COMMUNIQUÉ DU MAIRE

Publié le mardi 20 octobre 2026 - Rouffach

Distribution de l’eau potable : la dérogation préfectorale est accordée à la Ville de Rouffach

C’est une étape importante qui vient d’être franchie dans la résolution du problème de qualité de notre eau potable.

Pour bien en comprendre la portée, il faut revenir sur l’origine de cette situation.

Depuis 2020, les analyses de notre eau révèlent des dépassements réguliers des normes de qualité concernant l’atrazine déséthyl déisopropyl, un métabolite issu de la dégradation de l’atrazine, herbicide interdit depuis plus de vingt ans, mais dont les résidus persistent dans les nappes phréatiques.

En février 2023, une première dérogation préfectorale avait été accordée à Rouffach pour une durée de trois ans. Elle permettait de poursuivre la distribution de l’eau, à condition de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour rétablir sa conformité.

Malheureusement, les trois années écoulées n’ont pas permis de résoudre le problème, ni même de présenter aux autorités sanitaires un bilan sérieux et documenté des actions entreprises ou de démontrer qu’une recherche suffisamment approfondie de solutions durables avait été conduite. L’arrêté préfectoral de 2023 imposait pourtant un suivi régulier des actions correctives et de leurs résultats.

À ces insuffisances de fond s’est ajouté un retard administratif considérable : le dossier de renouvellement, qui devait être déposé au plus tard le 17 août 2025, n’a été transmis que le 9 janvier 2026, soit près de cinq mois après l’échéance réglementaire et quelques semaines seulement avant l’expiration de la dérogation, le 17 février 2026. Son contenu était de surcroît largement insuffisant pour justifier son renouvellement.

C’est dans ce contexte que, le 14 avril dernier, quelques semaines après le début de notre mandat, le Préfet du Haut-Rhin et l’Agence régionale de santé (ARS) adressaient à notre commune une mise en garde particulièrement ferme, nous informant que la nouvelle dérogation ne pouvait être accordée en l’état.

J’avais alors réaffirmé publiquement notre engagement à reprendre ce dossier en main, à rétablir un dialogue de confiance avec les services de l’État et à engager sans attendre les solutions techniques nécessaires.

Six mois plus tard, après l’avis favorable rendu le 6 octobre par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, l’arrêté préfectoral accordant une nouvelle dérogation a été signé le vendredi 16 octobre et transmis à la Ville ce lundi 19 octobre.

En six mois, nous sommes donc passés d’une situation critique sur les plans administratif et juridique à un dossier entièrement repris, complété, déposé, instruit et validé par les autorités sanitaires et préfectorales. Je tiens à remercier les services de la Ville, notre délégataire et les services de l’État pour le travail collaboratif accompli dans des délais particulièrement resserrés.

Mais que les choses soient claires : cette dérogation ne règle pas le problème de qualité de notre eau.

Il est important de rassurer les Rouffachoises et les Rouffachois sur un point essentiel : aux concentrations actuellement observées, la présence de ces résidus de pesticides ne constitue pas, selon les évaluations sanitaires, un danger immédiat identifié pour la santé. Les niveaux mesurés restent très inférieurs aux valeurs sanitaires de référence, ce qui explique que les autorités aient autorisé le maintien de la distribution. Ainsi, conformément aux conclusions des autorités sanitaires, l'eau du robinet peut continuer à être consommée dans les conditions habituelles.

Mais l’absence de danger immédiat ne signifie pas l’absence de problème, ni que cette situation puisse être tolérée indéfiniment. Les normes de qualité de l’eau sont précisément là pour nous protéger et garantir que l'eau que nous consommons quotidiennement réponde à des exigences sanitaires rigoureuses. Nous ne pouvons pas nous satisfaire durablement de leur dépassement.

C’est précisément pour cette raison que la nouvelle dérogation est assortie d’une échéance impérative : elle est accordée jusqu’au 1er janvier 2028 et ne pourra pas être renouvelée.

Autrement dit, la Ville de Rouffach a désormais une obligation de résultat, dans un délai particulièrement contraint. Il ne s’agit plus seulement de présenter des études ou des intentions, mais de parvenir effectivement à une eau conforme aux normes de qualité.

Les démarches nécessaires sont engagées et nous restons pleinement mobilisés pour atteindre cet objectif dans les délais impartis.

La prochaine étape interviendra dès le Conseil municipal du 27 octobre, auquel je soumettrai un avenant à notre contrat de délégation du service public de l’eau potable. Il permettra de réaliser les aménagements et raccordements nécessaires à l’installation d’une unité mobile de traitement par charbon actif, destinée à retenir les résidus de pesticides présents dans notre eau.

La mise en service de cette unité est prévue en janvier 2027, au plus tard en février. Elle doit permettre de rétablir la conformité de l’eau distribuée, dans l’attente d’une solution pérenne.

En parallèle, les études de notre schéma directeur d’alimentation en eau potable sont engagées pour déterminer la solution définitive la plus adaptée : renforcement du traitement à Rouffach ou interconnexion avec d’autres réseaux d’eau potable.

Notre objectif n’est pas simplement de satisfaire une exigence administrative de l’ARS ou de la Préfecture. Il est de garantir aux Rouffachoises et aux Rouffachois une eau de qualité, durablement conforme, au robinet de leurs habitations.

C’est l’engagement que nous avions pris avec mon équipe durant la campagne municipale, et que j’ai réaffirmé avec force après la mise en garde préfectorale du 14 avril. Rien ne me fera dévier de cet objectif.

Six mois après cette alerte, l’État valide le travail accompli. C’est une étape essentielle, mais ce n’est pas un aboutissement. Il nous appartient désormais de transformer cette avancée administrative en résultats concrets sur la qualité de notre eau.

C’est une priorité de santé publique, sur laquelle nous continuerons à avancer avec détermination et transparence.

Parce que nous l’avons promis aux Rouffachoises et aux Rouffachois.

 

Auguste OTT
Maire de Rouffach