrielle tarde et ne sera ni si vigoureuse qu'en Angleterre et en Allemagne, que les méthodes agricoles restent traditionnelles et que les cadets de la famille n'émigrent pas, la France reste rurale et le restera encore longtemps.

Le cadastre napoléonien de Dampniat de 1824 est consultable en ligne. Cadastre napoléonien 1824
L'état de section de 1824 permet de connaître chaque parcelle (propriétaire, nom et nature de la parcelle).Etat de sections 1826
DANIACO - DANHAC - DAIGNAC - DAINIAC - DANIAC - DAGNAC - DAGNAT - DANIAT - DAMPNIAC - DAMNHAC - DAMPNHIAC - DAMPNIACO - DAMPNHAC - DAMPNIAT ...
Au cours de ses derniers 1000 ans d'histoire, notre commune "a bénéficié" de plusieurs orthographes que vous retrouverez le plus souvent datées au fil des pages de ce site.

Etymologie des noms de lieux (toponymes) de Dampniat -ordre alphabétique-
Les noms de lieux, de la plus petite parcelle au nom-même de la commune, reflètent l'ancienne occupation du sol par les hommes, parfois depuis la plus lointaine Antiquité. Ce sont des témoins de notre patrimoine.
Les Aiguilles: Vient de l'ancien occitan "agulha": l'aiguille. Ce toponyme tire son nom d'une haute borne aiguë sur un possible ancien grand chemin du Moyen-Âge./MV
Aurussac: "Aurencac" (1133-1159) - "Aurencach" - "Aurenzac" (cartulaire d'Obazine). Vient du nom d'un homme latin "Aurensis" avec suffixe "-acum"./MV
La Barboutie: Le suffixe "-ie", très fréquent dans notre région, est hérité d'un suffixe occitan "-ia". C'est un suffixe d'appartenance qui signifie "le domaine de" et qui a été donné lors des grands défrichements de l'an mil au XIIIème siècle dans le sud de la France pour dénommer de nouvelles propriétés. Ainsi "La Sudrie" (commune de La Chapelle-aux-Brocs) sera le domaine "del sudre". (Lo sudre = le cordonnier en occitan ancien). La Barboutie (La Barbotia), c'est le domaine de Barbot, un homme ainsi surnommé à cause de sa barbe (voire un surnom tiré du vieux verbe barbortar = celui qui marmonne)./JFV
Le Barry-Haut: Vient de l'ancien occitan "barri" qui signifie faubourg. Peut également venir du préfixe "-bar" ou du toponyme gaulois "barro" qui évoquent un site de hauteur./PB
Les Besses: (colline de Lacoste): Vient du latin "bettia" et du gaulois "betu" qui signifient bouleau. Les Besses correspondraient donc à un bois de bouleaux./MV
Le Bois Leymarie: Sans doute un toponyme formé autour d'un bois appartenant à un certain Leymarie, nom d'origine germanique "Aimarus" suivi du suffixe d'appartenance "-ie"./MV
La Borie Haute - La Borie Basse: Ce toponyme vient de l'ancien occitan "boria" ou "boaria" qui désignent une petite exploitation agricole./PB
Le Bos de Luscle: (colline de Lacoste): Vient de l'ancien occitan "usclar" signifiant brûler, du latin "ustulare". Le nom désigne un brûlis, une friche dont on aurait brûlé herbes et broussailles./JM-MV
Le Bos Viel: Ce toponyme signifie littéralement "le vieux bois"./PB
Le Bourguet: Diminutif de "petit bourg". Point haut (château d'eau) à proximité de l'ancien prieuré de Montchal./PB
Le Bouscailloux: Vient de l'ancien Français "bosc": le bois, ici peut-être le petit bois./PB
Le Bouyssou: Vient du latin"buxus": le buis. Ce toponyme peut évoquer un lieu où pousse le buis, et, chez nous, hors terrain calcicole, un endroit lié potentiellement aux vestiges d'un (très) ancien habitat./PB
La Campanha (& la Solelha*): 1527- Lieux-dits de Dampniat aujourd'hui disparus, "confrontant le mas de Laval, le fleuve de Corrèze et le mas de Confolenc". * Solelha: rien à voir avec le hameau actuel de la Soleille. MG-PB
Le Chambonnet: Ce toponyme (id. Le Chambon) est lié à l'idée d'une courbe, notamment sur un cours d'eau. La croix du Chambonnet, bien que située au niveau d'une courbe prononcée de la VC n°1, au creux d'un fond de vallée, est cependant loin de tout cours d'eau./PB
Le Chastelou: (colline du Peuch): Ce toponyme signifie littéralement "petit château" et correspond à un ancien éperon barré* d'époque médiévale surplombant la rivière Corrèze au-dessus du village de Confolens. (*site défensif sur un promontoire naturel coupé à l'arrière par un important fossé)./JMD
Chaumeil: Chalmehlz (Cartulaire d'Obazine, 1210-1211): Vient de l'ancien occitan "calmelh" qui signifie lande, brande./MV
La Chèze: Vient du latin "casa", chaumière, petite exploitation agricole./PB
Le Clau: (Collines du Peuch et de Lacoste): Vient de l'ancien occitan 'claus". Désigne un terrain cultivé entouré de haies ou de clôtures.
Le Claux du Bayle: ( El claux del Bayle 1547): Lieu-dit de Dampniat aujourd'hui disparu, signifiant le clau du bailli (intendant)./MV
Les Clèdes: Vient de l'ancien occitan"cleda"ou"clida" qui signifie claie, grille, barrière./MV
Coignac: Cumgnac (Cartulaire d'Obazine, 1187-1188). Ce nom est formé du nom d'un homme latin "Cominius "suivi du suffixe "-acum"./MV - Le toponyme est également noté par "Le mas de Comnhac, paroisse de Dampniat" (Liste des hommages rendus au vicomte de Turenne le 7 avril 1415). AN Q1-146-1/PB
Les Combelles: Vient de l'ancien occitan "comba" signifiant vallée étroite, combe.
La Combe Raynal: La "Combe Raynal" désigne de fait un lieu situé dans une combe et appartenant à un certain Raynal.
Confolens: Vient du latin "confluentem" qui signifie confluent, chez nous le village près de la confluence entre la Roanne et la Corrèze./PB
Lacoste: Vient du latin "costa ae" qui désigne la pente d'une colline./MP
Le Coudert (Couderc): Chaque ferme avait sont coudert; il s'agit d'une petite place, une aire (airial) devant une maison ou un bâtiment de ferme. Un village nommé "le Coudert" est mentionné en 1535 lors d'une vente de Malefayde à Meschin pour 5 qA, 7 sous 8 deniers, 1 poule et 2 journaux /MG&PB
Le Coustal: Vient de l'ancien occitan "costal" qui signifie côteau. Quelle que soit la nature du terrain, le Coustal désigne donc un endroit pentu, à flanc de colline./MV-PB
La Croix d'Oriol: (Auriol en 1103) Lieu-dit de Dampniat situé de l'autre côté de la RD 921 (route de Lanteuil). Le nom auriol vient du latin "auriolus" et désigne un petit oratoire.
La Croix Saint-Jacques: A défaut de se trouver en bord de chemin de pélérinage vers Saint-Jacques de Compostelle, ce lieu-dit se trouve aux abords immédiats d'un très vieux chemin creux (d'origine très ancienne) encore visible de nos jours à la jonction entre RD 162 et route de Claredent.
Dampniat: Vient d'un nom d'homme latin "Domenius", suivi du suffixe "-acum", d'où l'appellation "Daniaco" (Cartulaire de Tulle, 1022), et donc, 2000 ans après, la prononciation phonétique actuelle du nom [Dania]./PB
Les Douces - Le Doucet: Après Chaumeil vers le ruisseau des Molières (du Colombier), près RD 921: vient du latin "ducem" et de l'ancien occitan "dotz" qui signifient source, eau courante./MV-PB
Drouille - Drulia: Forme ancienne qui se rapporte au gaulois "derulia" ou "derva" et du mot "droulh" désignant un arbre, en l'occurence le chêne. Drouille (Drulia) est un nom de village ou de lieu-dit de Dampniat aujourd'hui disparu, indiqué en 1022 lors d'un don de ce mas par Bernard de Chanac à l'abbaye de Tulle./PB
Lafarge: (La Farge 1648): Ce toponyme pourrait provenir de l'ancien occitan "faurga" et "farga" et signifierait un lieu où se trouve une forge./MV
La Fontaine du Puits: Fontaine est encore aujourd'hui, puits il n'y aurait a priori plus. La Fontaine du Puits ne tarit pas. Les espaces qui l'entourent ont révélé de nombreuses traces d'habitations gallo-romaines (tuiles à rebord, poutres, tessons)./PB
La Font Grande: Ce toponyme issu de l'ancien occitan "fon"désigne un lieu avec une importante fontaine./PB
La Forêt: Vient du latin "forestis" et de l'ancien occitan "forest" . Désigne un espace boisé en dehors du terroir des villages et dont l'usage était réservé à un seigneur./MV
Le Fournol: Furnols, Fornols (cartulaire d'Obazine, 1170-1171): ce toponyme vient du latin "furnus" le four, suivi du suffixe diminutif "-olum". Au Fournol aurait donc peut-être été un four (banal?)./MV
La Francie: Ce vieux toponyme vient du nom d'un homme arrivant de régions relevant du roi de France à cette époque, ou dont le prénom aurait été "Franc" ou "Francés"./JFV

Nobiliaire du diocèce de Limoges, J Nadaud/PB
La Galoubie: (Galaup 1642): Lieu-dit de Dampniat aujourd'hui disparu, mentionné en 1294-1295 dans le cartulaire de l'abbaye d'Obazine./MG

