Eglise Saint-Aquilin
Au sommet de la butte au centre du village (classée monument historique par arrêté 12 juillet 1886) – Par sa position privilégiée sur un promontoire, l’église de Fontenay est visible de loin et marque fortement le paysage urbain du village. C’est l’une des églises les plus imposantes de tout le pays de France, mesurant 42 m de long dans son axe, et atteignant 44 m au sommet de sa flèche. De style gothique, elle possède toutefois un clocher roman du tout début du xii° siècle, et le mur méridional du bas-côté sud provient encore d’un édifice précédent de la fin du XI° siècle. Sinon, l’église réunit une nef bâtie entre 1220 et 1240 à un chœur à déambulatoire du XIII°siècle. La Renaissance a seulement apporté un édicule au nord-ouest de l’église, servant actuellement de chapelle baptismale, et la reconstruction du déambulatoire.
Dédicacée en 1451, elle est dédiée à saint Vincent car il y eut des vignes dans le terroir jusqu’au XIIIe siècle (des lieu-dit en font état : les Vignes ou Bruilles, ‘le Bois mort vignoble), et à saint Aquilin, patron du lieu, 12e évêque d’Évreux au VII° siècle, dont les reliques y furent transférées. La possession d’un morceau de la vraie croix n’explique pas seule l’importance de l’édifice. Fontenay fut un gros bourg avant d’être ruiné par les guerres de religion et par la Fronde, puis décimé par l’épidémie de peste de la sombre année 1694. Les registres portent cent-vingt-neuf morts, mais une plaque dans l’église en mentionne plus de trois cents.
Le 14 septembre étant également jour de l’exaltation de la Sainte-Croix, cette fête attirait de nombreux pèlerins, car l’église abritait alors une relique de la vraie croix de Jésus-Christ, malheureusement disparue à la Révolution. C’est en effet à Fontenay que fût d’abord déposée la croix rapportée de Jérusalem au XIII° siècle avant d’être transportée à Saint-Cloud. Les pèlerins en profitaient pour acheter les superbes dentelles de soie au point de Chantilly fabriquées au village. Après la Révolution, avec la disparition du clergé et de la noblesse, la dentellerie connût son premier ralentissement avant que la mécanisation ne sonne son glas au XIX° siècle.

