LE QUARTIER BIBI A REPRIS VIE LORS DES JOURNÉES DU PATRIMOINE !

Publié le dimanche 04 octobre 2026 - Béarn en Somme

Béarn en Somme

Qui connaît le Quartier Bibi de Puyoô ?

Nos anciens, bien sûr, et les moins anciens aussi. Eux vous parlerons de l’animation de ce quartier populaire où la gouaille l’emportait le verbe châtié et où la Fête du Quartier Bibi avec son bal, était bien connue de tous.

La Place du Quartier Bibi dont l’origine du nom donne lieu à de nombreuses interrogations, même si celle qui l’emporte est juste une interjection populaire avec un mot simple, rapide et facile à prononcer, est situé sur l’actuelle Place de la Gendarmerie. Nous parlons au présent car finalement, a-t-il vraiment disparu ?

L’association Béarn en Somme, qui agit depuis quelques années pour révéler le patrimoine puyolais, avec l’apposition de plaques mémorielles (les cités, la Maison des associations), l’organisation d’expositions et de conférences, a souhaité en ces Journées du Patrimoine 2026, faire revivre le Quartier Bibi, d’abord avec une conférence sur le Foyer des jeunes, ensuite avec un événement festif : la Fête du Quartier Bibi ! Et « festif » n’est pas un vain mot à Puyoô, en effet, écoutons le conférencier.

Jean-Pierre Laclau, Puyolais et ancien élu de Puyoô, a beaucoup œuvré pour la jeunesse et le Foyer des jeunes. Il mène sa conférence sur le Foyer des Jeunes, venant réveiller la mémoire de ceux qui ont connu le Puyoô d’autrefois, avec un panorama de photos où se reconnaissent bien des Puyolais dans la salle des la Maison des Associations : une photo de classe, un repas, une réunion du club du troisième âge, une sortie aux Forges d’Abel, l’un des tout premier concert de Nadau, ripes longues pour certains, pantalons patte d’Eph et pulls cols roulés, les anciens se reconnaissent dans ces jeunes qui s’activent à préparer soirées et sorties et à bâtir l’intérieur du Foyer des Jeunes, l’actuelle Maison des Associations.

L’histoire du Foyer des Jeunes puise ses racines dans les dancings et le dancing de Puyoô a connu des pérégrinations qui ont gravité autour du fameux Quartier Bibi. Le Dancing Chague, la Maison Fitte puis la Maison Quinoy ont accueilli ces dancings !

Yves Bergeras, 95 ans, se souvient, en prenant la parole en fin de conférence : il a joué pendant cinq ans au Dancing Chague ! Et il se souvient encore, dans le Foyer des Jeunes quand, refusant de jouer en plein jour, il avait punaisé du papier opaque aux fenêtres pour accentuer l’intimité, «tandis que tous les dancings du coin avaient fermé, Chez Vincent d’Orthez, barrat, Camy à Carresse, barrat et le Pince à Salies, tous barrats ». Et les jeunes venaient de partout pour s’y rendre, il se souvient encore des files de voitures qui passaient le pont et qu’il se disait :

« Venez à Puyoô ! A Puyoô, on danse dans le noir » !

Est-ce cela l’esprit puyolais finalement ? Celui que rien ne peut arrêter de guincher et qui aime vivre à travers la fête et la convivialité ?

La naissance du Foyer des Jeunes rejoint aussi la grande histoire. D’abord celle de Mai 68, quand le gouvernement encouragea les communes à bâtir des foyers de jeunes, pour offrir à la jeunesse de quoi exprimer (et canaliser !) ses ardeurs débordantes. Il fut d’ailleurs proposé la livraison de préfabriqués mais aucun ne fut installé à Puyoô qui vit plutôt se constituer un Foyer des Jeunes dans l’actuelle Maison des Associations où fut également installée la Bibliothèque. Le conférencier évoque le drame de l’Isère avec l’incendie du 5-7, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970 et les préoccupations sécuritaires qui se sont ensuivies et ont touché les dancings et l’aménagement des foyers. Notons d’ailleurs que le Foyer Municipal de Puyoô a été bâti en 1971, ajoutant un autre lieu de vie associatif, culturel et festif à Puyoô.

Revenons à la fête.

Après avoir dévoilé la plaque du Quartier Bibi, les membres de l’association Béarn en Somme font revivre le Quartier Bibi avec un duo de chanteurs, « Régine Music » à l’esprit balloche qui ont fait danser le public, une buvette animée, des jeux en bois de « Le Hibou Joueur » où tous s’amusent, quelques tables et bancs pour grignoter un bout auprès de Hanh (cuisine asiatique, exposante du marché gourmand) et Solo Pazza, qui jouxte la place. S’il n’y avait autant de monde qu’antan, le succès a été marqué par l’arrivée des personnes du quartier, certaines habitant depuis bien longtemps, d’autres venues, curieuses, se mêler à la fête et faire connaissance avec ce lieu, leur quartier !

On peut le dire, Puyoô a le sens de la fête et dans notre village, on continue à danser, dans le noir ou sous le soleil et cela fait partie de notre patrimoine !