La Garenne: Vient de l'ancien occitan "garena", terme de droit féodal. Le droit de garenne était un privilège seigneurial, le droit de chasser dans un bois. Cela correspond à l'époque à une sorte de réserve de chasse. Aujourd'hui une garenne est une étendue boisée où vivent les lapins./MV
Le Garlandais: Lieu-dit en fond de vallée de la Roanne, sur un petit éperon rocheux près du Sapinier. Evoque un lieu avec des murs. Le Garlandais se situe à proximité d'un très vieil itinéraire avec passage à gué de la rivière./JMD-PB
La Geneste: Vient du latin puis de l'ancien occitan "genesta" qui signifie genêt, un lieu où poussent les genêts./MV
La Guierle: (près du Sapinier) Vient de l'ancien occitan "ierla" qui signifie île. Ce toponyme désigne en fait une petite étendue de terre humide près de la courbe d'un cours d'eau./MV
La Jubertie: Ce toponyme est bien plus répandu en Corrèze que nulle part ailleurs en France. Il représente le domaine d'un certain "Jubert" ou "Jaubert", nom d'ancien propriétaire, suivi du suffixe d'appartenance "-ie". Le village est nommé "La Jaubertie" sur la carte de Cassini (18ème)./FC-PBa
Larcher: (aujourd'hui Lartier, du fait de la transcription phonétique du patois usuel). Vient du latin "arca" qui désigne une borne de délimitation de forme quadarangulaire. Lartier évoquerait donc un endroit clôturé, borné, palissadé./MP&PB
Laval: Vient de l'ancien occitan "val" signifiant vallée, vers la vallée. Laval correspond à une agglutination de l'article avec le substantif./MV
Le Marguinal -le clau marguinal-: (la Francie). Peut désigner une parcelle ayant appartenu à une famille Margui, Marguinaud/Marguinal dont le nom vient du prénom Marguerite: Sainte martyrisée au 3ème siècle qui "a donné" nombre de noms au Moyen-Âge./JFV
Le Mas: Vient du latin "mansus". Ce toponyme désigne une exploitation agricole d'assez grande taille gérée par un seul et même tenancier. La famille se scindant et chaque ménage construisant au fil du temps une nouvelle habitation, "Le Mas" est progressivement devenu un hameau, parfois avec une chapelle/MV&PB
Le Mazeau: Sans doute un diminutif de "Mas". Le Mazeau désignerait donc une petite exploitation agricole./PB
Les Molières: Vient du vieux Français "molier" qui désigne celui qui taille les meules de moulins. Par extension, les Molières correspondent au lieu où travaille(ent) le(s) molier(s)./PB
Les Pessottes: (colline du Peuch): désigne un lopin de terre, un petit champ./MP
Le Petit Cayre (Caïre): De l'ancien occitan "caïre" qui signifie angle, coin, et potentiellement un lieu retiré, ce qui est pour le moins le cas aujourd'hui./MV-PB
Le Peuch: En Bas-Limousin, le Peuch désigne le Puy, le Pech, c'est à dire une hauteur, une colline d'une élévation relativement importante. C'est le cas de la colline du Peuch dont le sommet est à 334m, celle de Lacoste s'élevant à 377m./PB
La Peyrière: "La Peireira" (Cartulaire d'Obazine, 1164-1174): vient de l'ancien occitan "peiriera" qui signifie carrière de pierres./MV La Peyrière avait les Faucal pour seigneurs (1479-1526)./PB
Les Places: Vient du latin "placea" qui désigne le domaine sur lequel vit un troupeau, et par extension une ferme, une métairie./MP
Le Pouget, le Poujoulot = Poujol haut : Vient du latin "podium" (hauteur modérée). Ces toponymes sous-tendent la présence de vieux itinéraires situés sur des hauteurs, évitant de fait les bas-fonds marécageux./MV
Le Poumel: Vient de l'ancien occitan "pomier" signifiant pommier. Par extension, le Poumel désigne un lieu en rapport avec la présence de pommiers./MV
Pras del Rieux: (village de Taurisson vers la Loyre): Ce toponyme signifie littéralement "Les prés du ruisseau"./PB
Pra Lestrade: (route de Taurisson): Vient du latin "strata" puis de l'ancien occitan "estrada" qui mettent en rapport ces lieux avec la présence présumée d'une voie fort ancienne, si ce n'est d'origine antique./PB
Le Puy Clavel: "Lo Pé Clavel" (point haut -304m- avec château d'eau, au-dessus du Bois Leymarie) : Plus que d'avoir un lien très hypothétique au "clou↔ clavel", ce toponyme, également présent dans le Lot (Gréalou), désignerait un enclos, un lieu fermé. Mentions du "Peuch Clavel" dans des documents de reconnaissance de rentes de 1645 à Clément de Cosnac./PB
Puy d'Arnac: Magnifique commune près de Beaulieu, mais aussi toponyme dampniacois très peu connu. Vraisemblablement d'origine antique, de part sa formation suffixée en "-acum", le Puy d'Arnac "observe" Aubazine comme Dampniat depuis toujours./PB
Puymège: Lieu-dit aujourd'hui disparu, cité en 1268 (cartulaire d'Obazine). Ancienne borie de Dampniac qui se trouve entre le ruisseau de Puymège (?) et la Roanne. Puymège signifie "colline du milieu".
Les Rasclies: Le toponyme "Rasclies" est issu de l'occitan "rascla" signifiant ratisser, aplanir, racler. La situation du hameau des Rasclies, au niveau d'un méandre de la Roanne, en un lieu donc inondable, suggère une terre dépouillée de toute végétation./MP
Pour autant le toponyme n'existe pas sous cette forme au 19ème siècle, tant sur le cadastre de 1824 que sur les différents documents liés aux moulins sur la Roanne (onglet patrimoine). Il apparaît sous la forme "La Roselie", substantif évoquant un endroit humide, propre au développement des roseaux et autres plantes liées à ce type de milieu. "Les Rasclies" serait donc une transcription erronée de l'appellation initiale de ce hameau./PB


Cadastre de 1824
La Renaudie: Vient d'un nom d'origine germanique "Reginaldus" d'où "Renaud" suivi du suffixe d'appartenance "-ie."/MV-CD
Reyjades: (route de Claredent): Vient du latin "radicatas": les racines. Ce toponyme peut évoquer des boutures de vigne ou une jeune plantation. Le "bois de Reyjades" à Dampniac est indiqué en 1636./MV-MG
Roanne: "Mansus de Roanna" (cartulaire d'Obazine, 1176-1177, 1191-1192). Le toponyme Roanne est tiré de celui de la rivière. Exploitation agricole conséquente scindée au fil des siècles entre ayant-droits pour devenir un hameau./MV
Le Sapinier: Mercure Bouyssou (1693-1758), habitant au village de Roanne, était le 1er propriétaire du moulin du Sapinier. "Sapinier" était le sobriquet de son grand-père Jean Bouyssou décédé au moulin du Pré (alias moulin de Roanne) en 1622 d'où probablement le nom actuel du moulin./GM
La Sénéchale: Les seigneurs locaux avaient souvent leur sénéchal particulier (ex: le vicomte de Turenne), parfois d'ailleurs en opposition avec le seul sénéchal royal du Limousin. Le sénéchal avait notamment fonction d'intendant de la maison d'un seigneur. Le hameau "la Sénéchale "désigne peut-être le lieu de résidence d'un sénéchal et/ou de sa femme. Aucun élément tangible ne peut le prouver à ce jour./PB
La Soleille: Le hameau de La Soleille, du fait de sa situation géographique, est particulièrement bien exposé au soleil, du lever au coucher./PB
Merchadoux: Le hameau de Merchadoux (Merchadour, Marchadou en 1824) vient de l'ancien occitan "marcar" qui signifie fouler avec les pieds. Le Marcadour est l'endroit où l'on foule la vendange ? ce qui était probablement le cas à merchadoux. L'hypothèse étymologique "mercator" (marchand-marché) semble ici peu viable. Merchadour est ainsi noté dès 1251 en tant que gros village appartenant au seigneur de Malemort./MG
Rouvière: Nom de hameau (ant. 1744), aujourd'hui disparu. Se situe entre Bos Viel et Taurisson. Vient de l'ancien occitan "La Roveria": la chênaie", désigne un lieu avec des chênes (rouvres)./PB


Carte de Cassini, 1740
Au Saint-Germain: (chemin de la Garenne): Nom vraisemblablement donné à Messire Clément de Cosnac (†1623), appelé "M. de Saint-Germain", du fait de sa fonction de prieur de St Germain de Creysse). M. de Saint-Germain était vraisemblablement possesseur de terres en ces lieux de même qu'il était seigneur foncier dans le hameau tout proche de la Geneste./MG-PB
Sainte-Marie: Au 12ème siècle, Géraud et Roland du Puy-Long (Noailles), tènement de Dampniat, rendent hommage au seigneur de Malemort pour la terre de Sainte-Marie, achetée à l'abbaye bénédictine Sainte-Marie de la Règle à Limoges. Les Long.Poih y touchent alors 10 sous de rente et 7 poules./PB
La Vaurie: Nom d'origine gauloise, sous sa forme occitane "vaur" suffixée en "-ie", désignant un ravin, une vallée étroite et profonde aux flancs escarpés. Le toponyme n'apparaît pas sur la carte de Cassini, il y est remplacé par "La Borie: petite exploitation agricole"/MV-PB
Taillefer: Nom d'un hameau de Dampniat aujourd'hui disparu, cité dans un acte de 1539 lors de l'échange par le seigneur Jacques de Malefayde de la terre dite "de Lymoges" située dans ce hameau contre ses droits sur la vigne "des Maestres". Taillefer serait en rapport avec un lieu soit d'extraction du fer (peu problable chez nous) ou un lieu où travaille un forgeron./PB
Terre de Lescure: Vient de l'ancien occitan "escura" qui signifie grange, écurie. La Terre de Lescure désigne donc une terre sur laquelle aurait existé une grange ou une écurie./PB
Etymologie des noms de personnes (patronymes) de Dampniat -ordre alphabétique-
Boisserie, Boissière: Les noms "Boisserie" et "Boissière" terminés par l'ancien suffixe occitan "-iera" viennent : soit du du latin "buxus", le buis et évoquent un lieu où pousse cette plante chez nous uniquement rudérale (qui croît parmi les décombres, les vestiges...) ou alors désignent simplement des endroits boisés.
Bros: Le nom "Bros" vient du latin populaire "bruscia" et de l'ancien occitan "broc" qui signifient les broussailles ou les taillis. La Chapelle-aux-Brocs toute proche n'aurait donc aucun rapport avec quelque village de potiers.
Chauffingeal: Le nom 'Chauffingeal" provient de l'agglutination de "chauffe & jal", ce qui signifie : chauffe le coq; il évoque donc le métier de rôtisseur. Il est essentiellement présent en Corrèze./AA
Combarelle: Le nom "Combarelle" est lié à l'ancien occitan "comba" désignant une vallée étroite./PB
Fouillade: Le nom "Fouillade" vient de l'ancien occitan "folha" qui signifie feuille, feuillage et par extension désigne un abri de feuillage./MV
Jalinié: Le nom "Jalinié" vient du latin "gallus" et de l'occitan "jal" qui signifient le coq. Par extension "Jalinié" désignerait donc un éleveur de volailles../PB
Jugie: Le nom "Jugie" est à rapprocher de "bailliage": la circonscription du bailli, à savoir le représentant d'une autorité seigneuriale sur un territoire, notamment quant au pouvoir de justice./FG-PB
Margerit: Le nom "Margerit" est un nom rare, issu d'une forme populaire du nom de baptême féminin "Marguerite". Il est très répandu en Haute-Loire mais aussi en Corrèze./AA
Mirat: Le nom "Mirat" se réfère à l'ancien français "mire" : en face de. Ainsi Mirat aurait un rapport avec le fait de voir ou d'être vu, si ce n'est admiré./PB
Portefaix: Le nom portefaix vient du latin "fascis": fardeau. Il désigne celui ou celle qui porte des fardeaux. Patronyme assez répandu dans le Cantal./PB
Soleilhavoup: Le nom "Soleilhavoup" vient du latin "vulpes" (le renard). Il évoque les lieux plutôt ensoleillés où les renards se réchauffent au soleil. /YL
Sudrie: Le nom "Sudrie" vient de "sudre" qui signifie cordonnier en ancien occitan.
Vergne: Le nom "Vergne" vient du gaulois "verna, verno" qui représente l'aulne et par extension un lieu humide où poussent naturellement aulnes ou vergnes.
Vianne: Le nom "Vianne" désigne un petit cours d'eau (cartulaires d'Obazine et d'Uzerche, 1163-1164), à l'image de l'affluent de la Roanne dont la confluence avec celle-ci est à Lanteuil.
Qui de nous n'a pas connu ou entendu parler de la maison des soeurs?


