Monument aux morts
LIEU
Monument aux morts de la Première Guerre mondiale
Auteur: Philippe Crabé.
La commune a inscrit 9 noms des siens « Morts pour la France » sur son Monument aux Morts.
Tous les mobilisés ont subi des traumatismes effrayants dans leur tête et dans leur corps vu les conditions de vie au front. Parmi les "revenus” les blessés sont nombreux : amputés, défigurés, porteurs d’éclats d’obus, gazés, démolis psychiquement...
Au village ne restaient plus que les femmes, les enfants et les hommes non mobilisables. Ce sont eux qui ont fait vivre les fermes, les commerces ou les ateliers. Tout en ayant la peur au ventre de voir arriver un porteur de l’avis de décès du mari, du fils ou du frère. Tout en espérant l’arrivée de lettres et de cartes postales de leur poilu.
Le monument aux morts comporte une dalle de marbre où les noms et prénoms des Morts au Champ d’Honneur sont gravés.
Ils ne sont classés ni dans l’ordre alphabétique, ni dans celui des années de décès, ni dans celui des millésimes de naissance. Par contre les 3 premiers cités sont de la même famille.
Après la liste on peut lire : « Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu’à leur cerceuil (sic) la foule vienne et prie ».
La dalle est entourée d’un cadre de pierre d’Arudy joliment travaillée. Le bas du cadre est. un bac à fleurs.
Sur l’élégant frontispice on lit :
« AUX ENFANTS DE CASTETNER MORTS POUR LA FRANCE ».
L’ensemble est accolé sur un pan du mur extérieur du chœur de l’église Sainte Madeleine.
Le 23 novembre 1952 le Conseil Municipal :
« considérant que neuf enfants de la commune de Castetner sont morts pour la France pendant la grande guerre 19141918, qu’aucun monument n’a jamais été élevé dans la commune, à leur mémoire.
Décide pour commémorer leur souvenir, d’ériger une plaque commémorative qui perpétuera leur héroïsme.
Cette plaque sera placée sur la face Est de l’église.
Vote à cet effet la somme de 60 000 francs, qui sera prise sur les fonds libres de la commune ».
L’INCORPORATION ET LA MOBILISATION :
En temps de paix, tous les hommes ayant 20 ans la même année (la classe), étaient obligés de passer devant le Conseil de Révision. Chacun était déclaré "Bon” ou "Exempté”. Ceux qui étaient aptes étaient « incorporés » dans l’armée l’année suivante, pour 2 ou 3 ans suivant les époques, pour apprendre le métier de soldat. A l’issue de ce service militaire, ces garçons rentraient chez eux. En cas de conflit, ils devenaient « réservistes disponibles» jusqu’à 34 ans. Ils pouvaient être convoqués pour faire des « périodes » de quelques semaines pour mettre à jour leurs connaissances militaires. Puis ils sont classés dans la « territoriale » jusqu’à 48 ans.
LES MORTS POUR LA FRANCE
Les « Morts au Champ d’Honneur » inscrits sur la plaque de marbre ne sont ni dans l’ordre des dates de décès, ni dans l’ordre des dates de naissance.
ANDRIBET Joseph
Né le 8 août 1892 à Castetner, domestique, fils de feu Jean Andribet et de Marie Tauzi dite Lonné, domiciliés à Castetner.
Incorporé le 19/10/1914 au 43ème régiment d’infanterie. Passé au I44ème régiment d’infanterie le 25/2/1915. Passé au 6ème régiment d’infanterie le 26/2/1915. Passé au 175ème régiment d’infanterie le 27/21915. Nommé caporal le 7/7/1915.
Tué à l’ennemi le 13 juillet 1915 à Sedd-Ul-Barh (détroit des Dardanelles, Turquie) l’année de ses 23 ans.
citation à l’ordre du régiment : « Installé avec quelques hommes dans un poste découvert, en avant de leur Compagnie, sont restés 12 heures, sous un feu violent d'artillerie et de mousqueterie, sans avoir été ravitaillé, donnant ainsi un bel exemple d’énergie ».
BARRUÉ Henri
Né le 15 novembre 1889 à Castetner, cultivateur, fils de Pierre Barrué et de Marie Palé- Halé, domiciliés à Castetner.
Incorporé le 5/10/1910 au I8ème régiment d’infanterie. Rendu à la vie civile Je 25/9/1912. Mobilisé le 2 août 1914. Au front le 6/8/1914.
Décédé le 10 septembre 1914 à La Ville-aux-Bois, Bruys (Aisne) dans sa 25ème année.
« La somme de 150frs a été payée à titre de secours le 10 avril 1916 à M Barrué, demeurant à Castetner, père du décédé »
BORDES François
Né le 29 décembre 1886 à Maslacq, cultivateur, fils de Pierre Bordes et de Marie Labat, domiciliés à Castetner.
Incorporé le 9/10/1907 au 23ème régiment d’infanterie. Rendu à la vie civile le 25/9/1909.
