Église Saint-Valentin de Baillasbats

L’ancienne commune de Baillasbats, malgré la forte désapprobation de ses habitants, fut réunie à celle de Simorre en 1838.
Sur son territoire se trouve une église dédiée à Saint Valentin, patron des vignerons du lieu. Les statues de la confrérie réunissant ces viticulteurs obligeaient les membres à consommer le jour de la fête du Saint, tout le vin produit par la vigne de la confrérie.

Une architecture authentique

Ce bâtiment peut être rangé dans la catégorie des églises qu’Henri Polge qualifiera de rurales car elles sont beaucoup plus représentatives de l’art populaire que de l’art savant. Leur architecture est la descendante lointaine de ces petites églises romanes à nef uniques (telles que celles de Saint Clamens à Belloc, Vicnau à Miramont d’Astarac, Sainte Marie à Mirande, etc.).
Le manque de ressources des petites communautés impliquera des constructions très peu influencées par des courants artistiques extérieurs. Elles seront donc élevées par des bâtisseurs de l’endroit avec des matériaux extraits sur place, selon le savoir-faire local et ancestral.

Le plan

Presque toutes sont orientées à l’ouest, une façade souvent dépourvue d’ouvertures surmontée par un clocher mur avec les cloches et un abat-son. Cette paroi massive, nue et borgne protège efficacement des intempéries venant de l’ouest.
Au nord, elle est protégée par de petites ouvertures et parfois une sacristie fait office de bris- vent.
À l’est, des fenêtres plus importantes vont permettre à la lumière d’éclairer l’autel ainsi que l’édifice.
Le sud est le côté le plus ensoleillé. Le porche (emban), précède la porte d’entrée. Cet appentis porté par des poteaux de bois, est un lieu où se tenaient les réunions de la paroisse et de la communauté (notre actuel conseil municipal). Des bancs parfois en pierre, étaient accolés aux deux murs latéraux de l’emban.

L’intérieur

Le sol était en terre battue, les chaises et bancs inexistants. La nef, unique, est plafonnée ou lambrissée.
À l’est, l’abside, où est l’autel est le plus souvent semi-circulaire.
À l’ouest, une tribune de bois accessible par un escalier donne accès par une échelle au clocher et aux combles. Une chaîne reliée aux cloches y pend.

Le cimetière clôturé d’un mur entoure l’église. Il est planté de cyprès, arbres toujours verts, qui représentent dans la symbolique chrétienne l’immortalité de l’âme. Une croix en pierre du XVIIIᵉ, plus tard en fer, y est très souvent implantée.

Ces dispositions conformes à la liturgie, étaient aussi celles adoptées par les modes de construction locales elles-mêmes plus ou moins imposées par le climat (protection à l’ouest contre le mauvais temps, lieu de réunion au sud pour profiter de la chaleur du soleil, grandes ouvertures à l’est pour l’éclairage, se protéger au nord du froid). Une adéquation était ainsi obtenue entre les exigences du culte, les moyens et ressources des communautés, la psychologie des gens (l’importance de la "sociabilité villageoise", le besoin d’un lieu pour se réunir afin de débattre des affaires communautaires) et le climat de la région.