Elle est le symbôle de plus d'un siècle de présence à Dampniat d'une quarantaine de soeurs de la Providence de Portieux (Vosges) entre 1896 et le début des années 2000.
Soeur Christiane a été l'une des dernières à occuper la "célèbre maison" de la route de la Garenne, aujourd'hui propriété privée. C'est à elle que nous devons ces quelques précieuses lignes.
Pour se remémorer l'histoire de la "Maison des soeurs" ou en savoir plus, ce document de1996 ► Maison des soeurs
Merci à Marie-Louise Laurençon pour le prêt de ce document.
Merchadour de l'origine à la Révolution
Merchadour, près de 800 ans d'histoire./MG


A l'origine, le gros village de Merchadour appartient au seigneur de Malemort qui y perçoit en 1251 douze setiers de seigle et seize setiers d'avoine.
En 1352, le 4 mai, Géraud de Malemort de Donzenac doit 200 sous de rente annuelle à Raymond Philip de la Guenne. C'est une somme considérable prêtée à 50%. Il autorise Raymond Philip à la prendre sur Merchadour et comme il ne rembourse pas ladite somme, la rente de Merchadour passe aux Philip.
Le fils ou petit-fils de Raymond, Guillaume Philip épouse vers 1406 Dauphine de Saint Chamans, héritière de l'une des deux branches de Saint Chamans. Leur fils Guy (Philip) s'appelle "de Saint Chamans". Il épouse en 1439 Souveraine de Noailles et s'intitule entre autres "seigneur de Merchadour" d'où Bertrand qui épouse en 1470 Marguerite de Cosnac puis Léonard qui épouse en 1491 Françoise de Royère et Hugues qui épouse en 1520 Marguerite de Cornil.
Cet Hugues vend vers 1542 beaucoup de rentes à pacte de rachat, ce qui veut dire à titre de prêt. C'est la façon de contourner l'interdiction de l'église concernant le prêt à intérêt qualifié d'usuraire. Ainsi, en échange d'un prêt de 1000 livres, vous jouissez d'une terre pendant 3 ans qui vous rapporte de l'argent, et à l'issue des 3 ans, vous revendez la terre pour 1000 livres, plus une plus value.
C'est ainsi que Jean Meschin, bourgeois de Brive, achète le domaine de Merchadour vers 1542-1546.
Il va rencontrer un obstacle inattendu: la prieure de Saillac les Monges, Anne de Roffinhac dite de Cousages qui dépend de l'abbaye de la Règle à Limoges. Elle prétend avoir une rente de 4 setiers de froment 1/2 sur Merchadour.
Hugues de Saint Chamans, le vendeur, devrait être appelé en garantie mais comme il est mort, c'est son fils Hélie de Saint Chamans qui le remplace. Il affirme que Anne de Roffinhac n'a pas de rente, une transaction intervient alors.
Hélie de Saint Chamans doit lui donner 60 écus dont 10 immédiatement, 10 à Notre Dame d'août et 40 à la Saint-Michel, plus une rente équivalente sur le village du Bos à Albussac.
Il a dû racheter Merchadour au sieur Meschin, épouse en 1549 Jeanne de Hautefort d'où Jean qui se titre toujours sieur de Merchadour et épouse en 1571 Catherine de Gimel.
En 1614, son fils cadet Edme qui est aussi son héritier, vend le 27 mars le domaine de Merchadour à Dampniat. La vente du domaine se compose alors de 2 domaines et d 'une chapelle, le tout pour 3500 livres. L'acheteur est Pierre Lachèze, écuyer originaire de Tulle et maître d'hôtel du duc de Ventadour. Il possède une belle maison à Malemort; son frère Jean de Lachèze étant, par mariage, sieur de Lacan.
Pierre est l'époux de Marguerite de la Jauffrénie et n'a qu'une fille Marguerite de Lachèze, dame de Merchadour.
En 1639, on lui trouve "un parti sortable": Etienne Després, sieur de Chalaux, avocat à Tulle. Comme ce dernier n'est pas noble, il est assigné en 1655 à payer les droits de franc-fief* de Merchadour.
* droit payé par les bourgeois qui achètent des fiefs nobles.
Leur fils Jean Desprès, aussi avocat est sieur de Chalaux et de Merchadour. Il épouse en 1682 Anne de la Jugie Faulcon. Leur fille unique Marguerite Desprès épouse Pierre de Maleden, sieur de Viers qui va alors se titrer sieur de Merchadour.
Les Maleden ont dû conserver Merchadour jusqu'à la Révolution.
La Barboutie, de l'origine au 19ème siècle /Marguerite Guély-PB


