UNE VISITE DE TERRAIN DÉDIÉE À L'ADAPTATION DU MASSIF FORESTIER AU RISQUE INCENDIE

Publié le jeudi 08 octobre 2026 - Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Le 7 octobre dernier, nous avons accueilli sur le territoire sud-girondin une délégation de la Préfecture, de la Région Nouvelle-Aquitaine, d’élus locaux, de représentants des services de l'État (DREAL, OFB, DRAAF) et d'acteurs de la filière Forêt (ONF, CNPF, SYSSO, DFCI, Sté Forestière...). Marc Zarrouati, Préfet délégué à la défense et à la sécurité de la zone Sud-Ouest et Henri Sabarot, conseiller régional, étaient à l’origine de cette visite afin de découvrir les expérimentations menées sur notre territoire à la suite des incendies 2022.

Pour Serge Sore, Président du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, Maire de Luxey et conseiller régional, cette journée était l'occasion de porter haut un appel à la mobilisation collective pour l'avenir du massif forestier, dans un contexte de changement climatique qui nécessite de prendre dès aujourd'hui des décisions concrètes pour agir et permettre de le rendre plus résilient et moins vulnérable aux risques. Le Plan de Paysage du Parc - et son volet "Vivre les paysages du risque incendie" ou encore le laboratoire vivant Forêt de demain ont déjà permis de mener des réflexions collectives, et par endroit, d'expérimenter concrètement des actions qui pourront être répliquées partout elles seront utiles. 

Justement, lors d'un propos introductif, Monsieur le Préfet Marc Zarrouati s'est exprimé en faveur de "toutes les bonnes idées qui pourront être testées et concrétisées" : "Puisque nous savons que ce type d'évènements se reproduira, nous devons être à la fois réalistes et ambitieux. La forêt et l'aménagement de ce territoire sont désormais indissociables, nécessitant une approche pluridisciplinaire, respectueuse de l'ensemble des usages, dans un objectif de protection de ce patrimoine forestier et de sécurité pour tous. Nous devons chercher un maximum de solutions et les concrétiser en se basant sur notre expérience de 2022 : ce qui n'a pas pu aboutir est ce qui n'a pas su faire collectif." Henri Sabarot, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine portait aussi sa casquette de Président du PNR Médoc : "Nous avons l'obligation de réussir à travailler ensemble, pour faire mentir le proverbe "Jamais deux sans trois". Les Parcs portent un rôle d'expérimentation, ils sont ancrés dans le territoire et sont des outils de développement économique, environnemental et culturel, la stratégie territoriale doit pouvoir s'appuyer sur cette expertise."

À Saint-Symphorien, le pare-feu créé par la commune était l’occasion de présenter le volet dédié au risque incendie du Plan de Paysage (notamment sur la question de la mémoire du feu, puisqu'une action de plantation de feuillus avec les habitants et les scolaires y a été menée) et les recommandations issues de l’étude de l’A’URBA autour des interfaces entre espaces urbanisés et forestiers. Pour le Maire, Bruno Gardère, l'action est urgente : "On doit réfléchir à la forêt de demain mais aussi agir de façon urgente pour protéger l'existant. C'est pourquoi nous avons fait le choix de ce pare-feu autour des habitations, comme une trame blanche que l'on pourrait imaginer tout autour du village." 

Quelques kilomètres plus loin, à Louchats, la délégation a pu découvrir le travail récent réalisé par La Forestière sur une propriété forestière incendiée en 2022 appartenant au groupement forestier de Bauffremont et intégrant sur 130 hectares, les parcelles expérimentales du laboratoire vivant Forêt de demain, projet mené par le Syndicat mixte du Parc. Les travaux réalisés sur les fossés forestiers intra-parcellaires ont pour objectif de ralentir le parcours de l’eau et de la maintenir sur les parcelles forestières en été, sans pour autant trop les inonder quand le niveau de la nappe est au plus haut en hiver ou au début du printemps. Avec un tracé moins linéaire (on pourrait presque parler de "reméandrage"), moins de profondeur et une pente plus douce, grâce à des suivis réguliers de la nappe (piézomètres), nous pourrons, dès le printemps prochain, nous rendre compte de l'efficacité de cette nouvelle gestion forestière.

Une belle journée d'automne (pluvieuse mais nous en étions tous ravis !), qui a permis de valoriser notre travail et les pratiques qui aideront à réduire la vulnérabilité de notre territoire face aux impacts du changement climatique.