Église St Rémy de ROBERVAL

Histoire de l’église de Roberval

L’histoire de l’église de Roberval remonte à la christianisation de nos campagnes. Elle est inscrite sur l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 19 août 1933. La construction de l’Eglise s’est effectuée en quatre phrases principales: 8e,11e,12e et 16e siècles.

La plus ancienne trace historique de cette église remonte aux règne de Charlemagne, dans la deuxième moitié du 8e siècle

Entre 750 et 800 : A l’époque où Charlemagne vient dans son palais de Verberie, la première église de Roberval est bâtie à Noël Saint-Rémy.

Il ne reste plus de cette église que quelques sarcophage retrouvés lors de fouilles archéologiques en 1982. Les murs devaient être en torchis et les toits en chaume comme c’est fréquent à l’époque carolingienne.

872 : La construction de cette chapelle au cœur de la vaste paroisse de Noël provoque un procès long et retentissant entre les évêques de Soissons et de Beauvais. Alors que la première église de la paroisse (Noël Saint Martin) dépendait du diocèse de Soissons, l’église de Roberval, bâtie au-delà du Rouanne, limite locale avec le diocèse de Beauvais, est réclamée par l’évêque de Beauvais. Il faudra que le roi Charles de Chauve menace de détruire l’édifice en 872 pour que l’église de Noël Saint Remy(Roberval) soit attribuée au diocèse de Beauvais.

Roberval se sépare de la paroisse voisine de Noël Saint-Martin (la “ Querelle des deux Évêques”) car elle est située dans un diocèse différent. Naissance officielle de Roberval.

1096 : Donation de l’église de Roberval à l’abbaye de Saint-Martin des Champs (Paris) par le comte de Senlis. Le choeur et le clocher sont reconstruits (il en reste quelques sculptures romanes dans le transepts sud, dans le clocher et au Fond-Maillet).

D’importants travaux sont entrepris dans le dernier quart du 11e siècle. Le chœur et le clocher sont reconstruits en pierre dans le style de l’église de Rhuis. Il n’en reste encore une fois que bien peu de vestiges: un bénitier (dans la nef), deux culs-de-lampe placés au-dessus d’une niche du transept méridional, et décorés de marmousets grotesques et nu, ainsi que de nombreuses sculptures romanes remployées dans la maçonneries internes du clocher actuel (chapiteaux, à volutes, bases de colonnes, pierre de pyramide, claveaux, impostes..). La tête et la frises remployées au Fond-Maillet (voir ces éléments) sont probablement à rattacher à cette phase de reconstruction. les travaux du 11e siècle ne concernent sans doute pas la nef.

XIIe s. : A l’époque des grands défrichements (Villeneuve, Fosse, Moru, Guidon, Carrieuses…), la nef est rebâtie à le fin du 12e siècle, alors que le premier seigneur de Roberval, Radulphus de Roberti Valle, est mentionné dans les textes (1171) et que le population augmente beaucoup. Cette nef , sans bas-côté, longue de 22m et large de 7m, bâties en simples moellons noyés dans un mortier pour les mûrs gouttereaux et en pierre de taille pour la façade, se caractérise par des portions plus allongés (3/1) que celle que l’ont rencontre généralement. C’est probablement pour pouvoir adapter une vaste nef à un chœur étroit et plus ancien. Les murs gouttereaux sont garnis de modillons sculptés et de contreforts.

La façade de la fin du 12e siècles est bâtie en pierre de taille, elle est éclairée par un triplet de fenêtres de style transition. Le portail est de toute beauté: les piédroits comportent trois ressauts garnis chacun d’une colonnette en délit. Les six chapiteau ornés de crochets ou de petite feuilles de détachant de la corbeille, sont typiques de la fin du 12e s. Les voussures, en plein cintre légèrement brisé, ont leurs arêtes adoucies par un tore bien dégagé qui accentue le relief de la composition et répond aux colonnettes en délits des piédroits. La voussure extérieure est soulignée par une moulure décorée de fleurs de violette très finement sculptées.

1542 : Jean-François de Larocque, seigneur de Roberval. reconstruit en gothique flamboyant le chœur, le clocher et le porche de l’église de Roberval.

La dernière phase de grands travaux date de le fin du 16é sicle. On doit sans doute la reconstruction du chœur, du clocher et des transept et la création d’un porche au seigneur de Roberval, Jean-François de Larocque, bien qu’il fut protestant ! Les hauts piliers et les voûtes hautes et régulières confèrent une grande majesté à cette partie de l’église où seules les clés de voûtes apportent un peu de fantaisie (portrait et blason de Larocque), signature de l’architecte Thomas d’Albret, cœurs enlacés, ciseaux de drapiers…) Remarquer les magnifiques vitraux d’époque du transept sud (vie de la vierge).

Après la révolution, la nef fut fortement endommagée, ainsi qu’une grande partie des vitraux. En 1818, d’après le sous préfet, « l’église est dans un tel état de délabrement qu’elle fait craindre pour sa chute prochaine ».

1865-1875 :

En 1866, de gros travaux de réfection de la nef est couverte d’une nouvelle charpente (on remplace les tuiles par des ardoises d’Angers) et d’une voûte en carène de navire renversée en “sapin du Nord” le carrelage est refait, les lambris du chœur sont déposées et le mur gouttereau nord de la nef est totalement rebâti (en conservant toutefois la corniche en modillons sculptés) .

L’impératrice Eugénie fait sans doute don des bancs, de la chaire et des stalles. Grâce aux dédommagements touchés après la guerre de 1870, on refait la couverture du clocher et du transept nord et on pose une croix de plomb de 1,20 m sur le clocher. On déplace le cimetière qui entourait l’église à son emplacement actuel.

En 1872, la couverture du clocher est refaite.

On dépose en 1874 tous les lambris du choeur et des transepts, on remplace tous les vitraux (on conserve juste les vitraux de la Vierge, dans le transept Sud, de la Renaissance, monuments historiques). Les travaux s’achèvent en 1884 par l’édification du maître-autel.

Enfin en 1876, la sacristie est reconstruite.

L’église Saint-Remy est une église catholique paroissiale située à Roberval, en France. Elle succède à une première chapelle attestée dès le IXe siècle. Sa silhouette est particulièrement caractéristique, avec sa tour austère au nord et sa succession de trois pignons de hauteur croissante : un pour le porche, un pour la nef et un pour le chœur. La nef non voûtée, de style gothique primitif, date de la fin du XIIe siècle, et représente la partie la plus ancienne conservée en élévation. Elle ne se signale que par son beau portail occidental à trois voussures et colonnettes à chapiteaux, dissimulé sous un porche du XVIe siècle. C’est de cette époque que datent les parties orientales de style gothique flamboyant, dont la particularité est le doublement du transept. Cette partie de l’église est austère à l’extérieur, mais élégante et lumineuse à l’intérieur, grâce à ses piliers ondulés et ses grandes fenêtres aux réseaux flamboyants. La verrière au chevet du croisillon sud comporte des vitraux Renaissance des alentours de 1538, qui sont classés au titre objet. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 19 août 1933