Domaine de la Barboutie, déc20/MM
La Barboutie est d'abord un village qui a la particularité d'avoir des terres sur Malemort et sur Dampniat.
En 1306, Peyre la Barboutie reconnaît devoir au prieur de Montchal 6 setiers de seigle, 6 setiers d'avoine, 1 setier de baillarge (orge de printemps) et 10 sous deux fois par an pour l'entier mas de la Barboutie.
Est-il le seul tenancier et le prieur de Montchal le seul seigneur rentier, c'est peu probable.
En 1460, le 31 janvier, un acte de transaction passé devant Malery, notaire, après les troubles de la guerre de Cent Ans, explique que le village de la Barboutie est situé moitié à Malemort et moitié sur Dampniat.
La moitié Malemort se compose d'un moulin alors en ruines, d'une terre et d'un pré contigus confrontant la Corrèze, le chemin de Brive à Malemort, la terre de Jean Damazat dit Quartet et la terre des héritiers d'Etienne Durand dit Peyrat. Ces terres sont mouvantes du vicomte de Turenne (Agne de la Tour), du baron de Montal (un Montal Nozières) et de Raymond de la Chapoulie de Cornil. Les terres doivent 2 setiers et 1 eymine (1/2 setier) de froment au baron de Malemort plus une obole, 30 sous d'acapte (droit casuel de mutation) à chaque mutation de seigneur ou de tenancier. C'est tellement peu que ces terres sont abses, c'est à dire inexploitées et le moulin ruiné.
La moitié Dampniat est plus conséquente et a de nombreux rentiers: Noble antoine de Chanac; Mathieu Amelin, bourgeois de Brive; le prieur de Montchal et le commandeur du Temple de Mons (membre de Prugne)
Le village est habité par des Barboutie
En 1603, on compte encore Bernard, fils de feu Etienne; Ramond, fils de feu Bertrand; Johandou, fils de feu Guilhou; Peyronne Barboutie, femme de Jean Bouschie; Jeanne Barboutie, fille de feu Antoine et femme d'un autre Jean Bouschie, tous de la Barboutie.
Jean Barboutie dit Chapblanc habite à Montchal. François Berdaze, hoste (hôtelier) de Brive est héritier de Jean Barboutie ainsi que Jean Lapoire, avocat. Quant à Etienne Meschin, il a acheté les biens de feu Antoine Barboutie dit de la Ninon.
En 1619-1630, Pierre Treilhard, aubergiste à Brive tient un livre de raison (registre de comptabilité) et l'on voit qu'il a des relations avec les paysans de la Barboutie.
Pierre Barboutye dit Lou Rey, fils de Raymond lui tient une truie à cheptel pour 8L. Pierre dit Petit Barboutie lui doit du seigle prété. En 1630, sa femme va tondre des brebis à la Barboutie. Pierre Barboutie dit Lou Rey lui tient à la même époque 10 brebis pour 10 livres, 2 vaches et leurs veaux pour 84 livres et 1 truie pour 5 livres. Le même Pierre Barboutie a été obligé de mettre en gage son manteau. Treilhard lui prête 1 écu d'or pour le retirer des mains de Pierre Rignac.
Dans le fonds de Bouillon (BNF Paris), dans les registres concernant la vicomté de Turenne, se trouvent des reconnaissances de la Barboutie à la vicomté.
Par exemple, en 1664 (AN: Q1143, carton 20). Jean de Rouchon et les autres tenanciers reconnaissent devoir une rente foncière:
- à Françoise Jarrige de la Morélie, héritière et veuve de François Bertin, sieur du Burg, du Mazaud et de la Barboutye.
- En 1707, à Dominique de Brachet, chevalier seigneur de la Jalézie qui vend à Dominique Dubois, conseiller au siège du présidial de Brive, le domaine de la Barboutie, partie Brive et partie Malemort (AN T193 42, Fonds de Bouillon)
- En 1742, à Dominique Dubois, écuyer seigneur de la Villeneuve, qui reconnait entre autres tenir le fief, village et tènement de la Barboutie. C'est d'autant plus sérieux que le duc de Noailles vient de racheter la vicomté de Turenne ou du moins la partie Brive-Malemort-Dampniat.
Il rappelle l'origine de sa possession: 1707: la vente par Barchet à Dubois; 1709: la reconnaissance passée à la Barboutye par les tenanciers: François Grammond, avocat au Parlement; Libéral Dufour, médecin; François Laroque, bourgeois et marchand et quelques autres tenanciers "de mondre importance".
Le processus de formation des Domaines bourgeois est en marche.
Madeleine-Charlotte Dubois, fille de Jean-Jacques Dubois, épouse le 20 avril 1775 Jean-Hyacinthe d'Ussel, vicomte puis comte d'Ussel, ancien page du roi, maître de camp de cavalerie. Elle est dotée de 27000L et de divers domaines dont la Barboutie.
Madeleine-Charlotte épouse d'Ussel, habite le 8 juillet 1785 sa maison noble de la Barboutie.
Elle et son mari vendent à Jean-Joseph-Guillaume Gilibert de Merlhiac, écuyer lieutenant-colonel de cavalerie, prévôt général de la Maréchaussée du Limousin, tous les biens qu'ils possèdent à Daignac et à Malemort
Devant Lacoste, notaire, une partie de la Barboutie aurait été achetée par Jean-Hyacinthe d'Ussel à Jean de Grammond, conseiller du roi et procureur à la maîtrise des eaux et forêts de Brive le 24 février 1778 pour le prix de 22900 livres. Le comte d'Ussel va habiter le Bech à St Bonnet près d'Ussel. Contrairement à la plupart des nobles, il adhère aux idées de la Révolution, sert la République et surtout l'Empire. Il sera maire d'Ussel et conseiller de préfecture à Tulle.
Jean-Joseph de Gilibert a eu une existence agitée. Prévôt de la Maréchaussée, il est très mal vu des révolutionnaires dont il réprime les excès en 1790-1791. Il entre ensuite dans les cadres de l'intendance sous l'Empire. Il ne s'occupe pas de la Barboutie dont il confie la garde à son cousin Jean-Baptiste Verlhac, maire de Brive. Il meurt le 3 juin 1819, après avoir partagé ses biens entre ses quatre fils.
Dès le mois de septembre 1819, Martin-Guillaume de Gilibert, officier de marine en congé, cède à son frère Godefroy Charles Henri demeurant à la Barboutie sa part de deux domaines situés à la Barboutie sur Daignac et Malemort et d'un bois taillis à la Sudrie, moyennant 12300F.
Godefroy-Charles-Henri, seul propriétaire de la Barboutie, habite Brive, rue des Frères. Il a épousé Marie-Françoise Leclerc, fille du directeur de la manufacture de tissus du même nom. Il se pique de littérature sous le nom de Gilibert de Merlhiac. Mais il a aussi à payer les dots de ses filles: Suzanne, mariée en 1833 à Jean-Baptiste Lafeuille de Chasteaux (tous deux âgés de 19 ans); Marie-Charlotte, mariée en en 1838 à Pierre-Guillaumand de Coussac-Bonneval (il a 40 ans et elle 22 ans); Hermine-Marie mariée en 1843 à Jean-Raymond Maturié, médecin à Martel (Il a 29 ans et elle 26 ans)i
Si bien que Godefroy-Charles met en vente en octobre 1844, à l'amiable, 2 corps de bien contigus avec maisons de maître et de métayers, granges, étables à cochons, en pierre et couverts d'ardoises, prairies, terres et arbres fruitiers. Le vendeur a le consentement de ses filles, créancières, sans succès semble-t-il.
La Barboutie, du 19ème siècle à nos jours/✝️Jean-Pierre Bardon-MG
En 1850, le 8 janvier, Godefroy Charles Henry devant payer la dot de sa fille Hermine, vend aux enchères à la bougie à Georges Blanchard, percepteur des contributions directes, une partie de la Barboutie pour 27300 livres.
Paul-Georges Blanchard est marié à Claire Lafon. Il hypothèque diverses terres, si bien si bien que lorsqu'en 1872 il vend la Barboutie à Bernad-Edouard Lespérut, le domaine se compose d'une maison de maître, de terres couvrant 55 hectares, le tout pour 74000F et 505F de mobilier.
Bernard-Edouard Lespérut était commerçant de détail à Paris. Il vendait de tout, dont en Espagne des fusils aux carlistes (citoyens favorables à Charles X et aux Bourbons). Replié à Ribérac pendant la guerre de 70, il avait exploré la région avec des amis pour acheter une propriété. Il visite la Dordogne, puis la Charente et enfin vient à Brive, découvre la Barboutie et l'achète.
Il est aussi séduit par la présence de la ligne de chemin de fer Tulle-Brive qui traverse la propriété et permet d'aller facilement hors de la région.
Son fils Pierre-Joseph-Edouard, épouse une Alsacienne dont le père était commerçant en Espagne: Maria Carmen Winter. Pierre-Joseph est rentier, s'occupe de la Barboutie, de la Vacherie, pépinière de Brive et du syndicat agricole de Malemort.
Sa fille Carmen Lespérut épouse le docteur Bardon, veuf avec 2 enfants. C'est elle qui s'occupe de sa propriété de la Barboutie tandis que son mari est médecin à Brive. Ils auront 2 enfants: Françoise et Jean-Pierre.
Entre 1873 et 1900, Bernard-Edouard Lespérut a acheté quantité de terres pour agrandir le domaine de la Barboutie, ce pour un total de 119 782F. Il est mort en 1899. Son fils Pierre-Joseph est mort en 1912. Sa petite fille Carmen Lespérut est décéde en 1977, veuve du Dr Bardon, mort en 1950. Jean-Pierre Bardon, né en 1930 est décédé il y a peu le 16 avril 2019, à l'âge de 87 ans.
Jean-Pierre Bardon a écrit 3 livres de souvenirs très intéressants sur sa famille, sur la Barboutie et sur son propre parcours. Fils de médecin, il disait "ne pas avoir la fibre intellectuelle". Ceci dit, il est devenu un propriétaire exploitant assez dynamique, mais resté sous la tutelle de sa mère jusqu'en 1977. Chacun se rappelle du décès tragique de son épouse Madeleine Fourcade dans l'attentat du Capitole, le 29 mars 1982./MG
La Peyrière: un village entre Dampniat, Lanteuil... et l'abbaye d'Obazine./Marguerite Guély
Le village de la Peyrière est situé à l'extrême sud est de la paroisse de Dampniat. Le village semble isolé entre la Chapelle-aux-Brocs et son village de Germane et Lanteuil dont le bourg est tout proche.
Son nom indique clairement que ses pierres étaeint recherchées.
La Peyrière est situé à proximité de deux paroisses dont les prieurs sont en relation étroite avec Obazine d'une part et l'abbaye piémontaise de Cluse. Les moines noirs bénédictins de Cluse et le s moines blancs cisterciens d'Obazine ont dû avoir de nombreux conflits avant de s'entendre.
Charte 664 du cartulaire d'Obazine, vers 1164-1165
Pacte fait entre les frères d'Obazine et Pierre de Belmon, prieur d'Albignac.
Pierre Belmon donne à Obazine la terre qui confronte la Peireira appelée "le Breuil de Germane" qui s'étend depuis le haut jusqu'à la Roanne, pour faire une vigne ou quoi que ce soit d'autre en versant une rente de 5 sous et 2 sous d'acapte aux mains d'Etienne de Monceaux, frère d'Obazine.
Parmi les témoins Guy de Lanteuil, sergent; Etienne de Dampnac, convers. Au temps de Gérald, abbé de Cluse et de Robert, abbé d'Obazine.
Charte 665, même date
Jean de Germane et son fils Gaubert ayant pris conseil de Pierre de Belmon donnent leur droit sur cette terre moyennant la somme de 20 sous.
Charte 666, même date
Etienne et Pierre de Chalmehlz (Chaumeil) qui possèdent une terre à côté de celle-là, confrontant la Roanne, la donnent à Obazine contre un rente de deux sous, 12 deniers d'acapte et 20 sous de droit d'entrée.
Etienne, qui est proche de la mort, donne à Obazine les 12 deniers de rente qu'il avait réclamés.
Charte 667
Etienne de Chaumeil, fils de Jean, proche de la mort, donne 3 deniers de rente qu'il avait sur ladite terre confrontant La Périère, aux mains de Pierre de Bar, chapelain (prêtre attaché aux services d'une personne)
Charte 668, 1187-1188
Etienne de Chalmeitz et Gérald son frère donnent pour le salut de l'âme de leur père Pierre, 3 deniers de rente sur la terre et la vigne proche de la Périère appartenant à Obazine. Parmi les témoins, Pierre dal Forn; Jean de la Roussille, convers; Pierre de Druilha.
Charte 669, 1187-1188
Pétronille de Coignat et son fils Bernard pour le repos de l'âme de Constantin leur mari et père donnent deux deniers de rente sur ladite vigne confrontant la Perrière.
Charte 670, 1187-1188
Etienne Juge de Coignac et Jean son cousin pour le salut de l'âme de leurs pères donnent 1 denier de rente sur ladite vigne.
Charte 671, 1210-1211
Hugues de Monceau, prieur d'Albignac donne une terre du mas Regafre tenu par les hommes de Chalmeitz des frères d'Obazine pour une possession définitive et pour qu'ils puissent la cultiver librement moyennant 3 sous de rente et 18 deniers d'acapte à chaque changement d'abbé à Obazine. Cette terre est au-dessus de la maison de la Périère. Si les frères cessaient d'exploiter cette terre, elle reviendrait au prieuré d'Albignac.
A cette époque, on "tourne donc autour" du mas de la Périère, dont on ne sait pas à qui il appartient vraiment. Les concessions faites à Obazine par le prieur d'Albignac doivent être complétées par des concessions en sens inverse au profit d'Albignac qui nous échappent, dans la mesure où les cartulaires n'ont pas coutume de noter leurs pertes.
D'autre part, on voit que les moines cisterciens sont attirés par les terres susceptibles d'être transformées en vignes.
La famille Juge, ici localisée à Coignac, a sans doute donné son nom au Moulin du Juge.
La Périère est une maison. Appartient-elle ou est-elle de la mouvance de l'abbé d'Obazine? C'est ce qui sera discuté au 17ème siècle, la propriétaire de la Périère déclarant qu'elle relève du vicomte de Turenne et non d'Obazine.
Mais il ne faut pas oublier que, un siècle avant, à cause de la lutte contre les protestants, les abbés ont été contraints de céder de leurs rentes pour payer le roi. Ces aliénations de temporel se sont faites au profit des bourgeois qui ont ainsi acquis des rentes et le droit de se titrer sieur de telle ou telle terre. Ainsi, Sieur de la Périère ne veut pas dire seigneur éminent mais simplement "seigneur utile", possesseur de la terre et mieux, de la rente.
La mouvance d'Obazine
Le 27 octobre 1461: l'abbé d'Obazine arrente à Jean de Calmel (Chaumeil?) la moitié en indivis du village et ténement de la Solelhie qui confronte les appartenances du village de la Raymondie, le ruisseau de la Solelhie, les terres et les bois du village de la Raymondie, le bois dudit Jean de Calmel qu'il a acheté à Jean Germanes et le ruisseau de la Loyre, pour 1 setier de seigle, mesure de Brive, 15 deniers, 1 poule et l'acapte, plus la moitié en indivis du ténement de la Peyrière confrontant la Rouanne, le bois de Thomas, de Bernard dit Grosmond, les appartenances de la pazion de la Regassie, le chemin d'Obazine à Auriol, 1 setier de froment, 1 setier de seigle, 2 sous et 2 deniers, l'acapte et l'entière dîme de tous les fruits.
En 1481.
Le pré de l'Eschoutie confronte le village ou fact de la Peyrière, l'eau de la Rouane, le pré de Jean et Guillaume Lajugie. Il est vendu par Pierre Chaumeil, tailleur, et Jean et autre Jean dit Gernissou ses fils à Etienne Rigaule. (archives d'Obazine)
L'abbé d'Obazine n'arrente que la moitié de la Soleilhe. Est-ce parce que l'autre moitié ne lui appartient pas ou qu'il l'arrente à un autre paysan?
La moitié en indivis du ténement de la Peyrière pose le même problème. A cette époque Guillaume Foucauld de la famille de seigneurs de la Peyrière se titre sieur de la Peyrière. Est-ce lui qui a l'autre moitié?
Les Lajugie semblent être les descendants des Juge de 1187 et avoir un rapport avec le moulin du Juge.
La Soleilhe proche de Germane confronte la Loyre et le Mas ou le village de Regafre dès 1210.
Mais voici un autre problème:
Le 16 janvier 1488: Noble Pierre de Tudeil, seigneur du repaire de la Peyrière, paroisse de Dampniac a fait hommage de fidélité au seigneur abbé d'Obazine pour raison du repaire de la Peyrière.
Livre cotté 9 reçu par Vergne notaire. Cahier Obazine.
Les premiers à se titrer sieurs de la Peyrière sont les Foucauld de Lanteuil, famille noble originaire d'Affieux en Haute Corrèze, venue comme tant d'autres "dans les bagages" des vicomtes de Comborn-Turenne installés à Turenne en l'an mil. Peut-être hérite-t-elle d'une famille de Lanteuil?
Vers 1420, Jean Foucauld dit "le Vieux" épouse en 1390 Marguerite Courson dont il aura deux fils. L'aîné Jean, jeune, épouse en 1409 Delphine Guitard, une héritière d'Hautefage en Xaintrie.
Le cadet Guillaume Foucauld reçoit la Périère en 1449. D'une épouse inconnue, il a Hugues qui achète en 1475 le repaire de Salgues, au-dessus de Gagnac et de la vallée de la Cère en Quercy. Son fils Charles est plus avisé en épousant en 1500 Marie-Aymar de Curemonte, fille unique de Boson Aymar et de Françoise de Longueval.
Il devient donc l'un des co-seigneurs de Curemonte et revend Salgues aux Castelnau qui le lègueront aux Turenne. Mort avant 1516, il est suivi de son fils Jean Foucauld alias Aymar, seigneur de Saint-Hilaire (l'un des châteaux de Curemonte), marié en 1522 avec Louise de Cardaillac, lequel a un fils Guy Aymar alias Foucauld, marié en 1550 avec Françoise Maschat.
C'est probablement lui qui vend la Peyrière mais nous ne savons pas exactement quand ni à qui. Il semblerait que ce soit à une famille de notaires d'Albignac: les Geouffre, alliée à une famille Daniel de Lanteuil.
Le 4 septembre 1542, Jeanne dite Petite, Jeanne dite Filiou, soeurs, filles de feu Jean dit Janissou Delfour et Louise de la Barboutie, veuve de Pierre Delfour, vendent à M François Geoffre, notaire: 1/4 par indivis d'un territoire appelé de la Peyrière confrontant par deux côtés les pièces de terre acquises par ledit Geouffre de Gabriel Lajugie, le ruisseau de Rouanne par le bas et par le haut les terres de ceux de Lachèze nommées deux Moneaux.
Mouvance de l'abbé d'Obazine à la rente de 1 eymine de seigle, 1 eymine de froment, 2 sous et 6 deniers, 1 poule et investiture.
Livre cotté 23 reçu par Miramond notaire Cahier Obazine
Le processus d'achat de la Peyrière est amorcé. François Geouffre a déjà acheté la part des Lajugie. Il achète le 1/4 des Delfour. Quant à l'achat des rentes à Obazine, il doit se situer vers 1576 et concerner les Jaucen. D'autre part, il semble que le prieur d'Auriol (c'est à dire le chantre de l'abbaye de Tulle) a des droits sur la Peyrière. Jean Jaucen en 1646 baille à ferme sa part des produits du domaine de la Peyrière et la dîme et rentes du prieuré d'Auriol. (AD19-E882)
Il semble qu'ils aient acheté non seulement la Peyrière mais aussi la maison noble de Faucal dans le bourg de Lanteuil. Mais, dès 1583, Jean Jaucen, sieur de la Geneste, lieutenant au présidial de Tulle fait saisir la Peyrière, sans doute pour dettes. Les Geoffre se cantonnent à Faucal. Un neveu de Jean Jaucen, le lieutenant du présidial, bourgeois de Tulle, nommé aussi Jean se titre sieur de la Peyrière et lègue cette maison à une nièce Jeanne du Périer de Puy-d'Arnac en 1648. Ce qui n'empêche pas un dénommé Jean Geoffre, fils de François, de se titrer aussi sieur de la Peyrière. Il ne renconcera qu'en 1661, contre argent comptant.
Jeanne du Périer a épousé vers 1645 François Bothier, seigneur de Paillés. Elle semble jouir de la Peyrière pendant 25 ans, de 1648 à 1673. La Peyrière et Faucal ont des droits honorifiques dans l'église de Lanteuil et des tombeaux indivis dans une chapelle. Lors de la mort de François Bothier en 1672, un conflit éclate avec le nouveau propriétaire de Faucal, le sieur Pierre Maillard, avocat à Brive qui tente d'empêcher Jeanne du Périer, alors très âgée, d'inhumer son défunt mari. Maillard a pour lui les hommes de loi de Brive, tandis que Jeanne du Périer, héritière des Jaucen est soutenue par Tulle mais aussi par les officiers du vicomte de Turenne qui déclarent alors que le fief de la Peyrière dépend de Turenne.
Bagarre dans l'église, siège de la maison noble de Faucal, tentative de Maillard pour acheter la Peyrière... le conflit va durer des années.
Après la mort de Jeanne du Périer, le sort de la Peyrière reste inconnu.


