AU REVOIR JACKY

Publié le lundi 07 septembre 2026 - Saint-Voir

Jacky (Jacques) Pailler est le descendant d’une longue lignée de couteliers émouleurs de la région de Thiers.

Sa mère Marcelle était couturière. Son père Marcelin a fait partie des enfants modestes à qui l’école de la République a permis de faire des études ; et il est devenu instituteur. C’est pourquoi Jacques est né le 17 février 1949 à Nérondes sur Dore (63), dans la maison d’école.

Enfant, il va à l’école dans la classe unique de son père. En dehors des heures de classe, il bricole, pêche dans la Dore, se passionne pour les avions et participe activement aux travaux de la famille. À son entrée en 6ème, il rejoint le Cours Complémentaire à Courpierre, en tant qu’interne.

En 3ème, il passe et obtient le concours d’entrée à l’École Nationale de Clermont-Ferrand en 1962. Au lycée, lui le scientifique, s’inscrit à un concours de rédaction sur l’aviation, et remporte le premier prix : un voyage de 3 semaines en URSS, où il rencontre les pionniers de la conquête spatiale.

Après son bac scientifique (maths élémentaires), il se voit accorder la possibilité de prolonger ses études à l’université pour devenir professeur d’enseignement général en collège. Son premier poste l’envoie à Gelles (63) à la rentrée 1970.

Entre temps, il aura eu le temps de participer activement aux évènements de 1968 et de rencontrer Monique, également élève professeur en lettres, qu’il épouse en 1971, dans la salle de mairie contiguë à la chambre où il est né, et à la classe où il a vécu ses années d’enfance.

Après deux autres années scolaires dans le Puy-De-Dôme, il obtient un poste au collège de Jaligny-Sur-Besbre à la rentrée 1973. Jacky et Monique rêvaient de retourner dans le Puy-De-Dôme mais se plaisent finalement beaucoup dans le bourbonnais et ils décident de s’y installer après la naissance de leur première fille Karine en 1975. Ce sera à Saint-Voir, dans une maison à rénover. En 1978, la maison est presque terminée pour accueillir leur deuxième fille Juliette.

Jacky s’investit progressivement dans de nombreuses associations sur le canton : Amis des Écoles, coopérative scolaire, Foyer Rural de Saint-Voir, Capévélo de la Besbre, Agir en Pays Jalignois, Traverse…

En 1989, il entre au conseil municipal de Saint-Voir pour une durée de 37 ans.

Dès 1995, il devient Maire de la commune, fonction qu’il exercera jusqu’en 2008. Fidèle à son choix de ne consacrer que deux mandats à cette fonction, il laissera pourtant une empreinte durable sur la commune.

Au cours de ces années, il en a profondément changé le visage, notamment pour la rénovation de nombreux bâtiments communaux et la création de logements locatifs.

Il a également souhaité offrir aux habitants un lieu de rencontre et de convivialité avec la création d’une aire de loisirs, permettant aux petits comme aux grands de se retrouver.

Derrière l’élu, il y avait aussi un homme profondément humain, attentif aux difficultés de ses administrés et qui ne restait jamais indifférent aux problèmes auxquels il pouvait être confronté.

À coté de ses activités professionnelles et de ses mandats, il a toujours cultivé ses passions, et en particulier celle du bois sous toutes ses formes : achat et gestion du bois des Torchats à Chatelperron en 1986, fabrication de mobilier, tournage sur bois, sculpture…

Suite à l’installation de ses filles dans la région de Brest, il partagera sa vie entre Saint-Voir et la Bretagne, où sont nés ses quatre petits-enfants entre 2009 et 2013.

La maladie vient interrompre une grande partie de ses activités en 2019, mais il déjoue tous les pronostics et retrouve une vie active pour encore 7 ans.

Lors de l’année passée, son état de santé ne lui permet pas de revenir dans l’Allier, à son grand regret.

Il s’éteint au CHU de Brest le 9 août après avoir vaillamment lutté jusqu’au bout.

Publié par Commune