📾 [PORTRAIT] ROMUALD LIBITUM, L’ENFANT DE SAINT-AUBIN-LÈS-ELBEUF DEVENU L’ƒIL DU RAP FRANÇAIS

Publié le jeudi 05 mars 2026 - Saint-Aubin-lÚs-Elbeuf

À 39 ans, Romuald Libitum revient Ă  Saint‑Aubin‑lĂšs‑Elbeuf avec une exposition qui a tout d’un retour aux sources. Cet artiste‑graphiste autodidacte est dĂ©sormais tournĂ© vers le cinĂ©ma. Nous l’avons rencontrĂ© le 3 mars, jour du lancement de son exposition Ă  la mĂ©diathĂšque qui est visible jusqu’à la fin du mois. L’occasion de revenir avec lui sur un parcours façonnĂ© par la culture hip‑hop, l’image et un attachement profond Ă  sa ville.

ArrivĂ© Ă  Saint‑Aubin Ă  l’ñge de 9 ans, il y grandit jusqu’à ses 16/17 ans avant de commencer Ă  faire des allers‑retours Ă  Paris. Il y reviendra plus tard, presque naturellement : "Je me plais bien ici", glisse‑t‑il. C’est Ă  Saint‑Aubin que naĂźt son amour du hip‑hop dans son ensemble. Le graff, la danse... rappelons-le constituent les piliers de cette culture.

C’est aussi ici qu’il commence Ă  organiser des soirĂ©es, Ă  faire la promotion des Ă©vĂ©nements en crĂ©ant des flyers. Plus tard, il se met Ă  Ă©crire pour la presse spĂ©cialisĂ©e hip‑hop avant de se tourner vers le textile, un domaine dans lequel il rencontre un succĂšs retentissant.

Ce tournant prend forme avec Defend Paris, la marque nĂ©e au sein du collectif auquel il appartenait et qui explose Ă  l’international. Madonna, Akon, Chris Brown, Michael B. Jordan
 Les plus grandes stars portent alors leurs crĂ©ations. Ce succĂšs lui ouvre des portes, notamment celles des maisons de disques, et c’est lĂ  que la bascule s’opĂšre. Pour promouvoir la marque, il se met Ă  faire de la photo et de fil en aiguille, l’image prend toute la place. Elle devient son langage.

Le textile mĂšne Ă  la photo, la photo mĂšne aux artistes, et les artistes mĂšnent aux pochettes d’albums. Sa premiĂšre collaboration remonte Ă  2008/2009 avec Monsieur Nov, un artiste RnB. Clin d’Ɠil du destin, Romuald va Ă  nouveau travailler avec lui pour l'un de ses derniers projets en date. Entre‑temps, il aura travaillĂ© avec Vald, Dinos, Lacrim, Marie Plassard, Soolking, NTM, Dosseh
 et tant d’autres.

Le processus de crĂ©ation d'une pochette est toujours le mĂȘme : Ă©couter le projet avec l’artiste, comprendre l’univers, trouver la bonne lumiĂšre, la bonne ambiance, la bonne intention. « La photographie, c’est un sport d’équipe », rappelle‑t‑il. Techniciens, stylistes... rien ne se fait seul. Dans la rĂ©gion, il a notamment shootĂ© la photo qui servira de pochette Ă  la MĂ©canique des fluides de Luidji au cinĂ©ma Mercure d’Elbeuf, ou encore la photo de la tracklist d’Heuss l’EnfoirĂ© Ă  ClĂ©on.

Aujourd’hui, il expose Ă  la mĂ©diathĂšque de Saint‑Aubin. "L’histoire de cette exposition est assez simple, raconte‑t‑il. C’est ma mĂšre, qui faisait le mĂ©nage Ă  la mĂ©diathĂšque, qui a parlĂ© de moi aux Ă©quipes. Et puis tout s’est enchaĂźnĂ© naturellement. Exposer chez moi Ă  Saint-Aubin, ça me touche vraiment, c’est une fiertĂ©. »

Parmi les nombreuses images qu’il a rĂ©alisĂ©es dans sa carriĂšre, il explique simplement le choix de celles accrochĂ©es sur les murs de L’OdyssĂ©e : "J’ai voulu montrer des images lĂ©chĂ©es, des choses que les gens connaissent, mais aussi des visuels alternatifs qu’ils n’ont pas forcĂ©ment vus."

Et demain ? Romuald continue de collaborer avec des artistes, mais il veut aussi aller plus loin : production musicale, cinĂ©ma, projets avec les jeunes du territoire. A travers Garden Studios, la boĂźte de production qu’il a montĂ©e avec des collaborateurs, il veut dĂ©tourner l’usage parfois nĂ©faste du smartphone pour en faire un outil de crĂ©ation et de valorisation, en rĂ©alisant des projets vidĂ©o avec les jeunes pour sensibiliser au harcĂšlement en ligne. "On peut faire des trucs cools avec un tĂ©lĂ©phone", insiste‑t‑il.

Et maintenant il ne vous reste plus qu'Ă  venir dĂ©couvrir son exposition en mĂ©diathĂšque. Mais avant cela, Romuald Libitum a un message pour vous : "Soyez curieux. IntĂ©ressez‑vous Ă  ce que font les gens d’ici. Et vous aussi, essayez de faire des choses."

Photos ©Romuald Libitum

Publié par MB