"Bothier, seigneur de Pallier, paroisse de Daniat*".
Généalogies et armes des gentilshommes de l'élection de Brive, généralité de Limoges,1714
D'une très ancienne famille de Gimel ayant "fait preuve de noblesse" en 1598, la famille de François Bothier (Boutier) a bel et bien habité Dampniat aux 17ème et 18ème siècles.
JB Champeval indique dans son dictionnaire des familles nobles et notables de la Corrèze " ...François Boutier, seigneur de Palliès, paroissien de Dampniat en 1666, lieutenant du roi à Cateau-Cambresis, et qui épousa Jeanne de Périer, en présence de son père Antoine Boutier, le 31 août 1645..."
A ce jour, l'hypothèse la plus probable et logique de la domiciliation des Bothier est de fait à la Peyrière./PB
Contribution à l'histoire du village de la Geneste./ Marguerite Guély-PB
La Geneste est un village situé à quelque 200m d'altitude, au-dessus de la Corrèze sur la route menant de Dampniat à Confolens et à la traversée de la Roanne avant qu'elle ne se jette dans la Corrèze.
En 1646 le 30 mars, ses tenanciers ou propriétaires de terres sont tout d'abord:
- M François Monteil, notaire
- Jean Couderc dit Colinet
- Thomas Blanchou,
- Pierre Peyremard et Antoinette Peyremard, veuve de Jean Poumy qui l'habitent.
- Antoine Brival dit Courquou de Confolens
- Bernard Pascal de Confolens
- Jean Poumy dit Mourequaire soucher (bûcheron) de Claraden.
Tous ces co-tenanciers reconnaissent tenir leurs terres de Messire Clément de Cosnac, docteur en théologie, prévôt de Gutmond, prieur de Creysse, archiprêtre de Brive et de son annexe de Daignac, seigneur foncier du temporel de Daignac.
Ils doivent ensuite la rente suivante sur le village de la Geneste qui confronte la combe du sieur de Daignac par le haut, le ruisseau descendant de la fontaine du village à la Corrèze par le bas et le bois de Brival. La rente est de 3 setiers froment, 3 setiers seigle, 30 sous et 3 poules*
* Les poules sont comptées par foyers, tels qu'ils existaient au 15ème siècle lors du premier arrentement aux paysans.
La Geneste est donc au 15ème siècle un village très faiblement peuplé, probablement assez boisé, sans prés, sinon il aurait dû donner de l'avoine mais avec des terres à froment.
Messire Clément de Cosnac est aussi appelé Mr de Saint-Germain (St Germain de Creysse dont il est le prieur)
Il reconnaît être le seigneur foncier de la Geneste parce qu'il a acheté la rente à Anthoine du Breuil (dit de Cosnac), seigneur de Bordes (Xaintrie), le Temple, la Vialle (Borrèze), Fleuyrac et autres places, dont son lieu d'habitation le château du Jayle de l'autre côté de la Corrèze.
Le château du Jayle est une seigneurie ou un fief de la paroisse de Malemort qui possédait quelques biens à Dampniat et qui a été aux 15ème et 16ème siècles aux Cosnac des Bordes, branche cadette des Cosnac puis par mariage aux Dubreuil.
Quant au lieu-dit "au(x) Saint-Germain", sur la route de la Garenne, jusqu'il y a encore peu de temps occupé par les jardins pour le moins pentus de André Bézanger et Maurice Duroux, l'origine toponymique en est de fait toute trouvée.
Clément de Cosnac, grâce à ses bénéfices écclésiastiques, est un personnage fortuné.


L"église Saint-Germain de Creysse
Rencontre avec Marcel GAILLARD (Jean-Baptiste), né le 12 juillet 1924 à la Renaudie.
Enregistrement du mardi 13 avril 2021, en présence de son fils Daniel./PB
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01: La ferme Gaillard à la Renaudie en 1924 (≈ 1'...)
02: Le four
03: Les animaux de la ferme
Page en cours de construction
Raymond Liebgott est décédé le 23 janvier 2026




Une étude présentée à Dampniat par Dominique Lestani le 12 mars 2016, à l'invitation de l'Amicale Laïque de Dampniat.
A découvrir ici, avec l'autorisation de Dominique Lestani ► Les métayers de Taurisson
Le village du Bouyssou, " Le Bouißon": un ténement solidaire en 1745/ Marguerite Guély


Carte de Cassini, exemplaire dit "de Marie-Antoinette", 1756. Village "du Bouißon"
Le village du Bouyssou est qualifié de ténement solidaire à 3 et doit la rente aux Noailles qui ont remplacé les Turenne. Les 3 solidaires sont les 3 propriétaires de terre les plus importants, en l'occurence:
- le sieur Verlhac, procureur du roi,
- le sieur Lescure, avocat à Brive,
- Guillaume Bouissou, praticien (procureur judiciaire) habitant Puy-la-Mouche à Lanteuil.
Viennent ensuite les originaires du lieu qui ne résident pas ou plus forcément là. Au Bouyssou: Jacques Bouyssou dit lo Bessou; Jacques Rigot, laboureur; Pierre Lafeuille, laboureur; Antoine Saule, charron; Etienne Amarzit, tailleur; Jean Bouyssou dit le Bigarat.
Sur une rente qui s'élève à 24 setiers de seigle, 16 setiers d'avoine, 6 poules, 6 journaux de corvée, le sieur Verlhac paie 9 setiers de seigle et 25 quartons d'avoine sur 64 quartons et 2 poules.. Ce qui veut dire que son domaine doit représenter 9/24 des terres et 25/64 des prés.
Les poules sont comptées par foyers tels qu'ils existaient au 15ème siècle, lors du premier arrentement aux paysans.
Il y avait alors au Bouyssou 6 maisons ou feux, avec à l'intérieur des familles élargies. On peut imaginer qu'il s'agissait de familles porteuses du nom de mas, donc de Bouyssou.
En 1745, le sieur Verlhac représente 2 maisons ou feux à lui seul. Lescure: 1 maison, les paysans du lieu se partageant les 3 autres feux. On arrive donc à peu près au même résultat: le sieur Verlhac occupe à lui seul un tiers ou presque du ténement et il l'a mis en métayage.
Cette situation se produit un peu partout avec chaque fois des seigneurs rentiers, des bourgeois propriétaires de gros domaines appelés des boriages et des paysans allant du laboureur ou métayer, sans oublier des artisans.
Dans toutes les familles, il y a des tisserands, ici un tailleur et un charron, des brassiers ou ouvriers agricoles.
La Révolution ne va pas fondamentalement changer les choses. Les bourgeois ont plutôt arrondi leurs domaines. Seuls les biens d'église et ceux des seigneurs, s'ils avaient émigré, ont été partagés.
Charles de Gilibert-Merlhiac, Maire de la commune de Dampniac adresse une lettre au Sous-Préfet accompagnée d’un plan du bourg dressé de sa main.
Depuis quelques années, il a reçu maintes plaintes et pétitions des habitants du bourg pour que soit déplacé le cimetière.
Pour éviter des dépenses considérables, il propose que ledit cimetière situé devant l’église soit déplacé sur le Champ de Mars, c’est à dire derrière celle-ci: « …endroit complètement muré et attenant à aucune habitation ».
Chacun pourra repérer un parcellaire et une voirie autres que ce que nous connaissons aujourd’hui.
Figurent également les allées du cimetière, nombre d’habitations disparues…

Source: Archives départementales de la Corrèze
1815: CHARLES DE GILIBERT, MAIRE DE DAMPNIAT, ETABLIT LA LISTE DES CONSCRITS POUR REJOINDRE L'ARMEE DE NAPOLEON 1ER, PEU AVANT WATERLOO.
Les conscrits Archives mairie de Dampniat/AD19-2020


Les Marie-Louise sont les tout jeunes conscrits de l'armée de Napoléon, baptisés ainsi parce que le décret qui les avait convoqués était signé par l'Impératrice Marie-Louise.
Les conscrits de 1815 correspondent aux jeunes hommes âgés de 20 ans en 1815, donc nés en 1795.
Les conscrits de la classe 1815, alias "les Marie-Louise".
La conscription de 1815, décidée en octobre 1813 avec la signature de l’Impératrice, est retardée jusqu’en janvier 1814
Dans le chaos et le désordre liés à l’invasion, elle est improvisée et ne respecte pas les procédures habituelles de la conscription, plus longues, qui pouvaient prendre plusieurs semaines. C’est une levée d’urgence, du fait des « circonstances impérieuses » et dont dépend « le salut de la France ».
Les instructions données aux préfets par le général d’Hastrel, Directeur général de la Conscription, après le décret du 15 janvier sont très claires. Les listes nominatives des conscrits nés en 1795 sont établies par les maires, les cas d’exemption prévus permettent un ajournement de l’incorporation si les pièces justificatives sont produites et seulement pour les soutiens de famille. La sélection selon les critères physiques sera en principe respectée .
Avec le commentaire suivant : « attendu que la constitution…. Mais il n’y aura pas de tirage au sort. Les opérations se feront au chef-lieu du département et non dans les sous-préfectures, entre le 26 janvier et le 5 février. Les conscrits seront au fur et à mesure envoyés vers les dépôts entre le 26 janvier et le 10 février, car l’objectif est de fournir des soldats le plus rapidement possible. Ils sont expédiés en effet un ou deux jours après le passage devant le conseil de révision.
1879: Jules FERRY vient juste d’être chargé du ministère de l’Instruction publique.
A Dampniat, le projet de construction de la maison d’école se concrétise.
L’architecte Voyer, dans un rapport de cette même année, précise que l’acquisition de diverses maisons appartenant au sieur Monteil est insuffisante et qu’il s’avère également nécessaire pour la commune d’acheter les maisons du sieur Louis Pascal de la Borie Basse, sises à l’emplacement de la route actuelle.
En effet, on remarquera la rectification de tracé de la route principale, celle-ci traversera dorénavant le vieux cimetière encore implanté devant l’église pour jouxter la future maison d’école, comme de nos jours.
La récupération et la réutilisation des moellons des bâtisses à démolir permettra de diminuer singulièrement les coûts de construction de l’école.


Plan de situation pour la construction de la maison d'école.
De la réalité du loup au mythe du loup-garou
"...Qui n’a écouté le soir, à la veillée, des contes ou des « récits du temps jadis » où des loups rôdaient dans des contrées pas si lointaines ? Qui n’a frémi devant un film de loup-garou ?
Loin du Petit Chaperon rouge et de Harry Potter, il est important de replacer la présence du loup en Corrèze dans son contexte historique et de suivre l’évolution des mentalités, depuis la traque sans merci jusqu’à la protection. Comme partout en France, il a laissé des traces dans les mémoires et dans le paysage. En effet, l’histoire de l’homme et celle du loup se sont enchevêtrées, tous deux devant vivre sur le même territoire.
Alors que le loup a été éradiqué en Corrèze dans la première moitié du XXe siècle, la « male bête » est restée dans les esprits, suite à des attaques contre l’homme lourdes de conséquences ; Il ne faut pas pour autant passer sous silence les gigantesques traques et battues auxquelles participaient des villages entiers sous la direction du lieutenant de louveterie, ni les chasseurs individuels récompensés par des primes..."
Archives départementales de la Corrèze, "Le loup en Corrèze, de la male bête à l'animal" 2017




Gravure de Walter Heubach (1865-1923) Maurice Sand (1823-1889), Loups-garous adossés au mur d'un cimetière
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Jean-François Vignaud (IEO) nous parle du loup-garou; enregistrement Dampniat, 16nov2019/ALD - Le lébérou
Marie Gernolles (1903-1989) parle de sa mère Antoinette Mas (1862-1951) et d'Angèle Gaucher et des...loups
Marie & Antoinette habitaient La Francie, Angèle le hameau de Laval. Enregistrement Dampniat, 30déc1981/PB
Quand de nombreux Dampniacois et corréziens partaient aux fins fonds de l'Espagne, à Cadix.
Rappelons simplement que suite à des hivers particulièrement rigoureux ayant détruit la quasi-totalité de la châtaigneraie corrézienne, des centaines de jeunes gens du Bas-Pays -et parmi eux, nombre d'habitants de la Chapelle et de Dampniat- se virent contraints d'aller chercher pitance, voire deniers, sous d'autres cieux. Cadix et son port vivant à cette époque une sorte "d'âge d'or" grâce au monopole du commerce avec les colonies espagnoles du Nouveau Monde, c'est naturellement vers elle que ces candidats forcés à l'émigration tournèrent leurs pas.
Leurs vies connurent, comme il se doit, des fortunes diverses : certains rentrèrent au pays, fortune faite ; d'autres firent souche sur place ; d'autres encore sentirent l'appel d'horizons bien plus lointains… Certains enfin parsemèrent de tombes les étapes de leur éprouvant périple.


