Les tourbières alcalines
Environ 1 800 hectares des marais de Prin-Deyrançon sont recouverts d'une terre noire, légère et combustible : la tourbe. La couche est parfois si épaisse qu'elle a pu faire l'objet de vastes carrières, les tourbières, qui évoluent après exploitation vers le comblement et le boisement, formant un milieu impénétrable de bois marécageux.
L'exubérance de leur végétation et la mouvance de leur sol spongieux, gorgé d'eau, expliquent la fascination depuis toujours exercée par les tourbières. Entourées de mystères, elles ont nourri bien des légendes comme celle de la Fontaine d'Argent au Bourdet : n'ayant pas résisté à la tentation de s'y aventurer, une marquise aurait été engloutie avec carrosse et chevaux.
Dès 1818, la tourbe est exploitée dans la région de Mauzé à l'usage des bouilleurs de cru. L'exploitation est ensuite reprise après la Première Guerre mondiale, par un ancien cheminot. Cette tourbe, découpée en briques à l'aide du "petit louchet", était séchée à l'air libre puis vendue à la compagnie de chemin de fer. Plusieurs tourbières ont alors été ouvertes à Grange.
La commune possède deux principales tourbières : la tourbière des "Vieilles Herbes" et la Tourbière de "Grange" (toutes les deux à environ deux kilomètres du bourg). Elles contiennent d'anciens sites d'extraction de tourbe de chauffage laissés peu à peu à l'abandon.
Entre 2024 et 2025 le site a fait l’objet d’inventaires habitats, flore, amphibiens, orthoptères, rhopalocères, odonates, avifaune ainsi que la recherche du Vertigo de Des Moulins.
Cela a permis de quantifier qu’un quart du site était occupé par des habitats d’intérêt communautaire qui sont au nombre de 8. Les prospections ont permis d’inventorier 340 espèces dont certaines à fort enjeux notamment l’Epipactis des marais, orchidée des milieux alcalins, ou le Cuivré des marais.