Mobilisé le 2 août 1914 au i8ème régiment d’infanterie. Passé au 34ème régiment d’infanterie le 19/5/1917. Nommé caporal le 12/4/1918. Blessé à la cuisse droite par éclats d’obus le 18/4/1918 à Montdidier (Moselle).
Décédé à Caudéran (Gironde) le 23/1/1919 dans sa 33ème année.
citation :
« Au front depuis le début de la campagne. A pris part aux combats de Verdun en mai 1916 et s’y est comporté en bon et brave soldat ». décoration : Croix de guerre avec étoile de bronze.
FRANCINE-HABAS Eugène (en fait il se prénomme Pierre sur son acte de naissance et son livret militaire)
Né le 19 janvier 1894 à Castetner, agriculteur, fils de Jean Francine-Habas et de Joséphine Daubagnaà, domiciliés à Castetner.
Ajourné en août 1914 pour « faiblesse », maintenu ajourné en octobre 1914, maintenu ajourné en mai 1915. Classé « Bon pour le service » en 1916.
Incorporé le 28/8/1916 au 13ème régiment de chasseurs à pied. Au front le 28/2/1917. Intoxiqué au gaz le 22/1/1918 au Bois-des-Loges (Somme). Blessé le 4/11/1918 par éclats d’obus à Etreux (Somme).
Décédé des suites de ses blessures le 11 novembre 1918 dans l’ambulance 15/16 à Cugny (Aisne) dans sa 25èrne année.
LARROZE-CAMBRAN Jean. Urbain
Né le 27 août 1886 à Castetner, cultivateur, fils de Pierre Larroze-Cambran et de Marie- Louise Casteret, domiciliés à Castetner.
Incorporé le 7/10/1907 au 43ème régiment d’infanterie. Rendu à la vie civile le 25/9/1909.
Mobilisé le 2 août 1914. Au front le 4 août 1914. Passé au 339eme régiment d’infanterie.
Tué à l’ennemi devant Castel (Somme) le 26 avril 1918 dans sa 32eme année.
citation à l’ordre du régiment : « s’est distingué au combat victorieux du 18 avril 1918».
PAIGT Jean-Louis
Né le 19 décembre 1896 à Castetner, agriculteur, fils de Jean Paigt et de Marthe, Elisa Gréchez, domiciliés à Castetner.
Ajourné pour « faiblesse » en 1915.
Classé service auxiliaire pour « musculature insuffisante » en 1916. Incorporé le 28 août 1916 au 57eme régiment d’infanterie. Classé service armé le 18/10/1916. Passé au 60eme régiment d’infanterie le 26/9/1917.
Tué à l’ennemi le 5 octobre 1918 à Orfeuil (Ardennes) dans sa 21eme année.
PLAÀ Jean-Marie (frère aîné du suivant)
Né le 2 mai 1892 à Castetner, cultivateur, fils de Pierre Plaà et de Catherine Pédehontaà, domiciliés à Castetner.
Ajourné à un an pour « faiblesse » en 1913.
Incorporé le 13/9/1914 au 83ème régiment d’infanterie, au front jusqu’au 23/10/1915. Passé au 284eme régiment d’infanterie le 24/10/1915 et sur le front d’Orient le 28/10/1915.
Disparu le 11 décembre 1915 à Négorci (Serbie). Considéré comme tué à l’ennemi dans sa 24eme année.
PLAÀ Julien (frère du précédent)
Né le 20 juillet 1894 à Castetner, agriculteur, fils de Pierre Plaà et de Catherine Pédehontaà, domiciliés à Castetner.
Ajourné en 1914 pour « faiblesse ». Maintenu ajourné en octobre 1914.
Maintenu ajourné en 1916.
Classé service armé en 1917. Incorporé le 3/9/1917 au I8eme régiment d’infanterie. Passé au 358eme régiment d’infanterie le 2/8/1918. Passé au 221eme régiment d’infanterie le 15/8/1918.
Tué à l’ennemi le 6 octobre 1918 au Bois des Aulnettes, commune d’Autry (Ardennes) dans sa 25eme année. « Plaie pénétrante de face gauche ayant entraîné la mort ».
PEDEHONTAA JEAN
Né le 14 décembre 1883 à Castetner, cultivateur, fils de Jean Pédehontaà et de Marie Ményot, domiciliés à Castetner.
Au conseil de révision déclaré « Bon » mais dispensé comme fils de septuagénaire.
Incorporé le 14/3/1904. Réformé temporairement pour imminence de tuberculose le 14/11/1904.
Rappelé le 4/12/1905. Incorporé au 29/12//1905 au 14eme régiment d’artillerie. Rendu à la vie civile le 23 septembre 1906.
Mobilisé le 2 août 1914. Au front le 5 août 1914.
Décédé des suites de ses blessures de guerre le 28 avril 1915 à l’Hôpital de Bully-Grenay, actuellement Bully les Mines (Pas-de-Calais) dans sa 31eme année.