Le périple "Dampniat-Cadix", près de 300 h de marche et 1400 km à parcourir. Chantal Sobieniak "Je plains de quitter Cadix"

Liste des 52 migrants dampniacois partis en Espagne au 18ème siècle (Chantal Sobieniak, janvier 2011)
Ô toi qui passe, arrête un instant tes pas…
Franchi le pont sur la Corrèze, la route d'Aubazine s'enfonce subitement dans l'ombre des arbres entre rivière et falaise… Deux cents mètres plus loin, sur le côté droit de la chaussée, une modeste plaque émaillée dans une échancrure de rocher rappelle des faits tragiques.
Une fois l'an, les fidèles du 20 juillet s'en viennent la fleurir et méditer un instant. Le reste du temps, les véhicules qui entament la longue montée vers Aubazine, défilent, pressés et indifférents… Ainsi va la vie, infligeant aux victimes des heures sombres une seconde blessure mortelle, celle de l'oubli …
En ce 20 juillet 1944, le jeune Roger CHABRERIE alias "Electro", 22 ans, a rendez-vous avec son destin.
La 234 ème compagnie de FTP dont il fait partie a un besoin urgent de vivres et de véhicules. Un commando est donc organisé afin d'y pourvoir. Parti d'Argentat, un groupe d'une huitaine d'hommes rallie Aubazine et y récupère du ravitaillement et un vélomoteur. La suite de la mission prévoit de se rendre à la gare d'Aubazine afin de récupérer des camions appartenant aux Ets Cassard et Mons.
Malgré des renseignements préalables ne signalant aucun mouvement suspect, lorsqu'ils parviennent au bas de la descente, les résistants s'avisent qu'un train stationne à la gare, de l'autre côté de la vallée. Parmi les voyageurs, des civils et un nombre appréciable de soldats allemands. Ces derniers -qui ont dû repérer le groupe progressant vers la vallée- ont monté une embuscade, mettant en batterie des mitrailleuses sur les toits de l'usine. Un feu nourri se déclenche soudain. Electro, atteint d'une balle en pleine tête, s'effondre.
Toute défense s'avère impossible, car la gare est encombrée de civils et des enfants surveillés par des femmes, qui s'ébattent dans la Corrèze en contrebas. Les Allemands mettent d'ailleurs à profit leur présence pour avancer vers le petit groupe, sachant pertinemment que les maquisards ne pourront riposter sans risquer d'atteindre l'un d'entre-eux.
Réduite à l'impuissance, une partie des résistants est alors contrainte de se replier vers Aubazine tandis que restant de la troupe s'égaille dans les taillis escarpés dominant la route.
Les Allemands -entourés de civils en guise de protection- parviennent jusqu'au lieu de l'escarmouche, fouillent les poches du mort, s'emparent de ses papiers et de son portefeuille et regagnent la gare en emmenant la camionnette abandonnée par ses occupants.
Peu après, le corps du jeune homme sera récupéré par des résistants locaux et transporté à Dampniat où des femmes se chargeront de la toilette mortuaire.
Le menuisier du village ayant terminé le cercueil durant la nuit, dès le lendemain le corps sera récupéré par son unité et convoyé jusqu'à Argentat de façon à y être inhumé.
Quelques années plus tard, une souscription publique sera organisée qui aboutira à la pose d'une plaque commémorant les tragiques évènements du jeudi 20 juillet 1944.


Commémoration de la mort de Roger Chabrerie, 20 juillet 2018

Dampniat: Photo souvenir de pélérinage à Rocamadour, 1940 /SV/GJ
Debout à l'arrière: Fernande Bésanger, Jean Coustou, Renée Jugie, Cécile de Faucal, Maria Coustou, Marthe Bournat,
Soeur ...., Yvonne Combarelle, Soeur ....., Adèle Pascal, Jeannette Bernardie, Clémentine Vergne, Marguerite Bournat?
Deuxième rang: Germaine Charlot (accroupie), Raymonde Blavignat, Alice Prade, ♀ ?, ♀ ?, Marguerite Coustou (accroupie), ♀?
Assis au premier plan: François Jugie, Joseph Sesso, Etienne Sesso, Georges Boissière (La Renaudie)
Cartes postales et photos anciennes
Vous trouverez ci-dessous plusieurs cartes postales anciennes de Dampniat.
Si vous en possédez d'autres (ou des photos antérieures à 1960) et que vous acceptiez de nous les prêter pour compléter cette collection, merci de prendre contact en mairie.


Les papeteries du Limousin, Claredent. Aujourd'hui boisées, toutes les pentes alentour étaient utilisées pour l'agriculture ou l'élevage.

Dampniat: Vue de la place (épreuve photographique antérieure à 1962)


Dampniat: l'église Saint-Pardoux
A gauche est Marie-Thérèse Valade, future épouse de Joseph Deham, maire de Dampniat.

Confolens: Maison du contremaître de l'usine Cassard ravagée par l'inondation (crue de la Corrèze, 1960)


Dampniat: L'ancienne poste (aujourd'hui cabinet infirmier)

Dampniat: Vue générale du bourg, avec en arrière-plan le Marguinal et la Vigne grande

Dampniat: Vue générale du bourg, avec en arrière-plan "le Puy Clavel", le tout sans stade ni tribune.

Dampniat: Domaine de Merchadour




Dampniat: Vue de l'église avec panneau d'affichage version colorisée...


Dampniat: Vue aérienne du bourg, avec en arrière-plan le village de la Francie et la colline du Peuch, années 1960/PB

Dampniat: Sans le blason actuel dit « de sable à un mont de dix coupeaux d'or, au franc-canton coticé d'or et de gueules de douze pièces »




Dampniat: La place et son "auge avec borne-fontaine" (mars 1897) Borne-fontaine: Adjudication/mars1897
Ainsi était nommée la fontaine qui servait également pour l'approvisionnement en eau de l'école.


Dampniat: Carte postale des années 1970


Dampniat: Vue de l'usine Cassard, du village de Confolens avec en arrière-plan la colline du Peuch et son "Chastelou". (Années 1950)


Dampniat: Vue du bourg avec en arrière-plan la colline du Peuch


Dampniat: Le bourg, vue aérienne rapprochée, années 1960/PB


Dampniat: Carte postale des années 1970 avec l'ancien écusson de la commune.


Dampniat: L'église Saint-Pardoux, la fresque du 15ème siècle, une représentation de Dieu. Année 2000


Dampniat: Vue aérienne du bourg SE-NO

Dampniat: La gare SNCF d'Aubazine, l'usine Cassard avec en arrière-plan le village de Confolens. Années 1920


Dampniat: L'usine Cassard et la confluence Roanne-Corrèze


Dampniat: Vue aérienne du bourg, années 1990


Dampniat: Vue du bourg, depuis le village de la Francie.


Dampniat: La Gare d'Aubazine et l'usine Cassard, années 1950/PB

Dampniat: Vue aérienne du bourg, années 1950/PB

La vallée de la Corrèze, Claredent/PB
A droite et au centre: les papeteries du Limousin; en haut et à droite: la colline du Peuch et le Chastelou.

La gare d'Aubazine et l'usine Cassard à ses débuts; en arrière-plan, le village de Confolens, 1907/PB

Dampniat: l'usine Cassard, vue depuis les hauteurs de Confolens, années 1950/HC

Dampniat: l'usine Cassard à ses tout débuts, années 1910/PB

La gare d'Aubazine, la route nationale 89 et l'usine Cassard en arrière plan. 1917?/PB

Dampniat: l'usine Cassard, 1914/PB
Page en construction (autres cartes ou photos à venir: pourquoi pas les vôtres?)
Autant de "vieux" patronymes et vieux métiers à découvrir...


Annuaire de la Corrèze 1903: Source: Archives de la Corrèze


Annuaire de la Corrèze 1926: Source: Archives de la Corrèze
Ces dramatiques évènements ont eu lieu dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 septembre 1921.
Le récit qui suit reprend quelques extraits de l'hebdomadaire "La République" qui, en particulier dans ses éditions des 22 septembre et 2 octobre 1921, a largement rendu compte des évènements qui ont frappé une grande partie de la Corrèze.
"C'est un véritable désastre qui s'est abattu, samedi, sur notre région. De mémoire d'homme, jamais l'on avait vu pareille chose.
L'eau a commencé à tomber vers cinq heures et quelques coups de tonnerre se firent entendre. A six heures l'orage atteignait une violence plus grande, et à dix heures une trombe s'abattait, épouvantable. Il fallait attendre jusqu'à minuit pour voir le calme revenir un peu, ce qui permit aux personnes qui n'avaient pu rentrer chez elles, de regagner leur domicile.
L'ouragan s'étendait des environs de Tulle à Argentat et du haut de la ville à la plaine d'Aubazine et Brive.
Les plus graves dégâts constatés dimanche sont ceux qui ont atteint la ligne de Tulle à Cornil et la voie (P.O.C.) de Tulle à Laguenne.
La voie ferrée a été coupée à deux kilomètres en amont de la gare de Cornil, au passage sur le ruisseau de Murat. Les matériaux entraînés par les eaux ont obstrué le pont jeté sur ce ruisseau. Elles se sont infiltrées dans les remblais qui ont été emportés sur une longueur de 23 mètres. Plus de mille mètres cubes de remblais sont à rétablir.
Ces travaux ne pourront être exécutés avant une semaine, peut-être davantage, car les ingénieurs n'ont pu encore préciser l'importance des dégâts.
Au passage à niveau de Cornil, la ligne de chemin de fer est obstruée par une quantité considérable de pierres, arbres, terre et matériaux divers, ce qui a empêché les trains de circuler depuis samedi soir, à 10 heures.
Le transbordement des voyageurs se fait de Tulle à Cornil par des camions-autos".
"Le cataclysme a sévi avec une intensité particulière à Aubazine. On a assisté à un spectacle effarent. Le ruisseau du Coiroux, que dominent le célèbre canal et la « Saut de la Bergère », était transformé en une large rivière qui emplissait les gorges, détruisant tout sur son passage. Plusieurs moulins actionnés par ce ruisseau ont été emportés et c'est à grand'- peine que l'on put secourir les habitants bloqués par les eaux mugissantes.
La vallée offre un spectacle de désolation qu'il est impossible de décrire.
M. Laumond, le sympathique maire d'Aubazine, conseiller général de Beynat, que nous avons rencontré, nous narre en termes des plus émouvants, les scènes d'horreur auxquelles il a assisté. Nous savons qu'il est compté parmi les victimes, puisque trois des moulins détruits étaient sa propriété. La consternation est générale. Pendant toute la journée de Dimanche, les lieux sinistrés ont été visités par une foule de curieux qui prenaient part à la peine des malheureux habitants".
Les morts
"A la gare d'Aubazine, les dégâts sont particulièrement importants; on déplore trois morts. La jonction de la Corrèze et du ruisseau de Roanne formait un torrent impétueux entraînant tout sur son passage.
Les bâtiments de la grande usine de M. Cassard ont été saccagés; les habitants et ouvriers y cherchaient un refuge.
Dans un des bâtiments de l'usine étaient logés trois ménages; voyant que l'eau montait démesurément, ils grimpèrent sur un mur qui fut entraîné; trois personnes périrent emportées. Ce sont : Yché, 30 ans, ouvrier d'usine; son fils, âgé de dix mois, dont le petit corps a été retrouvé à Brive, dans un jardin sur le bord de la Corrèze, près de la digue, et Jean Auduval, 14 ans. Le cadavre du petit Yché a été déposé à l'hôpital de Brive; il avait encore son biberon au moment où on l'a retrouvé. Les deux autres cadavres n'ont pu être retrouvés.
La femme Yché doit son salut à ce fait qu'elle s'est accrochée à un arbre où elle a été retrouvée plusieurs heures après, ballotée fortement par l'ouragan".
La troisième victime retrouvée
"Nous avons dit que le corps du malheureux Yché René Jean, qui périt si tragiquement à l'Usine Cassard, à la gare d'Aubazine, au cours de l'inondation du 18 courant, en même temps que son petit enfant, et le jeune Auduval, avait été retrouvé lundi soir au barrage de Claredent.
Le cadavre se trouvait pris dans les racines d'un arbre arraché par les eaux et émergeait en partie. On ne pouvait l'apercevoir de la berge et c'est un batelier qui le découvrit. Pour le dégager, il fallut ouvrir les vannes de l'usine, afin de baisser le niveau de l'eau. Transporté à Brive, dans sa famille, ses obsèques furent fixées au mercredi 28 à 15 heures. Comme pour son enfant, elles ont eu lieu aux frais de la ville et ont revêtu un caractère officiel".
LA TOUTE PREMIERE POSTE, AVANT GUERRE


