Jeanne notre cloche de l'Eglise centenaire
Cette année, une grande dame d’Izel fête ses 100 ans. Elle s’appelle Jeanne et tous les habitants de la commune, sans exception, la connaissent. Il s’agit de notre cloche.
La précédente datait de 1809 et pesait 1100 à 1200 kg. Elle fût refondue en 1923, donnant naissance à Jeanne qui, le jour de son baptême, le 17 juin 1923, accompagnée de son parrain Raymond Delannoy et de sa marraine Jeanne Delrue, débuta une nouvelle vie. Car oui, telle était la tradition, dans la religion chrétienne, de baptiser les nouvelles cloches et de leur attribuer un parrain et une marraine qui lui choisissaient le nom d’un Saint. Puis érigée au sommet de notre majestueux clocher, à 52 mètres du sol, elle commença à faire retentir sa belle voix timbrée sur tout son village et bien au-delà. Sonnant bien sûr la messe du dimanche et l’angélus trois fois par jour pour rappeler à ses fidèles, qu’ils soient chez eux ou au travail en plein champs, l’heure ainsi que la prière quotidienne. Sa vie durant, elle accompagne les Izellois lors des plus grands moments de leur existence, sonnant à la volée lors de leur baptême et de leur mariage et le glas lors de leur enterrement.
Mais la nuit du 21 février 1967, un accident grave aurait pu avoir raison d’elle. Une violente tempête s’abat sur la région venant à bout de son clocher qui s’écroule sur lui-même, entrainant Jeanne dans sa chute. Elle fût retrouvée miraculeusement intacte dans l’immense tas de gravats. Face à cette catastrophe, l’émotion et la tristesse envahissent le village. Très vite elle est alors dégagée des blocs de pierres et accrochée à un bâti provisoire, construit par un volontaire, Marius Grislain, juste à côté des ruines. En attendant un nouveau clocher, elle peut alors se remettre à sonner comme avant, du lever jusqu’au coucher du soleil, apportant ainsi du réconfort aux cœurs meurtris des Izellois.
Une nouvelle église fût reconstruite en 1972 mais sans clocher… Jeanne conserva alors sa place juste à côté de cette dernière, presque à même le sol, mais ne croyez pas qu’on l’entend moins pour cela ! Désormais chacun peut à la fois l’entendre et admirer ses impressionnants battements, car il s’agit bien là d’un spectacle peu courant !
Aujourd’hui, elle appelle toujours ses Izellois chaque matin, midi et soir et continue d’annoncer les messes et les grands évènements de la vie. Que l’on soit croyant ou non, elle rythme notre quotidien et nous ne pouvons désormais plus nous passer de cette voix si familière, agréable et bien aimée.



