HISTORIQUE

La fondation du village remonte sans doute au Haut Moyen-Age et est vraisemblablement lié  à une installation de populations autour d’un grand domaine rural, comme c’est le cas pour la plupart des communes qui contiennent le mot « menil ».  Cependant, les premières traces d’Hérimenil dans les textes anciens remontent au XIIe siècle. Son nom apparaît sous la forme « Amermasnil » en 1130 et évolue sous les formes suivantes : Hamermasnil (1135), Harimasnil (1223), Herimesnil (1399), Harimesnil (1413, Hariesmesni (1476), Herymesnil (1538). Son histoire s’intégre dans celle de la Lorraine au Moyen-Age et durant l’époque moderne.

Les registres paroissiaux les plus anciens retrouvés datent de la fin du XVIIe siècle, aux alentours de 1690. C’est au XVIIe siècle que naît à Hériménil Nicolas HERMAN qui deviendra célèbre en tant que frère convers des Carmes sous le nom de Frère Laurent de la Résurrection.  Celui-ci fit une brillante carrière religieuse en Lorraine puis à Paris.  Au début du XVIIIe siècle, le village apparait comme un hameau de la paroisse de Rehainviller.  Elle est mentionnée comme une annexe de celle-ci au même titre qu’ Adomenil. Une tradition locale raconte qu'à l'époque de Stanislas Leszczynski, alors duc de Lorraine, le village aurait souhaité être rattaché à la France. Une délégation de paysans aurait demandé à la reine Marie Leszczynska, fille de Stanislas et reine de France, de faire en sorte que le village soit « en France ».  La reine aurait répondu aux paysans : "d'accord pour Hériménil en France" et le roi LOUIS XV , son mari, aurait validé cette promesse. Par la suite les paysans furent désagréablement surpris en constatant que les impôts en France étaient encore plus lourds qu’en Lorraine. Cette histoire n’étant pas vérifiée, nous pouvons, à coup sûr, indiquer que la commune a au moins été, comme le reste de la Lorraine, rattachée à la France en 1766.

Durant les débuts de la Première Guerre Mondiale, le village connaît ses pages les plus sombres. Le 24 août 1914, les troupes allemandes arrivent à Hériménil. Le 29, le capitaine qui dirige les soldats ordonne que la population du village soit enfermée dans l’église pendant quatre jours. Mécontent de constater qu’une habitante a été autorisée à sortir pour aller chercher du lait, il indique   « Je ne voulais pas qu'on ouvrît la porte. Je voulais que les Français tirassent sur leur propre peuple ». Pendant ce temps, les Allemands se livrent au pillage du village et à l’incendie de plus de vingt maisons au pétrole. Plusieurs habitants sont abattus car étant jugés trop lents à obéir aux ordres donnés. Mme WINGER fut abattue devant chez elle avec ses trois domestiques. M. BOCQUEL, resté chez lui et refusant de quitter sa maison fut également fusillé, tout comme M. FLORENTIN, sans doute abattu en raison de sa surdité qui l’empêcha de comprendre les exigences de l’occupant. Finalement, le 2 septembre, un obus français tomba sur l’église et fit entre 22 et 24 victimes. Des familles entières furent décimées. En plus du monument aux morts, une stèle fut également érigée dans le cimetière pour garder la mémoire des victimes civiles du village en 1914. L’église fut reconstruite dans les années 20 grâce aux réparations de guerre versées par l’Allemagne.

 

Evolution démographique de la commune depuis 1793 :

1793

227 habitants

1806

375 habitants

1836

486 habitants

1856

541 habitants

1886

467 habitants

1921

310 habitants

1954

341 habitants

1982

530 habitants

1999

812 habitants

2011

965 habitants

2023

894 habitants