La toute première poste a été créée à Dampniat grâce à la volonté et à la persévérance de la municipalité d'alors et de son maire Martial Taurisson. Elle se trouvait à l'arrière de la salle des fêtes, rue de la Fontaine du Puits, au sortir du "petit chemin" qui permet de rejoindre la route du Bouscailloux. Au-dessus du linteau de la porte d'entrée, on en voit encore sur fond blanc l'inscription "DAMPNIAT", avec peut-être en-dessous l'écriture "CAISSE D'EPARGNE ET DE PREVOYANCE". A la fermeture de ladite poste, le bâtiment, alors propriété de Joseph Deham, a été occupé par M. Henri Saint-Peyre jusqu'au décès de ce dernier en septembre 2011. La première poste n'a fonctionné que quelques années jusqu'à sa fermeture définitive en 1936. Les receveurs et facteurs successifs ont été Marcellin Martinie, Louis Rathonie et M. Bourbon (?). /SJ-JM



La toute première poste, rue de la Fontaine du Puits, oct20/PB


Lettre de la préfecture de la Corrèze en date du 18 mai 1918
relatant la première demande d'ouverture du bureau de poste de Dampniat dans le bourg ou dans les "locaux offerts par M. Golfier". / archives Y&SJ


Extrait de la délibération du conseil municipal du 15 janvier 1922, sous la présidence du maire Martial Taurisson.
L'objet en était toujours et encore le transfert à Dampniat de la poste située jusqu'alors dans les locaux de la gare d'Aubazine/ archives Y&SJ

Feuille de statistiques de l'activité financière du bureau de poste de Dampniat, 1936/archives Y&SJ
LE "NOUVEAU" BUREAU DE POSTE, avenue Edouard Vialle
Par la suite, un nouveau bureau de poste a été construit avenue Edouard Vialle, au rez-de-chaussée de l'actuel cabinet infirmier.
Sa construction s'est achevée en 1936 pour 70 ans de bons et loyaux services postaux à la population.
Une inscription gravée en façade indique : " P. Taurisson, maire - P. Verlhac, architecte - L. Conche, entrepreneur - 1936 -" Nb: Ci-dessous en rouge.
La nouvelle poste a été inaugurée en 1937 "en présence d'officiels", autour d'un banquet offert par la municipalité d'alors et son maire Pierre Taurisson.
Sa construction a été possible notamment via un emprunt de 50 000F souscrit auprès des habitants de la commune.



La "nouvelle poste" de Dampniat, avenue Edouard Vialle, 1936/PB Cachet de 1942, poste de Dampniat
Aujourd'hui, l'agence postale communale vous accueille en mairie. ► La Poste
Qui de Dampniat et des environs n'a eu de parents ou d'aïeuls qui n'ont pas travaillé "chez Cassard" ou "chez Labro"?
Mémoire de la papeterie et cartonnerie, histoire de l'entreprise, interview de Jean-Louis Baffet


M. Gaston Cassard, industriel, propriétaire d'une manufacture prospère de papiers ondulés située en région parisienne, fait l'acquisition du moulin de Favarel, sur la commune de Dampniat, route d'Aubazine, le 06 décembre 1906.
Il y fait construire une papeterie avec laquelle il approvisionne régulièrement en papier paille l'usine sise rue de Crimée à Paris (XIXème arrondissement). Dans un contexte économique favorable, Gaston Cassard décide de construire en 1929 une nouvelle papeterie à Vernon dans l'Eure pour seconder l'usine d'Aubazine dans l'approvisionnement des ateliers de l'usine parisienne.
A son décès, le 27 février 1938, son fils Jean prend sa succession, épaulé par son frère Roger, nommé responsable du service commercial.


L'entrée en guerre stimule les commandes et propulse la société Cassard au rang des plus importantes cartonneries fournisseurs des armées. Cependant, l'occupation allemande perturbe l'activité industrielle par la pénurie de papier et le contrôle sévère exercé par les Allemands et le gouvernement de Vichy. En 1944, la société est confrontée à de nouvelles inondations et le matériel de la papeterie d'Aubazine sera renouvelé entre 1952 et 1959.
En 1951, au décès de Jean Cassard, Roger prend la direction de l'affaire familiale. Il fait rentrer son fils Denis au sein de l'entreprise qui est alors en plein essor, l'effectif atteignant 125 employés.
La société Cassard continue de prospérer jusqu'en 1965, date à laquelle elle est revendue pour des raisons familiales à la société Lafarge-Emballages. Le 27 novembre de la même année, cette nouvelle entreprise dénommée" Papeterie-cartonnerie d'Aubazine" fusionne avec la société Crest dans la Drôme. En mai 1966, cette union donne naissance à la société "Ondulrex-Aubazine" dont Denis Cassard devient le président directeur général. Un grand groupe papetier "La cellulose du pin" crée, le 22 juillet 1965, la société continentale du carton ondulé "SOCAR" qui regroupe six entreprises adhérentes : "Walton et Place", "MCCO", "MEM", "SIDEX", "Cartonneries Soustre" et "Cartonneries de Champagne".
L'usine de Dampniat, "Ondulrex-Aubazine", décide de rentrer dans ce groupement en 1966 pour former une confédération de sept partenaires. Cette confédération connaît des difficultés avant d'être dissoute fin 1968 et remplacée par une société nommée également "SOCAR" dont Charles Cathala (✝ avril 2020) endosse progressivement la fonction de président directeur général. Denis Cassard devient alors secrétaire général de la "Cellulose du pin" en lieu et place de ses responsabilités à la tête de "Ondulrex-Aubazine".
La papeterie devient un établissement partenaire de "SOCAR" le 1er janvier 1974. À la fin de cette même année, l'entreprise emploie près de 3 000 salariés dont 172 sur le site d'Aubazine qui produit 10 111 tonnes de papier.
Une première vague de 18 licenciements économiques intervient le 27 juillet 1977. En août 1994, la société "SOCAR" est rachetée par une multinationale irlandaise "JEFFERSON SMURFIT" et devient "SMURFIT-SOCAR". En mars 2005, les activités papeterie et cartonnerie sont séparées ce qui entraîne la création de "Smurfit Papier Recyclé France".
En décembre 2005, l'union avec le groupe papetier "KAPPA" forme la société "SMURFIT KAPPA". Les usines d'Aubazine et d'Uzerche deviennent "Smurfit Kappa Papier Recyclé France".
Un plan social aboutit à la fermeture de l'usine de Dampniat le 22 mai 2006 à 9h24.
En un siècle d'existence, ce sont plus de 700 personnes qui ont travaillé sur le site de Dampniat.
En 2008, la Communauté d'agglomération de Brive (CAB) achète l'ancienne papeterie et décide d'en faire une zone dédiée aux énergies vertes avec, dans un premier temps, la réhabilitation de la centrale hydro-électrique. La suite sera en fait tout autre.
Origine : Collecte réalisée en 2008 par les Archives départementales de la Corrèze en relation avec Jean-Louis Baffet (SMURFIT)
Mémoire de la papeterie et cartonnerie , interview de Marie-Josée Farges, secrétaire à la papeterie, employée de novembre 1954 à janvier 1993
Enregistrement AD19/2008/partie1
01: Présentation et entrée dans l'usine
06: Les responsables de maintenance et les contremaîtres
09: Composition et provenance du personnel
10: La gestion de la paye et des horaires
11: Les relations avec le personnel et la direction
13: Les évènements de mai 1968
14: Le temps du travail: horaires et congés
16: Les conditions et accidents de travail
17: Les autres activités des employés
18: Le passage à l'informatique et les relations avec le siège
19: Evolution de la gestion et de la distribution des salaires
Enregistrement AD19/2008/partie2
21: Les grèves et les conflits
22: Les souvenirs des meilleures périodes
23: Le vécu de la fermeture du site en 2006
24: Le travail de son fils et de son mari à l'usine
25: L'ancien agencement du site
26: Le système du pointage et la gestion des horaires
Bref historique du site de Claredent (Clairedent)
Sur le site de Claredent, la force motrice de l’eau est utilisée depuis le Moyen-âge. D’abord équipé d’une une roue verticale pour entraîner des meules à grains, le moulin à farine s’est ensuite converti en papeterie au XVIIème siècle, puis en conserverie au XIX et XXèmes (l'usine Labro), pour finir par devenir une centrale de production hydroélectrique au XXème. Le site est abandonné dans les années 70 puis à nouveau réhabilité dans les années 90, il produit pendant 20 ans de l'électricité avec deux turbines pour une puissance totale de 93 kW.
Si elle était restée performante, cette centrale vient de faire en 2018 un bond technologique avec l’équipement d’une turbine Kaplan immergée et une basse chute d’une puissance nominale de 300 kW. Ce nouvel équipement proposé par le Groupe VALOREM permet d’optimiser au mieux les capacités du site en installant une turbine directement dans le seuil, sans nuisance acoustique, ni d’impact sur l’évacuation des eaux en période de crue.
Qui de Dampniat et des environs n'a eu de parents ou d'aïeuls qui n'ont pas travaillé "chez Cassard" ou "chez Labro"?
Mémoire de l'usine Labro, propos de Marie Gernolles


Marie Gernolles (1903-1989) habitait le village de la Francie. Comme de nombreux(ses) autres habitants(tes) de Dampniat, elle a travaillé à l'usine Labro de Claredent.
Elle y est restée de 1938 jusqu'en 1964, date de fermeture définitive de l'établissement. Enregistrement: 30déc81/PB Chez Labro
Elle relate ici des faits et souvenirs se situant vraisemblablement au sortir de la seconde guerre mondiale.
Mémoire de l'usine Labro, interview de Mr Alain Boël


Entête de facture de l'usine Labro/1941
Alain Boël (né en 1947) a habité d'abord à "l'annexe Labro", puis à la cité de l'usine jusqu'en 1965. Il raconte ici ses souvenirs d'enfance.
Enregistrement 14oct20/PB
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01: Les logements successifs de la famille (≈1'24")
02: Le travail de Marcelle & Fernand, les parents d'Alain Boël (≈2')
03: Souvenirs de Noëls à l'usine (≈1')
04: Le train utile à l'entreprise (≈2'10")
05: Qui de Dampniat travaillait à Claredent (≈2'03")
06: La relation patron-employés (≈36")
NB: Edmond Fernand Labro est né à Brive le 8 février 1899 de Pierre Labro et Louise Pouygarant.
07: Production, emplois saisonniers et transports (≈3'13")
08: Manutention et mécanisation (≈1')
09: Responsables et "figures" de l'usine Labro (≈3'48")
10: Les inondations de 1960 (≈6')
NB: Au soir du 4 octobre 1960, le débit de la Corrèze (bassin versant: 947 km²) à Claredent était de 750m³/s. Jean Perrel, 1961
11: Histoires de voitures (≈1')
NB: La voiture Ford Comète de Fernand Labro est un luxueux coupé dérivé de la Vedette qui a été produit à partir de 1951.
12: Parties de pêche (≈1'15")
13: Mère, père, patron et ouvriers après la fermeture (≈2'50")
Erratum: Fernand Labro a eu 2 filles: Jacqueline et Yvette. Jacqueline a épousé Jacques Cassard, petit-fils du fondateur de l'usine Gaston Cassard,
Yvette s'étant mariée quant à elle avec un chemisier de Brive: Mr Lachèze. /JM
14: Le site de Claredent après 1964 (≈1'45")
NB: Après 1964, le site a été occupé successivement par l'entreprise UNA (stockage alimentaire)...
puis par l'entreprise Teyssier (traitement de bois de noyer pour la fabrication de crosses de fusils), évoquée par Alain Boël./DR
Mémoire de l'usine Labro, propos de M. Denis Garde, neveu de Fernand Labro
Recueillis le 02 février 2021/PB


