Église Saint-Genès (anciennement Église prieurale Saint-Etienne)

Personnages clés

  • Louis VII – Roi de France

Opposant d’Ebbes de Déols en 1152.

  • Ebbes (ou Abbo II) de Déols – Seigneur de Châteaumeillant

Allié à Henri Plantagenêt, responsable de l’incendie de 1152.

  • Eugène Lefèvre-Pontalis – Historien de l’architecture

A étudié le plan bénédictin en 1912.

  • François Deshoulières – Architecte et historien

A analysé la structure voûtée au XXe siècle.

  • Jean Mauret – Artiste verrier

A réalisé les vitraux en 1993.

  • Pierre Sabbatier – Artisan métallier

Auteur de l’autel en laiton (1989).

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L'église Saint-Genès de Châteaumeillant, située dans le département du Cher (région Centre-Val de Loire), est un édifice religieux catholique du XIIe siècle, construit selon le plan bénédictin inspiré des abbayes de Cluny II et Cluny III. Elle se distingue par sa nef à cinq travées, un transept saillant, un chœur imposant entouré de six absidioles, et une architecture homogène en grès rose de Saulzais-le-Potier. Dédiée initialement à saint Étienne, elle dépendait de l’abbaye bénédictine de Déols, comme le prieuré voisin. Son histoire est marquée par des destructions et reconstructions successives, reflétant les conflits locaux et nationaux.

En 1152, l’église subit un incendie lors des luttes entre Louis VII et Ebbes de Déols (allié à Henri Plantagenêt), provoquant l’effondrement du clocher et la ruine partielle du transept sud, reconstruit avec des voûtes d’ogives au début du XIIIe siècle. Les modifications incluent une élévation de la nef et des chapiteaux à crochets, suggérant un abandon du berceau de pierre au profit d’une charpente. Un second incendie, en 1569, durant les guerres de Religion, endommage gravement l’édifice, suivi de multiples restaurations. Pendant la Rvolution française (1793), le clocher est détruit et les cloches fondues pour fabriquer des canons ; l’église devient un temple de la Raison.

Classée Monument Historique dès 1862, l’église connaît des transformations majeures aux XIXe et XXe siècles : reconstruction du clocher en 1857, pose de vitraux en 1866 et 1993, et restauration de la voûte en chêne en 1989. Son plan échelonné, ses chapiteaux sculptés (feuillages, animaux fantastiques) et ses dimensions imposantes (52 m de longueur) témoignent de son importance passée. Les absidioles, voûtées en demi-berceau, et le transept à deux travées illustrent l’influence clunisienne, tandis que les matériaux locaux (grès, calcaire) ancrent l’édifice dans son territoire.

L’église Saint-Genès incarne aujourd’hui un patrimoine roman préservé, marqué par les aléas de l’histoire : conflits féodaux, guerres de Religion, et révolutions. Son classement précoce et ses restaurations successives soulignent sa valeur architecturale et historique, liée à la fois à l’ordre bénédictin et à la vie communautaire de Châteaumeillant. Les fouilles et études (notamment par Eugène Lefèvre-Pontalis en 1912) ont permis de mieux comprendre son plan original et ses adaptations au fil des siècles.

Les vitraux de Jean Mauret (1993) et l’autel en laiton de Pierre Sabbatier (1989) ajoutent une touche contemporaine à ce monument médiéval. Les traces des incendies, reconstructions et modifications architecturales (comme le beffroi en bois de 1802) racontent une histoire vivante, où se mêlent foi, pouvoir et résilience communautaire. L’église reste un témoin majeur du Berry roman, entre héritage clunisien et identité locale. 

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Description :
Gros oeuvre en grès. Sculpture et encadrement en calcaire ou en grès local ferrugineux. Façade et chevet en pierre de taille. Chapelle absidiale voûtée d'un berceau brisé sur 2 travées, fermée par une voûte en cul-de-four encadrée de 6 chapelles échelonnées voûtées en demi-berceau et fermées par un cul-de-four. Bras du transept à 2 travées voûtées en berceau brisé. Première travée vers le carré du transept voûtée d'un fragment de coupole à trompes. Nef et croisée du transept voûtés d'un lambris en berceau brisé. Première travée de la nef voûtée en plein-cintre.

Historique :
Dépendance de l'abbaye de Déols, attestée en 1115 sous le vocable de saint-Etienne. Choeur et transept construits au 4e quart XIe siècle. Nef, façade ouest et mur ouest du transept construits dans la 1ère moitié XIIe siècle. Au 4e quart XIIe siècle écroulement du clocher primitivement placé à la croisée du transept. Reconstruction de la croisée du transept entre 1195 et 1210. Reconstruction du bras sud du transept au 4e quart du XIIIe siècle ou au Ier quart du XIVe siècle et déplacement du portail du transept sud dans le mur du collatéral sud. De 1843 à 1845 sous la conduite de l'architecte Hazé, réfection des toitures, ouvertures des baies bouchées, réfection de sculptures. En 1857 reconstruction du clocher sur la façade ouest. De 1885 à 1895 sous la conduite de l'architecte Darcy, réfection de la façade ouest, du bas-côté sud et du soubassement de l'église. Reconstruction des absidioles sur l'initiative du curé. En 1892, réfection des toitures des bas-côtés, de la voûte de la nef et construction de la sacristie.