Dolmen de La Pierre Couverte
Les premiers habitants installés sur les terres aujourd’hui occupées par notre commune y vinrent au néolithique, période de la préhistoire s’étalant en Europe de 6000 à 2400 ans av. JC. Cette époque se caractérise en effet par une évolution décisive dans l’histoire de l’humanité : la sédentarisation. D’une vie nomade axée sur la chasse, la pêche et la cueillette, l’homme va désormais mener une vie plus sédentaire et développer de nouveaux champs d’activités : l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, la construction pour l’habitat et le stockage des récoltes… Nos premières terres défrichées, irriguées, fertilisées et ensemencées datent donc de cette période, voilà plus de 5000 ans.
De cette installation humaine primitive nous reste encore aujourd’hui une trace unique mais massive : la Pierre Couverte du Mousseau, monument mégalithique classé et protégé par la loi du 31 décembre 1913, érigé à 500 m environ à l’est de notre église actuelle. Sur le seul département du Maine et Loire, 287 sites de ce type sont avérés et 165 sont encore existants (dolmens, menhirs, tumulus ou polissoires fixes), constituant ainsi notre plus ancien patrimoine historique. Curiosité locale supplémentaire témoignant de ce lointain passé, la plus grande chambre mégalithique d’Europe se trouve non loin d’ici, à Bagneux, mesurant 18 m de long au sein d’un dolmen encore intact de 23 m : l’Allée Couverte de Bagneux.
La Pierre Couverte du Mousseau est donc « notre » dolmen (« table de pierre » en breton), monument druidique à vocation funéraire, contrairement aux menhirs dont la signification exacte reste encore mystérieuse. Constitué de dalles de pierre pesant plusieurs tonnes, il s’agit d’un dolmen de type angevin classique, caractérisé par un portique d’entrée ( dont la dalle de couverture a basculé en arrière), suivi d’une antichambre qui précède la chambre funéraire, ici divisée en 2 compartiments par une pierre transversale, et couverte par 2 dalles, dont la plus grande s’est brisée et est partiellement tombée. Ce monument de 7 m de long sur 4,5 m de large est très enterré, ce qui explique le maintien vertical de ses parois au travers des millénaires. De telles masses de pierres ne peuvent que susciter l’admiration quand on imagine le travail des hommes qui ont réussi à les transporter, à les dresser et à les ajuster pour obtenir un équilibre aussi durable.
Bien qu’ayant subi les outrages du temps et des hommes, ce vestige de notre préhistoire est arrivé jusqu’à nous, comme tous les autres mégalithes, grâce à son poids impressionnant qui rendait difficile sa destruction. Ancienne sépulture d’un chef de tribu ou d’un druide, depuis longtemps pillée et profanée, ce témoin de notre lointain passé mérite aujourd’hui tout notre respect, autant pour sa signification que pour le mystère des méthodes ingénieuses utilisées pour son édification.