Fernand Labro /± 1960 /Photo Denis Garde
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"C'est tout à fait par hasard et avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert les mémoires de Monsieur Alain Boël concernant l'usine Labro.
Je suis le neveu de Fernand Labro, c'est à dire le fils de la sœur de Lucienne Labro, son épouse.
Je n'avais que 7 ans en 1960, et je me rappelle parfaitement de l'usine que "tonton Fernand" me faisait visiter chaque fois que je venais à Claredent. C'était pour moi un moment extraordinaire.
Je pense que je pourrais refaire le plan de l'usine de mémoire !
Les turbines tout au fond, une Kaplan et une Pelton, qui me fascinaient (et me terrorisaient!), l'atelier de fabrication des boîtes à l'étage, les autoclaves et les marmites en cuivre au rez-de-chaussée, le camion électrique (déjà !), le Fenwick qu'on conduisait debout avec la station de charge en face des bureaux.
Que de souvenirs!
Et les trains à vapeur qui venaient derrière la villa en sifflant...
Malheureusement, les inondations de 1960 ont signé la fin de l'histoire, les bureaux et la comptabilité sont parties dans la Corrèze.
Mon oncle Fernand a passé beaucoup de temps et d'énergie à essayer de reclasser ses employés à la suite de cette catastrophe.
Petite correction, sa voiture était une Ford Comète, la version coupé de la Vedette, et la caravane appartenait à mes parents qui la stockaient là pendant la mauvaise saison.
Il a habité quelques années à Chevrecujols, avec une plantation de pommiers et quelques moutons et y est décédé au début des années 70.
J'ai habité avec ma tante par la suite dans cette maison de Chevrecujols, étant élève à Cabanis, et habitant Tulle.
Je suis ému et heureux que mon "tonton Fernand" ait laissé un bon souvenir à son personnel.
Merci à vous d'avoir recueilli ces mémoires et merci à Monsieur Alain Boël".


Erection d'un arbre de mai en l'honneur du mariage (?) de Henri Guillot, Claredent, commune de Dampniat, 1947
Henri Guillot -Monsieur Henri comme l'appelait les employés(es) de l'usine- était bien connu des nombreux Dampniacois qui travaillaient "chez Labro". Il était le neveu du patron de l'usine Mr Fernand Labro et dirigeait la conserverie aux côtés de son oncle. Henri Guillot aurait été à l'origine de la Clinique rose, aujourd'hui clinique St Germain.
Mémoire filmique de Nouvelle Aquitaine: un mai à Claredent

La salle des fêtes a été construite en 1962 et 1963, son inauguration ayant eu lieu à l'occasion de la fête votive du 15 août 1963.
Ci-dessous quelques articles du journal Centre Presse (éditions du 18.05.1962 et 12.08.1963)
NB: Sur les vidéos (onglet "Activités à l'affiche/comité des fêtes"), on peut apercevoir l'avant salle des fêtes, à savoir le jardin de l'école qu'elle a supplanté.





Extraits de la vidéo de la fête votive du 15 août 1960 /CS-L
"...Tôt le dimanche matin, le jour de la fête était rappelé à tous par des tirs de bombes assurés par René Pascal puis par son fils Charles, tirs invisibles mais ô combien assourdissants. Les premières musiques retentissaient alors discrètement sur la place.
Dans les maisons, repas de famille oblige, chacun s'affairait à parachever la préparation du repas de midi largement entamée depuis la veille.
Le repas du 15 août était l'occasion parmi toutes de faire bombance, au grand désespoir des enfants qui ne souhaitaient que pouvoir quitter la table au plus tôt. L'après-midi, il était inconcevable de ne pas aller tous ensemble dans le bourg pour se retrouver, échanger, jouer, danser et pour rien au monde râter le défilé de chars. A la nuit tombée, venait le temps du très attendu feu d'artifice tiré à proximité de chez Baronie ou de chez Blavignat.
Quant au lendemain de la fête, les enfants se faisaient un dernier plaisir: celui de récupérer -discrètement- sur "le champ de tir du feu d'artifice" quelques pétards encore utilisables et autres mini parachutes bleus de fusées..."
Lâcher de montgolfière à l'école Défilé de chars avec Georges JaliniéDéfilé en musiqueMarcel Sudrie le mage
Lâcher de montgolfière en musiqueCérémonie au monument aux morts avec le maire Joseph Deham
Extraits de la vidéo "LES SECRETS DE DAMPNIAT", réalisation avril 1996, Comité des Fêtes de Dampniat
"...Dampniat est une commune rurale en Corrèze. Cette définition et les chiffres qui l'accompagnent sur les registres administratifs ne permettent pas à eux seuls de comprendre Dampniat. Une commune rurale ne se résume pas à un plan cadastral, aux résultats d'un recensement, ni même aux jolis paysages qui encadrent un bourg rassemblé autour de son église. Une commune rurale est avant tout l'Histoire collective que tissent chaque jour ses habitants, depuis des siècles parfois; depuis le jour lointain où l'un de leurs ancêtres s'est arrêté sur ce coin de colline et a décidé d'y vivre.
Cette histoire simple et vraie est une histoire qui s'écrit tous les jours et disparaît d'habitude avec le temps et la mémoire des anciens.
Les habitants de Dampniat, tout au moins ceux des années 1990, ont souhaité fixer sur une cassette l'image qu'ils avaient de leur commune. Celle-ci permettra que leurs petits enfants aient le bonheur de savourer demain la vie qui est pour nous celle d'aujourd'hui et qu'ils appelleront peut-être "le bon vieux temps".
Le conseil municipal réuni au printemps 1995 autour d'Antoine de Faucal, maire.
Par ordre d'apparition: Daniel Roche, Lucien Larivière, Jean Vergne, Antoine de Faucal, Paul Beynet, Pierre Vialle, Jean-Pierre Boissière, Christian Boisserie
Par ordre d'apparition: Christian Boisserie, Jean-Pierre Boissière, Pierre Saule, Pierre Malbernard (arrivant), Paul Beynet, Jean-Louis Sourzat, Pierre Vialle, Jean-Pierre Boissière, Christian Boisserie
Par ordre d'apparition: Côté opposé des conseillers déjà cités: Pierre Vaurie, Jacques Pailler, Daniel Roche, Lucien Larivière, Pierre Malbernard, Jean Vergne
Chasse en cours : une battue au renard, année 1995
L'heure du rendez-vous Avec les chiens Au pas de course
La Boule dampniacoise: Concours de boules, mai 1996
René Ginez Alain Soleilhavoup Remise de coupes
ASD Rugby: Le "Show Lap" du club, soirée "cabaret" à la salle des fêtes, 1995
Jean-Louis Sourzat Le ballet Jean-Pierre Boissière
Après les foins, l'étable, 1995
7 à charger la charrette La pause Pierrot Saule de la Renaudie
avec Louis Seignolle, Antoine de Faucal, Pierre Lachèze, Bernard Grelou, François Jugie, Pierre Saule, Marcel Monteil
Extraits du film "LA NOUVELLE VENUE", réalisation Jean-Marie Marcel, 1970, avec Emile Barbary, Lucien Fouillade, Maurice Duroux et Hortense Jalinié
Emile Barbary (Milou), Lucien Fouillade (Lulu) et Maurice Duroux jouent ici en terrain de connaissance. Ils ont cofondé le tout premier GAEC de
Corrèze


Dampniat: Grange du Juge, novembre 2017/PB
Elise Borie et ses presque 97 printemps a habité des décennies durant à la gare d'Aubazine. Elle a bien connu la période de la guerre et les bals clandestins sous l'Occupation qui constituent le thème de la superbe exposition organisée récemment à Saint-Hilaire-Peyroux.
Qui parmi les anciens de Dampniat ne la connaît pas ? Que ce soit dans ses relations de bon voisinage, ou mieux en se remémorant les parquets clandestins de Dampniat qu'elle évoque avec une mémoire et une justesse remarquables.
Sur la commune, ils sont encore plusieurs, comme elle, à se souvenir de ces temps sombres de la guerre où l'amusement a été quasi prohibé dès 1940.
Ce type d'interdit conduit la plupart du temps à la transgression. Emile Barbary, 90 ans, se souvient parfaitement des bals organisés dans sa grange du Bos Viel.
Renée Briat, 92 ans, évoque avec une certaine nostalgie la grange Vialle des Tertres au bas de La Font Grande où elle a connu son mari Paul qui était jusqu'à ce 30 septembre dernier le doyen de la commune : le top départ de plus de 70 ans de mariage !
Ces granges où l'on a largement dansé au son de l'accordéon de Charles Pascal ou Marcel Gautherie sont encore debout, bien qu'aujourd'hui envahies par la végétation ou tout simplement transformées. De mémoire d'anciens, elles se situent à Laval, au Bos Viel, au Petit Cayre, au Juge et à La Font Grande.
Elise Borie se souvient d'un bal à Laval au cours duquel trois maquisards inconnus des jeunes d'alors avaient fait irruption au bruit de leurs mitraillettes, faisant la quête auprès des hommes et demandant aux jeunes femmes présentes de leur tricoter des chaussettes, ce dont elle s'était acquittée sans difficulté.
Pauline Vérine (1902-1990), gouvernante et amie de l'écrivaine Colette (1873-1954)





Pauline Vérine aux côtés de Colette Colette & Pauline, Henri Cartier Bresson, 1946
Si nombre de Dampniacois connaissent la famille Vérine du village de Lacoste, peu savent la vie d’exception qui a été celle de Pauline Vérine aux côtés de l’écrivaine Colette : presqu’une quarantaine d’années, de 13 à 51 ans en tant que gouvernante aux côtés de celle pour qui elle est devenue petit à petit une amie, une intime.
Alors, parler de Pauline, c’est aussi parler de Colette femme et écrivaine qui repose depuis 64 ans au Père-Lachaize alors qu’elle, a rejoint depuis 1990 la tombe familiale du cimetière de Dampniat.
Parler de Pauline, c'est se replonger dans l’ambiance de l’époque : la place de Dampniat, la vie familiale à la papeterie du Limousin de Claredent, le château de Castel Novel aux côtés de la famille de Jouvenel avec la petite Bel Gazou, fille de Colette, des images de sa vie parisienne, de l’Académie Goncourt et la rencontre avec ses illustres membres, autres poètes et présidents de la République dont Raymond Poincaré. S’en est suivi le séjour au château de Curemonte, alors propriété de Bel Gazou où Colette et Pauline sont revenues dans les années 40.
C'est aussi revivre les obsèques nationales de Colette au Palais Royal, une cérémonie alors très au premier plan, tout comme Pauline l’était ce jour-là.
Cela se passe sur la place de Dampniat pendant la Grande Guerre. Un groupe de gitanes venues danser et chanter devant les jeunes du village avait alors proposé de lire les lignes de la main à chacune des jeunes filles présentes.
Il aurait été alors dit à Pauline : « Toi petite, je ne sais où ni comment, tu auras une vie hors du commun. Parmi des gens de lettres, tu rencontreras des personnes très célèbres du monde entier, des écrivains, des artistes et des présidents de la République. » /CR&PB





